«Nouveau rêve» de René Simard: un plaisir pas du tout coupable (PHOTOS)

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RENE SIMARD
Paméla Lajeunesse
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René Simard a blagué, dès son entrée sur la scène de la Salle Pierre-Mercure, mercredi soir, que la dernière fois qu’il avait fait un spectacle en solo, il n’avait pas besoin de demander aux gens d’éteindre leur cellulaire. Joli clin d’œil au temps qui passe et au délai de 25 ans qui a séparé sa dernière tournée de chanteur et la rentrée montréalaise qu’il vit ces jours-ci.

On s’attendait à ce que ça soit un plaisir coupable d’aller applaudir René Simard dans son nouveau tour de chant, Nouveau rêve, à esquisser un sourire gêné en entendant les refrains qui l’ont rendu célèbre et lui ont apporté l’amour du public il y a plus de 40 ans, et même, soyons honnêtes, à peut-être s’ennuyer un brin en écoutant ses nouvelles mélodies. Pas que ces dernières ne sont pas de qualité ; mais, quand on a une légende comme René Simard devant nous, ce qu’on espère, c’est de fredonner avec lui les paroles qu’on connaît par cœur et qui nous sont chères. C’est ingrat pour le créateur en quête de renouvellement artistique, mais c’est la vie.

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«Nouveau rêve» de René Simard (20 avril 2016)
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Or, après deux heures de chansons de toutes les époques de la carrière du «petit Simard», on se ravise. Le plaisir est bel et bien là, mais il n’est pas coupable du tout. Il est même franchement assumé! Et c’est de bon cœur qu’on entonne avec lui les refrains de Mon nom est Pascale et Comment ça va, toutes deux flanquées au milieu d’un pot-pourri «classique» composé des tout premier succès de Simard : Un enfant comme les autres, Petite Japonaise, Fernando, Chante la la la (La vie chante) et, bien sûr, L’oiseau, qu’il revisite de fort touchante façon, en jumelant sa voix d’aujourd’hui à la sienne lorsqu’il était gamin, avec une projection de lui, jeune, vue et revue mille fois où, col roulé blanc au dos, il s’époumone sur cette chanson devenue sa carte de visite, son emblème, sa signature. L’astuce lui permet peut-être de masquer les notes hautes que son registre d’homme mûr ne lui permet plus d’atteindre, mais qu’importe, c’est du plus bel effet.

Souvenirs et autodérision

René Simard offre un assemblage de titres du Fantôme de l’opéra qui rend justice à sa puissance vocale encore impressionnante et dont on a trop peu souvent parlé. Il nous invite à lâcher notre fou sur un medley disco orchestré autour de Love is in the Air. Il donne un avant-goût de la prochaine production où il sera en vedette, Mary Poppins, en interprétant Chem cheminée et Supercalifragilisticexpialidocious.

Et, ici et là, il saupoudre un morceau de son dernier opus, qui regorge d’ailleurs de quelques bons crus, du genre L’homme sur la lune, Take me Home, L’effet Pygmalion, Le vrai du faux, À chacun ses armes et Nouveau rêve.

Qui plus est, l’artiste manie l’art de l’autodérision comme pas un. En fait foi ce montage d’images de ses looks au fil des ans, une fichue de bonne idée qui réjouira les nostalgiques. «J’avais emprunté ce suit-là à Raël», dit-il à propos d’une de ses tenues. Toute la soirée, René enchaîne les commentaires comiques, empruntant même parfois les tonalités qu’il accolait à quelques-uns de ses personnages lorsqu’il jouait dans le Bye Bye.

On a droit à une référence aux mémorables publicités des «p’tits poudings» et de Desjardins, où une minuscule Marie-Josée Taillefer déjà blonde scandait son pop-sac-à-vie-sau-sec-fi-copain. René en profite pour raconter leur premier baiser, à sa compagne des 36 dernières années et lui. «Je ne suis pas toujours le Simard de bonne humeur à stepettes», lance-t-il, en guise d’hommage à sa douce.

Après son magnifique numéro de danse en duo avec sa fille Rosalie, sur Smile, un moment de pure tendresse et de douceur, la gamine décoche quelques taquineries à son papa. «Si je veux danser avec mon père avant qu’il soit trop vieux, c’est maintenant ou jamais!», badine-t-elle, avant de s’extasier d’un «Y’est-tu assez cute!», en racontant que son père parle de réseaux sociaux dans l’une de ses chansons. Mercredi, René Simard a tenu à pointer et saluer parmi les spectateurs son fils Olivier, son autre fierté.

Authentique

René Simard proposait l’an dernier l’album Nouveau rêve, une collection de nouvelles pièces arrangées par son complice André Leclair. On avait alors apprécié le fait que le jeune quinquagénaire n’essayait pas de jouer les jeunes premiers en tentant d’imiter les Bruno Mars ou Stromae qui cartonnent au sommet des palmarès. Il s’y présentait tel qu’il est aujourd’hui, à son âge, avec ses rides, son bagage et sa maturité, dans toute son authenticité, avec, néanmoins, une ouverture sur différents styles, de la pop au country, en passant par le gospel.

C’est un peu la même chose dans son actuel concert, avec lequel René Simard sillonnera le Québec tout le printemps et l’automne prochain, avec une escale au sein de la comédie musicale Mary Poppins, au Théâtre St-Denis, cet été. René ne joue pas de personnage, il n’essaie pas d’épater en cherchant à être autre chose que ce qu’il est réellement. Il a visiblement compris que les gens l’aiment tel qu’il est, et c’est ce qu’il montre, sans façade et sans artifices. Il aime rire, il aime déconner, il aime s’amuser, et il transmet cette fougue, cette bonne humeur, sans prétention, avec une générosité non feinte. Il se plait à être sur scène et ça paraît.

Mercredi, l’homme pouvait d’ailleurs compter sur un parterre particulièrement réceptif, en amour avec lui, qui n’a pas lésiné sur les ovations debout (après le segment du Fantôme de l’opéra, après la prestation avec sa fille) et qui a répondu avec joie à ses invitations à chanter ou à se lever pour danser.

Vous pouvez lire ici notre entrevue avec René Simard. Consultez le www.evenko.ca pour les dates de sa tournée.

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