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L'AMT annule la signature d'un gros contrat destiné à Bombardier (VIDÉO)

17/05/2016 07:26 EDT

Radio-Canada a appris que l'Agence métropolitaine de transport (AMT) vient d'annuler, en toute discrétion, un appel d'offres de 103 millions de dollars pour lequel Bombardier Transport était le seul soumissionnaire. Parmi les raisons invoquées : Bombardier n'était pas capable de livrer les voitures de train dans le délai requis.

Un texte de Thomas Gerbet

La décision a pris tout le monde par surprise. Même les auteurs du rapport annuel de l'AMT, publié vendredi, ont omis de corriger le document. Le 2 mai, l'Agence a annulé son appel d'offres après avoir jugé non conforme la soumission reçue de la part de Bombardier Transport.

L'appel d'offres international lancé en décembre visait la construction et la livraison de 24 voitures deux-niveaux destinées aux lignes de train de banlieue de Candiac, Vaudreuil-Dorion et Saint-Jérôme.

Deux raisons pour justifier l'annulation

Première raison invoquée par l'AMT : le non-respect des délais de livraison. « Le calendrier établi ne convenait pas », explique la porte-parole de l'Agence, Fanie St-Pierre. L'AMT exigeait un maximum de 24 mois entre la signature et la livraison de la première voiture, alors que Bombardier s'estimait incapable de le faire en moins de 30 mois.

Deuxième raison : « la façon dont les voitures étaient livrées, ce qu'elles contenaient, ne répondait pas à ce qu'on avait demandé », dit Fanie St-Pierre. L'AMT exigeait la présence d'écrans afficheurs dans les voitures pour signaler la prochaine gare. Elle voulait également un système de communication et un autre pour détecter automatiquement la présence de passagers dans les voitures, ce que Bombardier ne lui proposait pas.

L'AMT n'a signé aucun contrat pour l'achat de nouvelles voitures depuis 10 ans. Or, les besoins de l'Agence sont devenus pressants, en raison notamment de la hausse de l'achalandage. L'appel d'offres annulé prévoyait d'ailleurs une option d'achat pour un maximum de 60 voitures neuves. Toutes les voitures de train de banlieue de l'AMT ont été construites par Bombardier.

Bombardier se justifie

Bombardier Transport « prend acte » de cette décision, mais maintient que sa proposition était réaliste. « Elle était avantageuse au niveau des coûts et à moindres risques », assure le porte-parole de la compagnie, Marc-André Lefebvre. « Ça nous apparaissait être le délai requis pour mettre en place la ligne de production ».

Quant à savoir pourquoi Bombardier ne pouvait pas ajouter les outils électroniques demandés par l'AMT, le porte-parole répond : « l'offre que nous avons présentée [était] basée sur un produit que nous livrons présentement à l'agence Metrolinx [dans la région de Toronto] ». Il s'agit de la « même plateforme éprouvée », explique Marc-André Lefebvre.

Bombardier face aux retards

Le mois dernier, Bombardier a appelé en renfort les travailleurs de son usine de La Pocatière, au Québec, pour accélérer l'assemblage des tramways de Toronto en cours à Thunder Bay, en Ontario. La livraison avait connu plusieurs retards. La production des nouvelles voitures AZUR du métro de Montréal a aussi subi du retard à La Pocatière. Bombardier assure que ces deux situations n'ont aucun lien avec l'échec de l'appel d'offres de l'AMT.

L'AMT veut encourager des compagnies étrangères à soumissionner

L'AMT prépare un nouvel appel d'offres qui pourrait être modifié pour faciliter l'accès à d'autres soumissionnaires. Si Bombardier Transport était seul en lice, c'est surtout parce que l'appel d'offres exigeait au moins 25 % de contenu canadien.

« Ça fait partie des éléments qu'on est en train de réviser », révèle la porte-parole Fanie St-Pierre, même si elle ajoute qu'il est « trop tôt pour affirmer si on va modifier [cet élément] ».

Plusieurs constructeurs étrangers avaient fait part de leur intérêt pour le contrat, mais n'avaient pas soumissionnés. Le marché ne manque pas de concurrence avec des entreprises comme lAlstom (France), Siemens (Allemagne), Hitachi (Japon) ou encore CNR/CSR (Chine).

Bombardier Transport assure qu'elle fera tout pour être de la prochaine course. « On regardera ce qu'on pourra proposer », conclut son porte-parole Marc-André Lefebvre.

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