POLITIQUE

Leurs témoignages d'amour à Jean Lapierre (VIDÉO)

16/04/2016 03:26 EDT | Actualisé 16/04/2016 03:50 EDT

Paul Arcand l’a dit pendant l’hommage qu’il a rendu à son regretté ami Jean Lapierre, samedi matin : ce dernier aurait pris un plaisir fou à arpenter la masse de politiciens, de journalistes et de gens d’affaires qui s’était déplacés pour ses funérailles, à l’église Saint-Viateur-d’Outremont.

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Messe commémorative à Montréal à la mémoire de Jean Lapierre - 16 avril 2016


De Justin Trudeau à Philippe Couillard, de Sophie Thibault à Bernard Derome, classes politique et médiatique d’hier et d’aujourd’hui n’avaient que des éloges à formuler à l’égard de celui qui maniait la joute politique comme personne, d’abord en tant qu’acteur, puis en tant qu’analyste capable de vulgariser toutes les petites et grandes bisbilles qui couraient chez nos élus.

Au sortir de l’église, à la fin de la cérémonie, une petite foule discrète de gens du public était rassemblée à l’extérieur, bordant l’allée où ont défilé famille et amis de Jean Lapierre et sa conjointe, Nicole Beaulieu. «Salut salut», ont crié plusieurs personnes, sous les applaudissements, lorsque Marie-Anne et Jean-Michel, les enfants de Jean Lapierre ont adressé un dernier remerciement de la main à tous ceux venus les appuyer. «Salut salut», cette salutation-signature de Jean Lapierre, qui restera à jamais gravée dans la mémoire de bien des Québécois.

Voici quelques témoignages de collègues et proches de Jean Lapierre recueillis avant et après la cérémonie.

Denis Coderre

«Je vais me souvenir de sa voix, son «Salut salut», sa façon d’être, sa bonne humeur, malgré tout. Il est unique.»

Régis Labeaume

«C’était un marchand de bonheur»

Pierre Karl Péladeau

«Moi, je n’ai pas très bien connu Madame Beaulieu. J’ai mieux connu Monsieur Lapierre, mais je ne peux pas dire que je le connaissais intimement. Je le connaissais comme la grande majorité des citoyens, c’est-à-dire comme un chroniqueur exceptionnel, qui n’a jamais ménagé ses efforts pour faire un excellent métier. C’est la raison pour laquelle il a eu tant de succès dans sa seconde vie professionnelle, dans les médias.»

François Legault

«Nicole et Jean étaient des amis. C’étaient des gens avec qui on avait du plaisir. On aimait bien manger, bien boire. On a eu beaucoup de plaisir. Évidemment, c’était quelqu’un qui avait une influence sans bornes. Je dirais que Jean Lapierre était de loin le journaliste qui avait le plus d’influence sur l’opinion publique. Ce n’est quand même pas rien. Autant Nicole que Jean avaient le bonheur communicatif.»

Jean Charest

«C’était un voisin de comté, quand j’ai été élu, en 1984. C’était un rival, un adversaire. Puis, c’est quelqu’un avec qui j’ai eu le plaisir de travailler quand il était dans les médias. Il est ensuite devenu quelqu’un que je consultais souvent. C’était un personnage unique. On ne reverra personne de ce type dans la prochaine génération.»

Bernard Landry

«J’ai travaillé à la fondation du Bloc québécois avec lui, ce qui n’est pas rien. On s’est croisés dans divers dossiers politiques par la suite, et médiatiques. J’ai beaucoup d’admiration pour lui. Et quand je vois l’hommage que la population lui rend, je trouve ça très mérité. Il sera très difficilement remplacé. Chantal (Renaud, sa conjointe) et moi, on pense beaucoup à sa mère, qui vit autant d’épreuves, en si peu de jours. C’est horrible.»

Pierre Dion, président et chef de la direction de Québecor

«J’ai souvent eu la chance de voir Jean au dixième étage (de TVA). On se rendait compte à quel point il était apprécié. Il était vraiment notre dose de bonheur quand on allait le voir, il avait toujours des histoires incroyables. On a encore de la misère à dire qu’il est parti ; on pense toujours qu’il est juste parti en vacances, qu’il va revenir lundi matin. Mais il faut faire face à la réalité. C’est un bel hommage pour lui, aujourd’hui.»

Pierre Bruneau

«Je garde le souvenir d’un bon vivant, parce que je l’ai vraiment connu, et d’un collaborateur qui se résume à un mot bien simple : irremplaçable. Jean était une encyclopédie, dans une soirée électorale, par exemple. Jean était pour moi un allié très important. Mais on continue…»

Bernard Derome

«Jean Lapierre est un gars qui a bouffé de la politique toute sa vie. Il en a fait, il l’a commentée, il l’a analysée. Donc, c’était gagnant-gagnant pour tout le monde, ceux qui recevaient l’information, et ceux qui faisaient de la politique. Chacun reçoit l’information à sa façon ; le public avait droit aux analyses éclairées de quelqu’un qui avait fait de la politique, et pour celui qui œuvre en politique, se faire dire un certain nombre de vérités, parfois, ça ouvre les yeux. Ce n’est peut-être pas mauvais, quand on a des décisions à prendre!»

Denis Lévesque

«Jean, c’était un bon vivant. Ça fait drôle de voir tout le dispositif de sécurité déployé aujourd’hui (à la cérémonie) ; je pense que lui-même aurait trouvé ça un peu drôle! Moi, je le voyais à tous les jours, il venait dans mon bureau, et on «mémérait» pendant un quart d’heure, et c’était le highlight de ma journée! C’était un personnage, il faisait des blagues. C’était le fun…»

Gilles Proulx

«Jean Lapierre était un passe-partout. On en a une preuve, ce matin, de voir l’éventail politique, de toutes les étiquettes, qui ont des divergences, qui se rallient à lui, parce qu’il avait le sens de la pénétration, de la compréhension, d’un parti ou d’un autre en particulier. J’ai travaillé avec lui à CKAC et au 985 ; évidemment, c’était toujours le gars qui avait un tuyau que nous n’avions pas. On l’écoutait avec beaucoup d’attention et, 9 fois sur 10, ses révélations se réalisaient. Moi, une fois, je l’avais appelé «la commère du parvis de l’église», pendant une campagne électorale, et ça l’avait choqué. J’écrivais – et j’écris toujours – au Journal de Montréal, et j’avais alors reçu une montagne de protestations. J’avais pu évaluer l’ampleur de sa popularité, et le respect que cet homme inspirait à ses auditeurs.»

Claude Poirier

«C’était un gars franc, direct, près du peuple. Moi, je l’ai connu au tout début de sa carrière ; il était en politique, et je lui avais demandé des conseils quand on m’avait demandé d’être candidat du Parti libéral dans Hochelaga-Maisonneuve. Il m’avait dit : «Ne t’embarque pas là-dedans, tu es mieux de rester dans ta ligue». C’était un bon conseil, je n’ai jamais fait de politique! C’est le souvenir que je vais garder.»

Marie-Claude Barrette

«Je connaissais Jean et Nicole depuis 26 ans. C’est étrange de dire ça à leurs funérailles, mais Jean et Nicole avaient un côté festif, ils ont célébré la vie. On ne peut pas dire qu’ils attendaient leur retraite pour célébrer. Et aussi, l’amour de leurs enfants.»