NOUVELLES

Pour le président gambien, «Ban ki-Moon et Amnesty peuvent aller en enfer!»

28/05/2016 06:35 EDT | Actualisé 29/05/2017 05:12 EDT
Lucas Jackson / Reuters
Al Hadji Yahya Jammeh, President of the Republic of the Gambia, addresses the 69th United Nations General Assembly at the U.N. headquarters in New York September 25, 2014. REUTERS/Lucas Jackson (UNITED STATES - Tags: POLITICS)

Le président gambien Yahya Jammeh a voué aux enfers le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et l'ONG Amnesty International, qui réclament l'ouverture d'une enquête suite à la mort d'un opposant en détention, dans un entretien à l'hebdomadaire Jeune Afrique.

"Ban Ki-moon et Amnesty International peuvent aller en enfer! Qui sont-ils pour exiger cela?" s'exclame M. Jammeh, interrogé sur l'opposant Solo Sandeng. Ce dernier est mort en détention en avril, selon le Parti démocratique uni (UDP, opposition).

"Où est le problème ? Des gens qui meurent en détention ou pendant un interrogatoire, c'est très commun. Là, une seule personne est morte et ils veulent une enquête ? Personne ne me dira que faire dans mon pays", poursuit M. Jammeh, qui dirige la Gambie d'une main de fer depuis 1994 et est connu pour ses déclarations virulentes.

Se disant "fier" d'être qualifié de "dictateur" par les Occidentaux, "habitués à ce que les chefs d'Etat africains ne soient que des béni oui-oui" il se considère comme "un dictateur du développement".

"Lorsque j'ai pris le pouvoir, ce pays était un des plus pauvres au monde, il ne l'est plus. Il y a une opposition, un parlement, un système de santé fiable..." énumère-t-il.

La Gambie reste classée comme un des pays les plus pauvres de la planète mais "à quoi sert-il d'avoir un taux de croissance à deux chiffres quand la moitié des écoles sont vides parce que les enfants sont obligés de travailler?" déclare-t-il. "J'ai un problème avec les institutions de Bretton Woods. Ma croissance, ma prospérité, c'est moi qui les définis", estime-t-il.

Yahya Jammeh est parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en 1994 puis élu en 1996, réélu tous les cinq ans depuis et candidat au scrutin présidentiel prévu en décembre.

"Je serai président aussi longtemps que Dieu et mon peuple le voudront", martèle-t-il, en rejetant la limitation des mandats.

Alors que l'opposition réclame des réformes électorales et manifeste régulièrement à Banjul, M. Jammeh fustige de "pseudo-opposants" et affirme qu'il ne se laissera pas chasser du pouvoir.

VOIR AUSSI:


Les révisions constitutionnelles africaines


Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter