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Déjeuner royal et référendum au menu de la visite d'Obama au Royaume-Uni

21/04/2016 06:05 EDT | Actualisé 21/04/2016 06:06 EDT
Peter Nicholls / Reuters
U.S. President Barack Obama walks down the steps of Air Force One as he arrives at Stansted Airport near London, Britain, April 21, 2016. REUTERS/Peter Nicholls

Le président américain Barack Obama est arrivé jeudi soir à Londres où il devait avoir des entretiens politiques sur le Brexit et la lutte contre le groupe Etat islamique, mais aussi déjeuner avec la reine Elizabeth II.

Pour cette cinquième visite officielle en terres britanniques, Barack Obama, accompagné de sa femme Michelle, devrait réaffirmer son soutien au maintien du Royaume-Uni dans l'UE, enjeu d'un référendum en juin.

Il rendra aussi hommage à la reine, qui a soufflé jeudi ses 90 bougies. "Le président a beaucoup apprécié ses rencontres avec la reine au fil des années", a précisé Ben Rhodes, l'un de ses plus proches conseillers en politique étrangère.

Bien qu'ayant peu d'influence sur la politique puisqu'elle est tenue de ne pas prendre parti, la reine a fini au fil des années par symboliser continuité et stabilité, lors d'un règne qui a vu le déclin de l'empire britannique, la guerre froide et la chute du Mur, et aujourd'hui le débat empoisonné sur une possible sortie du Royaume-Uni de l'UE, ou Brexit.

Après ce déjeuner royal, Barack Obama gagnera le 10 Downing Street pour s'entretenir avec le Premier ministre David Cameron.

A deux mois du référendum à hauts risques sur l'UE, le 23 juin, le président américain sera sans nul doute pressé de prendre position lors de la conférence de presse commune que les deux dirigeants tiendront à l'issue de cet entretien.

"Si c'est le cas, il sera très direct et franc pour expliquer, en tant qu'ami, pourquoi les États-Unis pensent qu'il est bon pour le Royaume-Uni de rester dans l'Union européenne", a indiqué Ben Rhodes.

Aux yeux des Américains, une sortie de l'UE du Royaume-Uni aurait un impact sur la "relation spéciale" qu'entretiennent les deux pays ainsi que sur la stabilité de l'Union européenne. La décision de David Cameron de convoquer ce référendum est d'ailleurs perçue comme un pari audacieux voire risqué qui pourrait affaiblir durablement le Royaume-Uni et l'UE.

"Obama n'est pas instinctivement pro-Européen", a affirmé Ian Bond du centre de réflexion londonien Center for European Reform. "Il est opposé au Brexit parce que cela risque de créer davantage de problèmes pour les Etats-Unis en Europe", a-t-il avancé.

Accusations d'ingérence

Les sondages continuent à annoncer un résultat serré tandis que le Premier ministre est sorti affaibli récemment d'une période compliquée, entre autres éclaboussé par l'affaire des "Panama Papers" dénonçant l'évasion fiscale.

"La préoccupation (d'Obama) est de savoir comment un Brexit affecterait la capacité de l'Europe à aider les Etats-Unis à régler les grands problèmes internationaux", a souligné Ian Bond.

Au cours de ses sept années à la Maison Blanche, Barack Obama a cherché à désengager son pays des conflits au Moyen-Orient tout en se tournant vers les pays asiatiques aux économies en pleine croissance, laissant au second plan les affaires européennes.

Mais les crises de la dette souveraine, les attentats à Paris et Bruxelles, et maintenant un possible Brexit ont remis l'Europe au premier plan de ses préoccupations.

Le chef de file des partisans du Brexit, le bouillonnant maire de Londres Boris Johnson, a fustigé son "hypocrisie". "Je trouve juste paradoxal que les Etats-Unis, qui ne tolèrent pas la moindre atteinte à leur souveraineté, fassent la leçon à d'autres pays", a souligné le maire conservateur peu avant la visite.

Plus de cent parlementaires, dont de nombreux conservateurs, ont aussi écrit à l'ambassadeur américain à Londres pour protester contre "l'ingérence" du président américain.

Sur un registre plus léger, le couple Obama dinera vendredi soir avec le prince William, son épouse Kate et le prince Harry.

Il se rendra ensuite en Allemagne pour une rencontre avec la chancelière Angela Merkel et d'autres dirigeants européens.

Obama's Dog

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