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Une analyse d'écriture offre des indices sur la rédaction des textes bibliques

12/04/2016 09:06 EDT | Actualisé 12/04/2016 09:08 EDT
ASSOCIATED PRESS
Letters inscribed on pottery, known as ostracons, which were unearthed in an excavation of a fort in Arad, Israel, and dated to about 600 B.C. shortly before Nebuchadnezzar’s destruction of Jerusalem, are seen in Israel Museum in Jerusalem Tuesday, April 12, 2016. A Tel Aviv University team determined that this famous hoard of ancient Hebrew inscriptions was written by at least six different authors. Although the inscriptions are not from the Bible, their discovery suggests there was widespread literacy in ancient Judah at the time that would support the composition of biblical works. (AP Photo/Dan Balilty)

JÉRUSALEM — Des mathématiciens et des archéologues israéliens affirment qu'ils ont trouvé des preuves suggérant que des textes bibliques clés pourraient avoir été écrits plus tôt que certains universitaires le croient.

À l'aide de technologies d'analyse d'écriture comparables à celles utilisées par les agences de services secrets et les banques pour analyser les signatures, une équipe de recherche de l'Université de Tel Aviv a déterminé qu'un célèbre ensemble d'inscriptions anciennes en hébreu, qui daterait d'environ 600 avant Jésus-Christ (av. J.-C.), a été rédigé par au moins six auteurs différents.

Même si les inscriptions ne sont pas de la bible hébraïque, leur découverte suggère une alphabétisation répandue en Judée à cette époque, ce qui pourrait soutenir la théorie de la composition d'ouvrages bibliques au même moment.

La découverte, dévoilée lundi par The Proceedings of the National Academy of Sciences, une revue scientifique américaine, contribue à un débat de longue date sur le moment où les textes bibliques ont commencé à être compilés pour la première fois: est-ce que cela a eu lieu avant ou après le siège de Babylone et la destruction de Jérusalem en 586 av. J.-C. et l'exil de ses habitants vers Babylone?

Au cours des dernières années, plusieurs chercheurs ont attribué la composition d'un groupe de textes bibliques, du Livre de Josué au second Livre des Rois, à la période suivant le siège, selon l'archéologue israélien Israël Finkelstein, qui a participé à l'étude. Cette théorie veut que les textes bibliques aient été écrits comme résultat de l'exil à Babylone, quand leurs rédacteurs ont commencé à réfléchir à leur passé, et ont couché leur histoire sur du parchemin.

L'équipe — composée d'étudiants au doctorat en mathématiques appliquées, de professeurs de mathématiques, d'archéologues et d'un physicien — ont examiné 16 inscriptions à l'encre sur des morceaux de céramique découverts sur le site d'une ancienne forteresse militaire à Arad, dans le sud d'Israël.

Ils ont utilisé de l'imagerie multispectrale pour reconstituer des lettres hébraïques qui ont été partiellement effacées avec le passage du temps, et ont ensuite utilisé un algorithme informatique pour analyser les écritures pour relever des différences dans la méthode d'écriture.

Les inscriptions ne sont pas des textes bibliques. Elles détaillent plutôt les mouvements des troupes et les dépenses pour des provisions indiquant que des personnes à différents niveaux de la chaîne de commande militaire étaient capables d'écrire.

Le ton des écritures, qui suggère qu'elles n'étaient pas rédigées par des scribes professionnels, combiné à la localisation éloignée de la forteresse, indique une vaste maîtrise de l'écriture à l'époque.

Un haut niveau de litératie soutiendrait l'idée que les textes bibliques auraient déjà été écrits à cette époque.

L'on croit que les manuscrits de la Mer Morte, la plus ancienne collection de textes bibliques, auraient été écrits des siècles plus tard.

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