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États-Unis : les propos anti-musulmans ravivent le souvenir de la «chasse aux communistes»

06/04/2016 04:58 EDT | Actualisé 06/04/2016 04:59 EDT
Tom Williams via Getty Images
UNITED STATES - MARCH 8: Jeh Johnson, Secretary of Homeland Security, testifies during a Senate Homeland Security & Governmental Affairs Committee hearing in Dirksen Building on the department's budget submission for FY2017, March 8, 2016. (Photo By Tom Williams/CQ Roll Call)

Un ministre américain a mis en garde mercredi contre les propos anti-musulmans des candidats républicains à la Maison Blanche, évoquant le souvenir de la "peur rouge" et de la chasse aux communistes aux Etats-Unis dans les années 1950.

Jeh Johnson, secrétaire noir à la Sécurité intérieure, a raconté comment son grand-père avait été obligé de témoigner devant une commission de la Chambre des représentants en 1949.

"En pleine +peur rouge+, il a dû démentir être membre du parti communiste, et a poursuivi en délivrant un témoignage passionné sur le patriotisme des noirs aux Etats-Unis", a-t-il expliqué lors d'une conférence sur l'extrémisme intérieur à Washington.

"Les propositions et les discours ayant pour effet de stigmatiser les musulmans américains sont contraires à nos intérêts de sécurité intérieure", a-t-il relevé. "Ceux qui ne connaissent pas l'histoire, la répèteront".

Les deux principaux candidats à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de novembre, Donald Trump et Ted Cruz, ont tenu des propos hostiles aux musulmans.

M. Trump veut interdire à tous les musulmans d'entrer aux Etats-Unis, et Ted Cruz a proposé de faire surveiller les quartiers musulmans par la police.

Plusieurs membres de l'administration américaine ont critiqué ces propos. A commencer par le président Barack Obama qui a estimé qu'ils faisaient le jeu des jihadistes.

Le secrétaire d’État John Kerry a qualifié d'"embarrassante" pour les États-Unis la campagne des primaires républicaines.

Les diatribes anti-musulmanes desservent en particulier la politique de l'administration visant à "jeter des ponts" vers les communautés musulmanes américaines, pour prévenir très en amont le risque de radicalisation.

"L'écrasante, écrasante majorité des musulmans américains (...) sont des patriotes engagés, qui aiment leur pays et veulent nous aider pour la sécurité publique et la sécurité de notre pays", a affirmé mercredi M. Johnson.

Les États-Unis "sont une nation d'immigrants, et je suis fier du fait que nous soyons une société multi-culturelle, qui accueille toutes les vagues d'immigrés, qui accueille des gens de nombreuses religions", a-t-il dit.


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