Patrick Bruel en version orchestrale à la Maison symphonique

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PATRICK BRUEL OSM
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Patrick Bruel est un acteur, certes. Mais, aux yeux de la grande majorité des Québécois, il est d’abord un auteur-compositeur-interprète français qui a développé un lien affectif particulier avec le Québec au fil de ses trente années de carrière. D’ailleurs, l’homme de 57 ans semblait bien heureux d’offrir plusieurs de ses succès, mercredi soir, dans une Maison symphonique bien remplie.

L’artiste était entouré des musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et de Simon Leclerc, chef associé et orchestrateur de la série des concerts OSM Pop. Après une introduction instrumentale de quelques minutes, l’éclairage est passé du blanc au rouge : Patrick Bruel s’est avancé lentement vers la scène en traversant la totalité de la salle. Sans micro, il a chanté les premières paroles de la pièce L’italien qu’il a terminée sur les planches (avec microphone). Entrée en matière simple, mais réussie.

«Quel plaisir. Quel honneur, a dit Bruel en guise de première intervention parlée. C’est au-delà de ce qu’on m’avait dit [il fait référence à la Maison symphonique]. S’il y a deux mots qu’on doit retenir de ce soir, c’est émotion et partage [...] Ça fait longtemps que j’avais envie de partager quelque chose avec l’OSM… Presque 10 ans.»

C’est alors qu’il a envoyé l’un de ses plus gros succès, Place des grands hommes. Dommage, l’orchestre a partiellement étouffé le chant de Bruel lors de certaines envolées. Un problème qui a cependant fini par se résorber une vingtaine de minutes plus tard, à la suite des morceaux Raconte-moi (en hommage à sa mère), Alors regarde et Adieu (chanson écrite après les attentats de Madrid qui ont eu lieu le 11 mars 2004), sur laquelle le premier violon s’est joliment démarqué en ouverture de morceau.

Aznavour, Brel, Barbara

Outre ses propres pièces – dont J’te mentirais, Qui a le droit, Casser la voix, J’te dis quand même, Au Café des délices - Patrick Bruel a livré des morceaux de certains monstres de la chanson française tels qu’Aznavour et Jacques Brel. D’ailleurs, son interprétation de Jef fut l’un des plus beaux moments de la soirée. C’est ici, notamment, que son expérience d’acteur a donné de la profondeur à la prestation.

Il a également interprété quelques pièces de la chanteuse Barbara, dont L’aigle noir, Vienne et Dis, quand reviendras-tu? Cette dernière chanson fut probablement la plus réussie de la cuvée Barbara.

Par ailleurs, une petite surprise attendait l’audience : Patrick Bruel, résolu à faire plaisir à son public québécois, a proposé une version de La complainte du phoque en Alaska (paroles et musique de Michel Rivard). Sympa.

On l’a dit et redit, le mariage entre l’univers pop et la musique symphonique ne donne pas toujours de très bons résultats. Dans le cas de Patrick Bruel, on peut affirmer que l’OSM lui réussit plutôt bien. Excepté Raconte-moi, qui est tombée un peu à plat et quelques petits problèmes techniques, dont la voix trop basse en début de spectacle par rapport au jeu des musiciens, ce concert en version orchestrale magnifie juste assez (sans trop de fla-fla et de grandiloquence) l’œuvre de l’auteur-compositeur. Tant mieux, puisqu’il remettra ça les 19 et 20 mai, au même endroit. Ensuite, il prendra la direction de Québec pour y proposer un concert au palais Montcalm.

Enfin, mentionnons le travail de fou effectué par le chef d’orchestre Simon Leclerc. Même s’il ne faisait pas ses premières armes du côté de l’orchestration pop, ce n’est pas rien que de réarranger les chansons d’un artiste de la trempe de Bruel. Rappelons-le, celui-ci a vendu plus de 15 millions d’albums dans le monde et joué dans plus de 45 films.

OSM Pop

Depuis plusieurs années déjà, Simon Leclerc a dirigé l’OSM pour des concerts consacrés à la musique pop. Pensons à Simple Plan, David Usher, Rufus Wainwright, Plume Latraverse, Les Trois Accords, Mika, Jean-Pierre Ferland et Fred Pellerin, pour ne nommer que ceux-ci.

Pour la saison 2016-2017, M. Leclerc travaillera notamment auprès de Roch Voisine et Ariane Moffatt.

Il proposera aussi un hommage à Jacques Brel qui réunira Bïa, Luc De Larochelière, Pierre Flynn, Marc Hervieux, Catherine Major, Danielle Oddera, Bruno Pelletier, Paul Piché, Diane Tell et Marie-Élaine Thibert.