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Francouvertes 2016: La Famille Ouellette remporte les honneurs

10/05/2016 12:49 EDT
Les Francouvertes

Il y avait beaucoup de grands-mères et d'oncles surexcités au Club Soda lundi soir. Ce n'est définitivement pas un public habituel qu'on pouvait voir entrer à pleines portes: c'est que, ça sentait la finale des Francouvertes à plein nez. Qui de Caltâr-Bateau, La Famille Ouellette et Mon Doux Saigneur allait remporter les honneurs? Après délibérations, c'est le groupe romantico-comique La Famille Ouellette qui est reparti avec la bourse de Sirius XM de 10 000 dollars. Retour sur une soirée endiablée.

Après les mots d'accueil d'usage, c'est Koriass et Vincent Peake - les porte-parole de la 20e édition - qui ont brisé la glace. Il va sans dire qu'un duo réunissant un pillier du hip-hop et une légende du rock ne pouvait qu'attirer la curiosité. Allaient-ils réussir à allier leurs deux styles très différents? Devant des spectateurs un peu amorphes en début de soirée, les gars ont donné tout ce qu'ils avaient sur Ouvre ta fenêtre, Tséveudire et Zombies - tirées de Love Suprême de Koriass - et sur la fracassante Y'a tu quelqu'un? de Groovy Aardvark. Dans les dents, comme on dit. «Merci! C'est un plaisir d'être porte-parole pour les Francouvertes. C'est le meilleur concours au Québec, point barre.» On se le tient pour dit.

Caltâr-Bateau

Petite pause bière et hop, quelques vidéos de présentation de chaque groupe. Place ensuite à Claude Grégoire, qui a malheureusement eu toutes les misères du monde à attirer l'attention du public maintenant totalement dissipé. En montant sur scène, le chanteur Alexandre Beauregard a mis des mots sur le sentiment visiblement collectif: «Hey! Tu peux pas être TDA pis écouter ce gars-là!» Dans un éclat de rire, le groupe montréalais a lancé la finale avec une magnifique interprétation de la pièce Subo Subo par la très talentueuse Alex Guimond. Un vrai plaisir, sérieusement. Entre notamment La bavure des possessions, Hey lumière, Personne ne le sait pas, Caltâr-Bateau a offert une prestation hyper sympathique. Si on voit qu'Alex Guimond a pris les devants côté vocal - par rapport à l'album La bavure des possessions - on ne peut que saluer cet habile remaniement qui sert beaucoup le tout.

Avec un timing efficace et un humour affûté, le band gère très bien les interactions avec le public. Quand un petit pépin technique s'est présenté, Beauregard a tout de suite pris la parole: «Avez-vous des questions?» Éclat de rire général. «As-tu un petit crayon?» a crié un spectateur dans la salle. «Non, j'ai pas ça. C'est Grégory Charles qui écrit nos paroles, c'est pour ça que c'est border.» «Oups, on va être disqualifié!» a lancé du tact au tact un des musiciens. C'est ça aussi, un show de Caltâr-Bateau: ça va dans tous les sens, ça fait rire... Et on devine aussi qu'on reverra beaucoup de ces visages avant longtemps.

La Famille Ouellette

C'est le poing en l'air que La Famille Ouellette a lancé son tour de chant. «On est La Famille Ouellette. On a des criss de beaux jackets!» En une phrase, on a un peu l'essence du groupe en pleine face: c'est une bande sans prétention, qui sert autant de bonne musique que d'humour à son public. Après Tout ce vacarme, les sympathiques gaillards nous ont offert de la sauce à spaguetti, du caramel, du riz sauvage et même, de la limonade. Parce qu'avant d'être un groupe, La Famille Ouellette affirme entretenir une entreprise culinaire. Plusieurs cordes à son arc, vous dites?

Et alors, cette «pop-gastronomique»? Ça sonne vraiment bien. Les paroles - ou plutôt, les clichés acollés - sont soutenus par le talent bien réel des musiciens sur scène, qui flirtent entre électro, folk et rock. Un talent si certain que les gars peuvent se permettre amplement de niaiser, c'est le mot, à travers leurs chansons et leurs hilarantes interventions. Ce n'est pas qu'un show de musique en fait, c'est un spectacle en soi qui peut rappeler les lointains débuts des Trois Accords.

Mon Doux Saigneur

Si les deux premiers groupes sont arrivés très sûrs d'eux sur scène, Mon Doux Saigneur semblait un peu moins dans ses souliers pour la dernière performance de la soirée - et de la 20e édition des Francouvertes. «Bonne Saint-Jean Baptiste, faut ce qui faut!» Une salutation décalée qui n'est étrangement pas super bien passée, malgré les rires à gorges déployées sur les blagues absurdes de Caltâr-Bateau et de La Famille Ouellette. Qu'à cela ne tienne: Emerik St-Cyr a relevé ses manches, ajusté sa guitare - plusieurs fois plutôt qu'une - et il s'est lancé avec ses chansons folk.

Avant d'entamer Si j'ai les yeux rouges, le chanteur s'est exclamé «J'ai pété mon g-string. Est-ce qu'on peut arrêter le chrono sur la vie?» Une corde brisée, un public un peu moins attentif. St-Cyr a changé les paroles de la chanson, très à propos: «J'ai fait un dégât en échappant ton attention». Heureusement, l'artiste est arrivé à tout remettre en place et à reprendre sa prestation: Vous vous en rendez peut-être pas compte, mais on est train de changer votre vie.» Peut-être pas. Mais clairement, Mon Doux Saigneur a offert un spectacle solide malgré les petites malchances.

Pour plus d'informations, c'est ici.

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