POLITIQUE
02/06/2016 05:30 EDT | Actualisé 02/06/2016 05:31 EDT

«Fièvre politique» : Lisette Lapointe revient ce soir sur le référendum de 1995

Tele-Quebec

Alors qu’on souligne cette semaine le triste premier anniversaire du décès de Jacques Parizeau, parti le 1er juin 2015, il sera question du défunt homme politique ce soir, dans le documentaire Fièvre politique, sur les ondes de Télé-Québec.

Ce deuxième épisode de la série animée et conçue par Esther Bégin se concentre sur les crises que traversent plusieurs politiciens au cours de leur carrière. Entre autres, Jean Charest, Line Beauchamp et Michelle Courchesne y reviennent sur la crise étudiante de 2012, et Louise Beaudoin relate ce qui a mené à sa démission du Parti québécois, au début juin 2011, en bloc avec ses collègues Pierre Curzi et Lisette Lapointe.

Mais ce sont davantage les propos sur son époux, Jacques Parizeau, et le référendum perdu de 1995, qu’on retient de Lisette Lapointe dans cette heure de Fièvre politique. La dame explique comment cette défaite a été difficile à surmonter pour son conjoint. «Pour lui, c’était son échec», indique-t-elle, peinée. Toute la nuit suivant la soirée fatidique où le clan du «Non» l’a emporté de justesse, Lisette Lapointe dit avoir tenté de convaincre Jacques Parizeau de ne pas démissionner, alors que lui voyait un rêve de 25 ans s’écouler sous ses yeux. Elle déplore que plusieurs personnes de l’entourage de Jacques Parizeau l’aient laissé tomber dans la foulée des événements, alors que lui vivait les pires moments de sa vie.

«Personne ne quitte la vie politique dans le bonheur, dans la joie. C’est toujours un deuil, quitter la vie politique», soutient Lisette Lapointe.

Cette dernière glisse également un mot sur la fameuse déclaration sur «l’argent et le vote ethnique» de Parizeau. «Je ne suis plus capable de l’entendre, cette phrase-là», décrète-t-elle, un brin tranchante, presqu’amère, en visionnant le discours qui est passé à l’histoire. Plus de 20 ans plus tard, elle s’explique mal que plusieurs n’aient pas compris ce que voulait dire son mari.

Dans ce même épisode, il faut aussi entendre Line Beauchamp raconter comment elle s’est fait cracher dessus par une jeune femme à la sortie d’un cinéma, plus d’un an et demi après la grève étudiante, et Jean Charest avouer s’être remis en question pendant le tumulte de 2012. L’ancien premier ministre du Québec relève que, pendant cette période, pour la première fois de sa vie, il aurait voulu pouvoir téléphoner à son père, décédé en 2010, lui demander conseil et entendre sa voix.

Avec Fièvre politique, Esther Bégin part à la rencontre des êtres humains derrière les politiciens, sans chercher à «refaire l’histoire ou justifier des décisions». Ses entrevues nous donnent ainsi droit à des confidences et des confessions inédites, surprenantes et touchantes, et même à des larmes. Le 2 avril dernier, Télé-Québec présentait l’intégrale de l’entretien d’Esther Bégin avec Jean Lapierre, au moment du décès de celui-ci. Au total, 23 ex-hommes et ex-femmes politiques de toutes allégeances ont accepté de se prêter à l’exercice de Fièvre politique, dont le tournage a eu lieu entre novembre et février. «Ex», car la production tenait à interviewer des personnalités désormais libres de toutes attaches et bénéficiant du recul nécessaire pour s’exprimer.

Le premier épisode, portant sur le cynisme et les sacrifices, et diffusé la semaine dernière, peut être vu ou revu en ligne, celui de cette semaine traite des tempêtes, et les deux derniers, du pouvoir et des médias (jeudi 9 juin) et du départ de l’arène politique (jeudi 16 juin). John Parisella a agi à titre de consultant sur le projet, réalisé par Charles Gervais, et produit par Zone 3.

Fièvre politique, le jeudi, à 20h, à Télé-Québec, jusqu’au 16 juin. En rediffusion le dimanche, à 15h, le mardi, à 12h et le mercredi, à 23h.

Voir aussi:

Référendum de 1995