DIVERTISSEMENT

Rihanna fait délirer le Centre Bell

06/04/2016 11:05 EDT | Actualisé 06/04/2016 11:05 EDT
Matt Crossick/Matt Crossick
Rihanna on stage during the 2016 Brit Awards at the O2 Arena, London.

C’était le festival du décibel et du selfie au Centre Bell, mercredi, alors que la princesse pop Rihanna s’appropriait les lieux pour le premier de deux concerts en sol montréalais, sur le chemin de sa tournée Anti.

Princesse pop qui a plutôt joué la carte R&B, ses danseurs sur les talons pendant la prestation d’environ une heure trente, qu’on aurait espéré plus généreuse en hits et en déclarations de la star, mais qui a ravi l’assistance de 14 405 âmes venues acclamer leur jeune idole, qui n’a pas encore soufflé ses 30 bougies d’anniversaire, mais qui paraît parfois blasée comme si elle cumulait 30 ans de métier. Heureusement, elle était énergique et tout sourire, mercredi.

Et, de toute façon, elle n’a qu’à échapper un «Montreal» pour que l’hystérie collective ne s’enflamme devant elle.

Elle dégage un peu de froideur, Rihanna, ce qui n’empêchait pas ses admirateurs d’être en transe devant le moindre de ses mouvements. Les fantaisies visuelles – que vous ne verrez malheureusement pas, l’équipe de Madame ayant interdit l’accès aux photographes pour des questions de contrôle d’image, une habitude de plus en plus répandue chez les vedettes internationales en tournée - se sont situées surtout au niveau de ses costumes, étonnamment pas trop provocants, qui pouvaient évoquer l’accoutrement d’un moine, d’une gitane ou d’une diva pop de sa trempe. Pas beaucoup de pétarades et d’effets spectaculaires, mais de jolies mises en scène et éclairages ayant surtout pour but de mettre en valeur la jeune étoile et ses sujets, qui s’époumonaient en chorégraphies.

Au parterre avait été érigée une plateforme amovible sur laquelle Rihanna a lentement fait son entrée à l’escalier sur Stay, dans les environs de 21h20, un retard insignifiant d’à peine une dizaine de minutes sur l’heure prévue à l’origine.

Sitôt les premières notes reconnues, le public s’est mis à chanter avec elle. L’amphithéâtre était plongé dans l’obscurité mais, partout, brillaient les lueurs des cellulaires allumés. Avec la blancheur des décors et le corps et la tête de la diva aussi dissimulés de tissus blancs, à l’exception de son fessier partiellement dégagé dont le teint se distinguait de la tenue, on aurait cru à un moment de communion entre Rihanna et ses spectateurs, instant de quasi recueillement qui aurait pu durer encore plus longtemps tant il semblait faire la joie de tous.

Après quelques mesures de Love The Way You Lie, la chanteuse s’est ensuite éternisée en pas et mimiques sur l’étroite passerelle qui la menait à la scène principale. Quelques minutes plus tard, elle gagnait ses quartiers, ses musiciens alors presque invisibles, confinés dans des fosses rectangulaires, leur seule tête dépassant un peu du sol. À l’autre bout, le premier plateau qui l’avait accueillie se démantibulait tranquillement.

Pendant de longues minutes, il s’est dégagé sur scène des impressions de messe R&B, Rihanna enchaînant surtout les titres de ses deux derniers albums, Unapologetic et Anti. Il a fallu attendre le pot-pourri constitué de Live Your Life, All Of The Lights et Run This Town pour sentir un regain d’énergie de la masse, suivie d’une Umbrella un peu difficile à apprécier à travers l’effervescence qui secouait le Centre Bell et les arrangements technos qui ne glorifiaient pas nécessairement le morceau. Mais, encore, l’enthousiasme de la foule était à son paroxysme.

Sur Desperado, vagues beiges et brunes en arrière-plan simulaient une tempête de sable. Rihanna a joué les midinettes envoûtantes en jumpsuit noir à franges sur We Found Love et Where Have You Been, sur fond de couleurs psychédéliques, pièces qui ont par ailleurs obtenu un succès fou.

La finale, allant de Four Five Seconds à Kiss It Better, s’est déployée sous une image de pluie de faux nuages, tableau suggérant la pureté que Rihanna ne représente pas nécessairement d’emblée.

Rihanna présente à nouveau son spectacle au Centre Bell, jeudi.

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