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Les médecins pour les supercliniques, mais les horaires du week-end ne leur plaisent pas

26/04/2016 01:43 EDT | Actualisé 26/04/2016 01:44 EDT

Pendant que les médecins omnipraticiens s'opposent à l'ouverture des cliniques 12 heures par jour les fins de semaine, les infirmières sont déçues du peu de place qui est faite aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS) dans le réseau des supercliniques annoncé par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, lundi.

« Ce que l'on trouve malheureux, c'est cette proposition d'ouvrir 12 heures le samedi et le dimanche quand les analyses que, nous, on a fait, nous disent que ce n'est pas la meilleure approche », avance le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Louis Godin.

Le président de la FMOQ estime qu'il est inutile d'ouvrir les supercliniques sur une période de 12 heures les fins de semaine puisque les gens s'y présentent généralement tôt le matin.

« On est mieux d'avoir une approche de huit heures par jour pour le samedi et le dimanche, quitte à doubler la présence médicale durant certaines périodes plutôt que d'étendre la période sur 12 heures », plaide M. Godin.

« Souvent ça va nous amener des consultations à des moments où ce n'est pas le moment optimal de faire ces consultations-là », poursuit-il.

Le président de la FMOQ réagit ainsi à l'annonce, hier, du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, de la création d'une cinquantaine de supercliniques d'ici 2018.

Une superclinique est « à la base un groupe de médecins de famille,auquel va venir s'ajouter un certain nombre d'activités et de contraintes »,avait expliqué le ministre lors de l'annonce du projet.

Ces mini-hôpitaux seront soumis à plusieurs obligations, la première étant d'offrir au moins 20000 consultations annuelles et d'ouvrir leurs portes 12 heures par jour, tous les jours. De plus, il devra y avoir un centre public de prélèvements « obligatoirement gratuit », ajoute le ministre, et un service d'imagerie à proximité ou au sein même de la superclinique.

Une idée de la FMOQ

Loin d'être opposé au projet de réseau de supercliniques, M. Godin soutient que c'était une proposition avancée par son association il y a deux ans.

De son propre aveu, l'ouverture prolongée les week-ends constitue le seul écueil au projet. « Le reste, on peut toujours discuter de certaines allocations faites dans ce programme, mais dans l'ensemble c'est quelque chose avec lequel on est à l'aise », ajoute-t-il.

La décision du ministre de la Santé d'imposer l'ouverture des cliniques 12 heures par jour, sept jours par semaine, causera des problèmes de recrutement, selon M. Godin.

« Les conséquences de ça, c'est qu'on aura probablement des difficultés à ouvrir toutes ces cliniques-là alors qu'on était déjà en bonne voie de convaincre plusieurs cliniques d'ouvrir de façon étendue leurs heures dans le modèle que nous on proposait de 76 heures par semaine », explique M. Godin.

De son côté, l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) estime que le ministre Barrette devrait faire une plus grande place aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS). « L'innovation est nécessaire dans les lieux de pratique au Québec pour permettre aux infirmières cliniciennes et aux infirmières praticiennes spécialisées de mettre à profit leurs compétences auprès des patients », déplore l'ordre par voie de communiqué.

L'OIIQ, dirigée par sa présidente Lucie Tremblay, estime que les services des IPS sont particulièrement appropriés « pour les soins de proximité aux personnes âgées et la prise en charge d'une ou plusieurs maladies chroniques »,

«Il est grand temps de revoir nos façons de faire au bénéfice de la santé de tous les Québécois.» - Lucie Temblay

L'OIIQ souligne qu'il existe 300 IPS dans la province et que le gouvernement a promis qu'elles seraient 2000 en 2024.

Le ministre Barrette estime quant à lui que son projet de supercliniques est le meilleur moyen de désengorger les salles d'urgences des hôpitaux. Pour le ministre Barrette, il ne resterait à l'urgence « que les patients qui ont besoin d'être couchés sur une civière ou ceux qui ont un problème plus grave nécessitant une courte observation ».

Les supercliniques constituaient une promesse électorale de la plateforme libérale lors de la dernière campagne provinciale.


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