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Ce professeur de Princeton a osé publier un CV de ses échecs

27/04/2016 10:18 EDT | Actualisé 27/04/2016 10:25 EDT
Peter Dazeley via Getty Images
Pile of CV's with pen and glasses.

Il est des CV qui ne peuvent laisser indifférent. Dans le sien, Johannes Haushofer a décidé de n'y inscrire que ses échecs. Ce professeur assistant en psychologie de Princeton explicite ce choix dans la partie haute de son CV, celle qui sert normalement à résumer ses compétences et à valoriser ses traits de caractère:

"De toutes les choses que j'ai essayées, beaucoup ont échoué, mais ces échecs sont souvent invisibles, alors que les succès se voient. J'ai remarqué que cela donnait aux autres l'impression que tout fonctionnait très bien pour moi. En conséquence, ils ont plus de chances d'attribuer leurs échecs à eux-mêmes, plutôt qu'au fait que le monde est imprévisible, qu'une candidature est un acte totalement hasardeux, et que les comités de sélections et d'arbitrages peuvent être dans un mauvais jour. Ce CV de mes erreurs est une tentative pour équilibrer cette fausse impression et apporter de nouvelles perspectives.

Il ajoute également une précision:

"Cette idée n'est pas mienne, je la dois à un superbe article paru dans la revue Nature, écrit par Melanie I. Stefan, maître de conférences à l'Ecole de sciences biomédicales de l'université d'Edimbourg."

"(...) Ce CV est par nature incomplet, il a été écrit de mémoire et omet sans doute beaucoup de choses. Alors, s'il est plus court que le vôtre, c'est probablement parce que vous avez une meilleure mémoire, ou que vous êtes meilleur dans votre volonté d'essayer."

Sur la page de présentation du professeur, il propose d'accéder à son CV classique et juste en-dessous à son CV d'erreurs. De rares exemples de CV des échecs existent comme celui-ci.

curriculum vitae

Dans le corps du CV, il liste donc les programmes académiques qu'il n'a pas pu intégrer, les postes universitaires qu'il n'a pas obtenus, les bourses et récompenses qui lui ont échappées, les articles que les journaux n'ont pas voulu publier, et les dotations de recherche qui lui sont passées sous le nez.

Une pratique à manier avec précaution ...

Alors, courageux ou téméraire M. Haushofer ? Pour la coach et psychologue du travail au sein du cabinet Actencia, Noémie Le Menn, "l'idée est bonne, elle lui permet de se différencier des autres. Il démontre qu'il a conscience de ses erreurs".

"Aux Etats-Unis, continue la coach, on ne stigmatise pas l'erreur, on valorise la culture de la seconde chance. Quand les enfants se trompent, on leur dit que ce n'est pas grave, et on renforce leurs succès. Ainsi, ils sont meilleurs en prise de parole par exemple".

Et la coach prévient : "L'humour est à manier avec beaucoup, beaucoup de précautions."

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