POLITIQUE

Affaire Hamad : l'opposition continue d'attaquer le jugement de Couillard

06/04/2016 10:58 EDT | Actualisé 06/04/2016 10:59 EDT

Les partis d'opposition à l'Assemblée nationale accusent Philippe Couillard de manquer de jugement en refusant de congédier le président du Conseil du Trésor, Sam Hamad, visé par une enquête du commissaire à l'éthique et à la déontologie dans la foulée de révélations d'Enquête.

Ils soutiennent que le premier ministre doit agir immédiatement, sans attendre le rapport du commissaire portant sur les relations qu'a entretenues le ministre Hamad avec le solliciteur de fonds Marc-Yvan Côté dans le cadre d'une subvention et d'un prêt accordés à Premier Tech.

« Il ne s'agit pas ici de présomption d'innocence. [...] Le Conseil des ministres n'est pas un tribunal. Le Conseil des ministres est dirigé par premier ministre qui doit faire œuvre de jugement et de leadership », affirme le chef péquiste Pierre Karl Péladeau, dans un point de presse donné en matinée.

« Je pense que les Québécois et les Québécoises ont le droit d'avoir confiance en la démocratie, on le droit d'avoir confiance au gouvernement », a-t-il poursuivi.

« De façon très claire, Sam Hamad a manqué de jugement. [...] Il n'a pas les qualités pour être ministre », soutient le chef caquiste François Legault. « Il serait à peu près temps que Philippe Couillard le reconnaisse et arrête de se cacher derrière le commissaire à l'éthique ».

« Le commissaire à éthique est là pour voir s'il y a une preuve de lien, entre le financement et la subvention », a-t-il poursuivi. « Moi, je vous parle de jugement. Ça prend du jugement pour être ministre. Et on a déjà toutes les preuves que Sam Hamad a manqué de jugement ».

« Lui-même a admis avoir parlé à Marc-Yvan Côté. Il a déjà admis avoir fait un suivi auprès de Michelle Courchesne. Il a déjà admis avoir posé des gestes qui démontrent son manque de jugement. Donc, conclut le chef de la CAQ, on n'a pas besoin du rapport du commissaire à l'éthique pour arriver à la conclusion qu'il ne peut plus être ministre. »

MM. Péladeau et Legault ont tous deux démenti que le PQ et la CAQ se concertent pour attaquer le gouvernement Couillard dans ce dossier. Le chef péquiste se défend d'ailleurs d'avoir consacré toute la période de questions de mardi à cette affaire.

«Nous considérons que c'est un enjeu extrêmement pour la démocratie [...] Il s'agit d'un précédent de garder un membre ministre alors qu'il se retire du Conseil des ministres. Il est ministre de rien.» - Pierre Karl Péladeau

« Pourquoi? Quel est le privilège qui lui est octroyé de garder chauffeur, limousine, et salaire, alors qu'[il] a la même fonction que les autres députés? », demande-t-il.

François Legault soutient pour sa part que la controverse actuelle permet de s'interroger sur les raisons pour lesquelles M. Couillard fait de la politique.

« On ne sait pas quel est son objectif, qu'est-ce qu'il veut changer, qu'est-ce qu'il veut améliorer au Québec, s'est demandé à haute voix François Legault. À part quelques phrases creuses, M. Couillard semble indifférent. Des fois je me demande même s'il est encore intéressé à être premier ministre. »

« Il semble en tout cas manquer d'énergie quand on le voit à la période des questions. Il semble être dans un état où il ne semble pas très heureux d'être là », a-t-il poursuivi.

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