POLITIQUE

Entrevue de mi-mandat : François Legault confiant pour 2018 (VIDÉOS)

05/04/2016 06:15 EDT | Actualisé 05/04/2016 06:32 EDT

QUÉBEC – Les déboires du gouvernement Couillard donnent confiance à François Legault en vue du scrutin de 2018. En traçant son bilan de mi-mandat, le chef caquiste laisse entendre que la colère gronde dans les rangs libéraux.

Philippe Couillard a notamment déplu à sa base militante en s’affichant contre l’exploitation des hydrocarbures sur l’île d’Anticosti, estime François Legault. «Il y a des gens au Parti libéral, qui sont là depuis toujours, qui me disent en privé ‘on n’en revient pas que notre gouvernement libéral ne veuille même pas explorer pour voir s’il y a du pétrole à Anticosti’, dit-il. C’est comme si Philippe Couillard, en se drapant de vert, vient un peu de perdre l’ADN du Parti libéral.»

Est-ce que ce désaccord pourrait se traduire par le passage de députés libéraux à la CAQ avant les élections de 2018? «On n’est pas rendus là et je ne veux pas créer d’attentes, mais je sais qu’il y a beaucoup d’insatisfaction chez les députés libéraux», glisse François Legault en entrevue.

«Je ne peux pas dire [qu’ils sont] en réflexion, mais des députés libéraux déçus de Philippe Couillard, oui, il y en a quelques-uns», ajoute-t-il avec un sourire.

François Legault avait déjà affirmé que des députés péquistes songeaient à faire le saut à la CAQ. «Il y en avait et il y en a toujours au moins deux qui sont en réflexion», assure le chef caquiste.

«Il y a des péquistes qui pensent que monsieur Péladeau ne sera pas là [en 2018], donc on suit ça de proche», dit-il. Si le chef péquiste quitte, les députés hésitants pourraient faire le saut à la CAQ, croit François Legault.

Jamais d’alliance avec le PQ

Fin mars, un sondage Léger / Le Journal-Le Devoir démontrait qu’une alliance entre le PQ et la CAQ obtiendrait 40% des intentions de vote et délogerait les libéraux aux prochaines élections. Malgré tout, François Legault refuse d’envisager une telle option. «C’est complètement de la fabulation», lance-t-il.

La CAQ a dévoilé sa plateforme nationaliste en novembre dernier. Il s’agit d’un projet «à l’intérieur du Canada», souligne François Legault, alors que le PQ souhaite l’indépendance du Québec.

«Donc, il n’y aura jamais d’alliance, quelle qu’elle soit, avec le Parti québécois», tranche-t-il.

Après avoir connu une année 2015 difficile, le chef caquiste estime maintenant que son parti sera en mesure de mettre fin au «monopole libéral» aux prochaines élections. «Monsieur Couillard n’a pas réussi à poser des gestes forts pour se distinguer de l’époque du régime de Jean Charest, estime-t-il. Donc, tout est en place pour un grand changement en 2018. Et je suis plus confiant que jamais que la CAQ est au bon endroit, au bon moment.»

Il est vrai que la CAQ a gagné six points pour atteindre 24% des intentions de vote, selon un récent sondage CROP / La Presse. Mais le parti demeure malgré tout en troisième position, derrière le PLQ (32%) et le PQ (30%).

Couillard «a menti»

Sans surprise, François Legault trace un dur bilan des deux premières années du gouvernement Couillard. Il souligne que le gouvernement ratera probablement sa cible de créer 250 000 emplois sur cinq ans, tel que promis en campagne électorale.

«Monsieur Couillard avait promis de ne pas augmenter les tarifs de garderie plus que l’inflation: il les a augmentés de 20%, 30%, 40%, dépendamment du salaire», ajoute le chef caquiste.

Idem sur les tarifs d’Hydro-Québec et les taxes scolaires, qui ont augmenté au-delà de l’inflation malgré les promesses libérales, déplore François Legault.

«On est vraiment face à un chef de parti qui a promis des choses qu’il n’a pas livrées, ajoute-t-il. Qui a menti à la population. Qui s’est fait élire en 2014 sous de fausses représentations.»

Alors que le gouvernement Couillard entame sa deuxième moitié de mandat, l’affaire Sam Hamad vient relancer les questions d’éthique au Parti libéral. François Legault déplore la réaction de Philippe Couillard depuis les révélations de l’émission Enquête.

«On voit que monsieur Couillard est un peu indifférent face à toutes les questions éthiques. Il ne prend pas ça au sérieux», lance-t-il. Alors que le ministre Hamad est soupçonné d’avoir favorisé un collecteur de fonds dans l’octroi d’une subvention, le premier ministre lui a réitéré sa confiance samedi dernier.

Après l’arrestation de Nathalie Normandeau et l’affaire Sam Hamad, François Legault se demande si d’autres cas issus de l’ère Charest viendront hanter Philippe Couillard. «On sait qu’il y a une dizaine de ministres qui étaient dans l’équipe de Jean Charest, rappelle-t-il. Je n’ai pas plus d’informations [que la population], mais on se demande tous : ‘Qui sera le prochain?’»


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