POLITIQUE

PKP n'écarte pas une alliance avec la CAQ (VIDÉO)

06/04/2016 06:47 EDT | Actualisé 06/04/2016 07:10 EDT

QUÉBEC – Pour déloger les libéraux en 2018, «une alliance est requise», que ce soit avec la CAQ ou Québec solidaire, estime Pierre Karl Péladeau.

Le chef du Parti québécois a réagi, au cours d’une entrevue de mi-mandat, à un récent sondage qui indique qu’une alliance PQ-CAQ obtiendrait 40% des intentions de vote et délogerait le PLQ. Une alliance similaire entre le PQ et Québec solidaire récolterait la faveur de 38% des électeurs.

Le chef péquiste voit l’idée d’un bon œil.

«Une alliance est requise si on veut déloger les libéraux qui font extrêmement mal au Québec», estime Pierre Karl Péladeau

«C’est vrai pour les caquistes, c’est vrai pour les solidaires et, évidemment, c’est vrai pour les péquistes.»

Envisage-t-il une alliance avec la CAQ? «J’ai pris connaissance des sondages, je pense qu’ils confirment ce que nous avions comme appréciation, répond-il. On doit rencontrer cette réalité et conjuguer avec.» (Voyez l'échange complet dans la vidéo ci-dessus.)

Pierre Karl Péladeau a souvent fait part de son désir de créer une convergence entre son parti les autres formations souverainistes, soit Québec solidaire et Option nationale.

Il élargit maintenant la définition aux nationalistes de François Legault. La distinction entre souverainisme et nationalisme est «une petite nuance», dit-il. «[C’est] une nuance qui, par ailleurs, recoupe l’intention de travailler pour les Québécois et les Québécoises, de travailler pour les intérêts des Québécois et des Québécoises, que nous ne retrouvons pas à l’heure actuelle au Parti libéral, qui, tristement, ne travaillent que pour leurs propres intérêts.»

Legault dit non

La question d’une alliance sera soumise au congrès du PQ, où les membres pourront se prononcer. «On va avoir un congrès et je pense que les militants et militantes du Parti québécois sont assez matures, qu’ils sont en mesure de bien apprécier la situation politique et nous débattrons de ces questions extrêmement importantes à l’intérieur du congrès», explique Pierre Karl Péladeau.

Pour sa part, le chef de la CAQ a complètement balayé du revers de la main mardi l’idée d’alliance entre la CAQ et le PQ. Il rappelle que le projet nationaliste de la CAQ doit se faire «à l’intérieur du Canada», alors que le PQ souhaite l’indépendance du Québec.

«Donc, il n’y aura jamais d’alliance, quelle qu’elle soit, avec le Parti québécois», a-t-il tranché sans détour au cours d’une entrevue de mi-mandat.

François Legault a également affirmé au cours de la même entrevue que deux députés péquistes songent toujours à se joindre à sa formation politique. Une affirmation que Pierre Karl Péladeau qualifie de «fantasme» de la part du chef caquiste.

«C’est à lui d’être responsable de ses propos, répond Pierre Karl Péladeau. Je n’ai pas d’autres commentaires à faire.»

Une fuite de sièges sociaux?

Par ailleurs, le chef de l’opposition officielle estime que les libéraux n’ont pas su relancer l’économie québécoise, tel que promis en campagne électorale. «Nous sommes loin des promesses du trio économique de 250 000 emplois», lance-t-il.

À cela s’ajoute la vente de symboles économiques forts au Québec, dont Rona et Les Rôtisseries St-Hubert, déplore-t-il.

Pourtant, le gouvernement Couillard fait valoir que les entreprises québécoises achètent beaucoup plus de concurrentes étrangères que l’inverse. Le magazine L’actualité soulignait récemment que 258 entreprises étrangères ont été achetées par des intérêts québécois depuis six ans, contre 85 compagnies québécoises acquises par des concurrents hors Québec.

«Il faudrait que [le gouvernement libéral] explique pourquoi le Québec a perdu 285 sièges sociaux dans les dix dernières années», réplique Pierre Karl Péladeau.

Pour l’ex-homme d’affaires, le départ d’un siège social signifie la perte d’un «écosystème». «Tous les professionnels qui y sont associés risquent de voir eux aussi leurs activités diminuer», souligne-t-il. Et c’est sans compter les pertes d’emplois bien rémunérés, ajoute-t-il.

Alors que Sam Hamad doit revenir à l’Assemblée nationale jeudi, le chef péquiste estime que les déboires entourant le président du Conseil du trésor plongent le gouvernement Couillard dans l’embarras, alors que «nous devrions mettre l’accent sur la relance économique».

«Il est à parier que les circonstances qui entourent actuellement le gouvernement risquent de perdurer, dit-il. Et ce sont les Québécois et les Québécoises qui vont en subir les dommages les plus sérieux.»

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