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Nigeria: 500 femmes et enfants enlevés par Boko Haram à Damasak en 2014

30/03/2016 05:02 EDT | Actualisé 30/03/2016 05:03 EDT
ASSOCIATED PRESS
FILE - In this Wednesday April 8, 2015 file photo, Nigerian soldiers man a checkpoint in Gwoza, Nigeria, a town newly liberated from Boko Haram. Nigeria’s president has exaggerated the military’s success against Boko Haram, say officials in northern Nigeria in response to an American commander’s testimony that the Islamic extremist group still holds territory. (AP Photo/Lekan Oyekanmi, File)

Cinq cents femmes et enfants ont été enlevés fin 2014 par le groupe islamiste Boko Haram à Damasak, dans le nord-est du Nigeria, mais les autorités ont ignoré les informations sur ce rapt massif, ont affirmé mercredi à l'AFP des habitants de cette ville.

Ce kidnapping, plus important que celui des 276 lycéennes de Chibok, s'est produit le 24 novembre 2014, selon un fonctionnaire local, un chef local, un ancien et un habitant de Damasak interrogés par l'AFP.

Le gouvernement nigérian, sous la présidence de Goodluck Jonathan, avait démenti en mars 2015 les informations sur cet enlèvement massif, ainsi qu'un sénateur local et une source sécuritaire.

Les témoignages des habitants à l'AFP confirment la teneur d'un rapport de l'ONG Human Rights Watch publié mardi.

"Nous avons gardé le silence sur cet enlèvement par peur de provoquer la colère du gouvernement, qui était déjà aux prises avec l'embarras provoqué par l'enlèvement des écolières de Chibok" (en avril 2014), a affirmé un fonctionnaire local à l'AFP sous couvert d'anonymat.

"Tous les parents avaient peur de parler," ajoute cet homme, dont l'enfant de 7 ans a été enlevé. Les hommes politiques alertés par les habitants ayant fui Damasak "n'ont rien dit et nous ont ignorés", insiste-t-il.

L'enlèvement de 276 lycéennes en avril 2014 à Chibok, dans le nord-est du Nigeria - berceau du groupe islamiste Boko Haram, qui a rallié l'organisation de l'État islamique (ÉI) - avait provoqué une vague d'indignation internationale.

Les islamistes "sont allés dans les écoles privées et les écoles coraniques et ils ont enlevés même des enfants de cinq ans", a témoigné un chef local de Damasak sous couvert d'anonymat.

"Ils ont enlevés des enfants à leur mères dans la ville. Mes seize neveux ont été enlevés, ils avaient entre cinq et seize ans", a-t-il déclaré.

Selon le rapport de HRW, une mère est toujours sans nouvelles de ses enfants de deux et quatre ans enlevés le jour de l'attaque.

D'après un ancien de Damasak, les assaillants ont aussi tué au moins 200 personnes lors de l'attaque.

Selon plusieurs habitants, le gouvernement a délibérément voulu étouffer l'enlèvement de masse de Damasak.

Tombée aux mains de Boko Haram, la ville a été libérée le 9 mars 2015 par des troupes tchadiennes et nigériennes, qui y avaient trouvé une centaine de corps dans une fosse commune.

"Trois cents enfants sont portés disparus depuis plus d'un an et le gouvernement nigérian n'a toujours pas réagi", dénonce HRW. "Les autorités doivent se réveiller et prendre des mesures pour les libérer".

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