POLITIQUE

Langues officielles : «Radio-Canada doit se conformer à ses obligations», dit Mélanie Joly

17/05/2016 06:09 EDT | Actualisé 17/05/2016 06:10 EDT

OTTAWA – La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, n’a pas été ravie d’apprendre dans les médias qu’une lettre d’intention qui s’adressait aux acheteurs potentiels de la Maison Radio-Canada avait été écrite en anglais seulement.

« Je suis la ministre responsable des Langues officielles, et ça va de soi que Radio-Canada doit communiquer dans les deux langues officielles. Les documents doivent nécessairement être en français et en anglais. Ce n’est pas une question », a-t-elle commenté dans le foyer de la Chambre des communes.

melanie joly

La Presse révélait mardi que la douzaine d’acheteurs intéressés par la vente du terrain avaient obtenu une lettre en anglais qui contenait les conditions pour faire une offre d’achat. La société d’État s’est justifiée en disant n’avoir reçu aucune demande pour une lettre écrite en français.

Mélanie Joly a été questionnée à ce sujet tant par le NPD que le Bloc québécois pendant la période de questions. « Radio-Canada doit se conformer à ses obligations en matière de langues officielles. Le message est lancé et bien reçu », a-t-elle fait savoir aux médias.

La députée bloquiste de Repentigny, Monique Pauzé, pense qu’il est « inconcevable » d’avoir distribué un document en anglais seulement. « Il y a, il me semble, la dualité linguistique et Radio-Canada doit faire la promotion de cette dualité-là. Or, elle fait exactement le contraire », a-t-elle critiqué.

Selon le Bloc, le conseil d’administration devrait laisser tomber l’appel d’offres pour prévoir des consultations avec les employés, les syndicats et la population locale sur l’avenir de la Maison Radio-Canada.

"On est en train de laisser ces gens-là effectuer les dernières volontés de Stephen Harper"
— Pierre Nantel

Le porte-parole du NPD en matière de Patrimoine, Pierre Nantel, critique quant à lui la « petite game secrète » du C.A. de Radio-Canada, composé à majorité de donateurs du Parti conservateur du Canada.

« On peut espérer que notre ministre du Patrimoine ne laissera pas dans les mains de ces gens-là le sort de Radio-Canada, ne serait-ce pour dépenser les budgets qui lui sont alloués pour les prochaines années. On est en train de laisser ces gens-là effectuer les dernières volontés de Stephen Harper », déplore-t-il en entrevue.

Pierre Nantel pense que des moyens de pression sont nécessaires pour empêcher le C.A. de « jouer avec ce joyau qu’est notre radiodiffuseur public », à défaut de remplacer tous ses membres dans l’immédiat.

La lettre de mandat de la ministre Joly indique qu’elle devra revoir le processus de nomination des membres du conseil d’administration de CBC/Radio-Canada afin qu’il soit plus ouvert, transparent et basé sur le mérite, en plus de respecter la parité homme-femme et de refléter la diversité canadienne.

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