POLITIQUE

Le Parti libéral du Canada se donne une nouvelle constitution (VIDÉO)

28/05/2016 07:54 EDT | Actualisé 30/05/2016 05:51 EDT

Les délégués du Parti libéral du Canada ont adopté samedi à Winnipeg la nouvelle constitution du parti. Le texte prévoit entre autres l'élimination des frais d'adhésion au PLC.

Plus tôt, le chef Justin Trudeau avait ardemment défendu la nouvelle constitution, qui, selon certains, risque de centraliser les pouvoirs.

«Grâce à cette nouvelle constitution, nous pourrons répondre aux préoccupations des libéraux de manière plus efficace et plus moderne», a assuré le premier ministre Justin Trudeau, devant les militants réunis en congrès à Winnipeg.

Pour M. Trudeau, l'ancienne constitution est un « ramassis de 18 documents différents rapiécés ensemble, qui fait deux fois la taille de la Tour de la Paix [du parlement], qui donne le pouvoir à la bureaucratie » et « qui crée des conflits et une distance [...] entre les chefs de parti et la base ».

«Nous trouvons qu'il y a beaucoup de paliers dans le parti qui interfèrent dans la connexion entre la direction libérale et sa base», a-t-il ajouté en point de presse, en marge du congrès.

Pour la fin des frais d'adhésion

Près de 3000 militants décideront plus tard aujourd'hui s'ils veulent éliminer les frais d'adhésion pour les membres. Un changement majeur contenu dans la nouvelle constitution du parti, qui ne fait pas l'unanimité.

Quelques délégués ont tenté sans succès d'obtenir que le vote, qui doit avoir lieu en après-midi, soit secret. N'empêche, leur proposition signale que cette constitution suscite un malaise.

Le document d'une douzaine de pages leur a été remis en avril, ce qui leur a laissé peu de temps pour l'étudier en profondeur avant le congrès. Certains membres, comme le député de Saint-Léonard-Saint-Michel, Nicola Di Iorio, se sentent brusqués.

Plusieurs questions demeurent en suspens, notamment l'élimination des frais annuels d'adhésion de 10 $. «Il y a des membres qui veulent savoir quelles sont les conséquences de ça», souligne Nicola Di Iorio.

«Est-ce que ça va transformer le parti, est-ce que ça va transformer les instances, est-ce que ça va transformer les associations?» - Nicola Di Iorio, député de Saint-Léonard-Saint-Michel


Il souhaite que son parti prenne le temps de mener une vaste consultation auprès de ses membres. M. Di Iorio affirme que ceux-ci ont été consultés avant l'élaboration du document, mais pas sur son contenu depuis qu'il a été dévoilé.

Le député québécois entend donc voter contre cette nouvelle constitution parce qu'il juge que son parti a plus à perdre qu'à gagner en voulant aller trop vite.

« Il est fort possible que cette constitution-là soit celle que nous aurons, mais rendons-la plus forte en permettant aux gens de s'exprimer pleinement au cours des prochains mois, en ayant aussi les règlements qui la complètent; comme ça, les gens vont se prononcer en pleine connaissance de cause, dit-il. Ça rendra le résultat plus durable. »

Une structure de parti allégée

La nouvelle constitution remplacerait les 18 constitutions existantes, qui régissent chacune des associations et des commissions du PLC. Des règlements, plus faciles à modifier, encadreraient leur travail. La structure, ainsi allégée, permettrait au parti de se rapprocher de sa base militante, et la gratuité de l'adhésion, d'élargir cette base.

Pour le député de Hull-Aylmer, Greg Fergus, autrefois directeur national du parti, c'est l'aboutissement d'un travail qui a duré plus de 20 ans. « Je pense que ça va être beaucoup plus facile d'attirer les gens vers le parti. Ça, c'est important! » explique-t-il, notant au passage que peu de gens sont prêts à payer aujourd'hui pour devenir membres d'un parti politique.

Les délégués seront appelés à se prononcer samedi après-midi, soit quelques heures après le discours du premier ministre Justin Trudeau. Au moins les deux tiers des délégués doivent voter en faveur de la nouvelle constitution pour qu'elle soit adoptée.

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