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Une « journée du voile » dans une grande école française suscite la polémique

20/04/2016 09:22 EDT | Actualisé 20/04/2016 09:23 EDT
Charles Platiau / Reuters
Institute of Political Studies (IEP) or "Sciences Po" main entrance at the Institute in Paris, France, May 28, 2013. Picture taken May 28, 2013. REUTERS/Charles Platiau

Une initiative invitant des étudiants à porter le « hijab » mercredi dans une grande école française afin de le « démystifier » a suscité une nouvelle polémique dans un pays obsédé par la question du voile islamique.

Cet « Hijab Day » a été lancé sur Facebook par un collectif d'étudiants de Sciences Po Paris, un établissement prestigieux qui forme une partie des élites du pays, mais aussi de nombreux étudiants étrangers.

Mercredi matin, une dizaine d'étudiantes distribuaient des tracts dans le hall de l'établissement, devant une table recouverte d'écharpes et de voiles.

Il s'agit « de sensibiliser les gens, d'ouvrir le débat et de redonner la parole aux femmes voilées qui sont souvent dans le débat public, mais qu'on n'entend pas », soulignait l'une des organisatrices, Laetitia.

Plusieurs membres du collectif se défendaient de tout prosélytisme. « On ne force personne », s'exclame Imen, qui a mis un voile pour la première fois « ce matin, dans le métro » et a noté « des regards » sur elle.

Depuis les attentats jihadistes de 2015 à Paris, les actes islamophobes ont connu une recrudescence en France, où vit la principale communauté musulmane d'Europe, estimée à environ 5 millions de personnes.

Si certains étudiants saluaient une « démarche de discussions », l'initiative a suscité une forte désapprobation dans la classe politique et sur internet.

« Journée du Hijab à ScPo : à quand une journée de la charia? de la lapidation? de l'esclavage? », a ainsi twitté le philosophe Bernard-Henri Lévy.

Plusieurs voix dans l'opposition de droite ont manifesté leur « désapprobation ». « En France, les femmes sont visibles. Non au prosélytisme! », a notamment twitté le député Bruno Le Maire du parti Les Républicains.

La ministre socialiste des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a elle dénoncé « une forme de provocation dans cette initiative ».

Dans un communiqué, la direction de Sciences Po a estimé « légitime » de porter ce débat au sein de l'établissement, mais que sa tenue « dans les murs de Sciences Po ne saurait être interprétée comme un quelconque soutien de l'école ».

Au nom de la laïcité, la France impose une stricte neutralité religieuse à l'État et interdit les signes religieux ostentatoires à l'école. En revanche, au nom de la liberté de conscience, le voile est autorisé dans l'enseignement supérieur, fréquenté par des adultes.

La semaine dernière, le premier ministre Manuel Valls avait toutefois estimé qu'il « faudrait » une loi pour l'interdire à l'université, avant d'être contredit par le président François Hollande. Il n'y aura « pas d'interdiction », a assuré le chef de l'État.

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