DIVERTISSEMENT

«Peepshow» au Carrefour international de théâtre: Se jeter dans les bras du Loup (ENTREVUE)

02/06/2016 01:29 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:30 EDT
Caroline Laberge

Seule sur scène, Monia Chokri raconte l’histoire du Petit Chaperon Rouge en prenant une voix d’homme. La fable donne le ton aux courts épisodes qui se succèdent dans Peepshow où, plutôt que de fuir le Grand Méchant Loup, une jeune femme s’abandonne à divers jeux de séduction avec lui.

«Je n’ai pas énormément de pudeur», lance Marie Brassard, habituée aux spectacles à saveur autobiographique. Pour accoucher de son troisième solo, l’actrice dit s’être nourrie d’un chagrin d’amour autant que d’expériences vécues étant plus jeune.

C’est le cas de ce tableau où Monia, toute de blanc vêtue, raconte avoir incité plusieurs fois un homme à la suivre dans la rue sans jamais lui parler. Cette version quelque peu pervertie du chat et de la souris, Marie Brassard avoue l’avoir déjà jouée lorsqu’elle était adolescente.

La curiosité insatiable est au cœur de l’œuvre créée au Festival TransAmériques il y a une douzaine d’années. De l’avis de son auteure, Peepshow, « c’est un peu aussi une sorte d’éloges à tous ces désirs qui perpétuent notre goût de vivre ». C’est aussi un hommage à l’excentricité et à tous ceux «qui vont au bout de leur désir de vivre la vie en étant fidèles à leurs propres envies».

«Peepshow» au Carrefour international de théâtre


Deuxième mouture

Cela faisait un moment déjà que Marie Brassard avait en tête de revisiter son troisième solo.

Comme plusieurs de ses projets théâtraux, la pièce n’a été montrée que quelques fois au Québec, mais a connu une longue vie à l’international. Selon l’actrice et metteure en scène, le spectacle a été joué dans une quinzaine de pays dont l’Allemagne des frères Grimm – auteurs d’une version du Petit Chaperon Rouge.

«Je me disais que c’était dommage d’avoir si peu joué ici et tellement plus à l’étranger», confie la femme de théâtre. Puis, en 2013, elle monte à l’Espace Go un spectacle à partir de textes de Nelly Arcan, où Monia Chokri tient la vedette. Le théâtre montréalais la réinvite quelques temps plus tard, cette fois pour revisiter Peepshow.

«C’était intéressant de prendre un solo qui est construit autour de moi et de m’en extraire et de le mettre en scène», avoue celle qui a fait ses débuts avec Robert Lepage il y a une trentaine d’années. Entre la première et la seconde mouture, l’histoire est restée inchangée, assure-t-elle, bien que quelques-uns des épisodes qui la composent aient été enlevés ou enrichis.

Il était important pour Marie Brassard la facture reflète l’expérience gagnée en mise en scène ces dernières années. Du reste, on y sent bien l’intérêt que porte la créatrice aux arts contemporains, à commencer par les projections de Pascal Grandmaison et le costume d’organza japonais conçu par Ying Gao.

«Je trouve que c’est bon de se rappeler toujours que le théâtre, c’est l’art multimédia par excellence depuis toujours parce que c’est un art qui appelle à la collaboration d’artistes de disciplines diverses.»

Peepshow est présenté une seconde et dernière fois ce soir, à 20h, à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec.