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France: projet d'attentat déjoué, un suspect interpellé

24/03/2016 08:06 EDT | Actualisé 25/03/2016 07:10 EDT
Geert Vanden Wijngaert/AP
French Interior Minister Bernard Cazeneuve addresses the media during an extraordinary meeting of EU interior and justice ministers at the EU Council building in Brussels, Belgium, Thursday, March 24, 2016. Prosecutors announced a direct connection between the Brussels bombings and last years attacks on Paris, which appear to have been carried out by the same Islamic State network. (AP Photo/Geert Vanden Wijngaert)

Le gouvernement français a annoncé avoir déjoué un projet de nouvel attentat et arrêté un suspect qui avait été condamné en Belgique avec l'organisateur présumé des attaques jihadistes de novembre à Paris, Abdelhamid Abaaoud.

Selon des sources policières françaises, Reda Kriket, un Français de 34 ans, arrêté jeudi, avait été condamné en son absence à Bruxelles en juillet 2015 avec Abdelhamid Abaaoud lors du procès d'une filière jihadiste vers la Syrie. Tué cinq jours après les attentats de Paris, Abaaoud est suspecté d'avoir eu un rôle-clé dans les attaques du 13 novembre.

Né à Courbevoie, en région parisienne, Reda Kriket résidait à Ixelles, une commune cossue de Bruxelles, lorsqu'un mandat d'arrêt international a été émis contre lui en mars 2014.

La Belgique, ciblée par un double attentat jihadiste mardi (au moins 31 morts et 300 blessés) est au coeur de la lutte antiterroriste en Europe. Les attentats de Paris avaient été préparés en Belgique.

Lors du procès de juillet 2015, Reda Kriket avait écopé de dix ans de prison par défaut, le Belgo-Marocain Abaaoud, également absent, de vingt ans. D'après les éléments de l'enquête, Kriket a joué un rôle important dans le financement de la filière, en reversant une partie de ses braquages et activités de recel, au nom du principe musulman de la Ghanima (le partage du butin de guerre).

Vaste filière vers la Syrie

Au total, 28 personnes avaient été condamnées le 29 juillet 2015. La filière était dirigée par un Bruxellois de 41 ans, Khalid Zerkani, qualifié par les autorités judiciaires belges de "plus grand recruteur de candidats au jihad qu'on ait jamais connu en Belgique".

Cette filière avait recruté et envoyé en Syrie de nombreux jeunes, parmi lesquels Chakib Akrouh, un autre membre du commando des attentats du 13 novembre à Paris (130 morts et plusieurs centaines de blessés).

Chakib Akrouh, Belgo-Marocain, faisait partie du commando ayant visé des terrasses de café et restaurants à Paris. Il était au côté d'Abaaoud lorsqu'il s'est fait exploser le 18 novembre, cerné par la police dans un appartement de Saint-Denis dans la banlieue nord de Paris. Abaaoud avait été abattu par les forces de l'ordre.

L'arrestation jeudi matin de Reda Kriket par la police française a été qualifiée d'"interpellation importante" par le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Elle a permis "de mettre en échec un projet d'attentat en France, conduit à un stade avancé", a-t-il dit.

Kriket est "suspecté d’être impliqué à haut niveau dans ce projet (d'attentat). Il évoluait au sein d'un réseau terroriste qui projetait de frapper la France", a expliqué le ministre.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des policiers ont mené des perquisitions dans un immeuble à Argenteuil, dans la région parisienne, où une petite quantité d'explosifs a été découverte. Des opérations de déminage ont été nécessaires pour que les enquêteurs puissent travailler en sécurité.

Des policiers barraient toujours l'accès à la rue menant à cet immeuble vendredi matin.

L'enquête, conduite depuis "plusieurs semaines", est menée sous "coopération étroite et constante entre services européens", selon Bernard Cazeneuve.

Depuis janvier 2015 et les premiers attentats jihadistes visés contre des cibles françaises, la France a déjoué une demi-douzaine de projets d'attentats, selon les autorités.

Depuis le début de l'année, 75 personnes "en lien avec des activités terroristes" ont été interpellées, 37 d'entre elles ont été mises en examen (inculpées), dont 28 incarcérées.

Les autorités rappellent avec constance que la France, qui participe à la coalition militaire internationale contre le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie, reste sous une menace terroriste "très élevée".

Explosions à Bruxelles


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