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Pour des milliers de touristes, le voyage s'est arrêté à Bruxelles-Zaventem

22/03/2016 05:27 EDT | Actualisé 22/03/2016 05:29 EDT

Ils prévoyaient de s'envoler vers des destinations exotiques ou de rentrer chez eux, mais pour des milliers de touristes, le voyage s'est arrêté dans la petite ville de Zaventem, où certains passeront la nuit.

08H00 du matin, à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem. Des centaines de personnes défilent au comptoir d'enregistrement. Les serveurs font rugir les percolateurs, et dans les magasins, les vendeurs attendent les clients. Dans le hall d'entrée, trois hommes poussent des chariots sur lesquels sont posés leurs valises. A l'intérieur, des explosifs.

Soudain un "boum". Puis quelques mots hurlés en arabe et une seconde explosion, plus puissante encore.

En l'espace de quelques secondes, les jihadistes transforment le décor rassurant de l'aéroport en scène de carnage: sous la violence de l'explosion, une partie du plafond s'effondre, des vitres explosent et au sol, des dizaines de victimes gisent, en sang. Certains ont les jambes en charpie, d'autres sont morts, une mère tient son enfant en sang dans les bras.

Au comptoir de Swissport, une entreprise de sous-traitance aérienne au sol, les employés ne sont qu'à quelques mètres de l'attaque. En entendant la première explosion, Peter, un des employés attrape un enfant et le cache sous son comptoir.

Autour d'eux, c'est la panique. Des centaines de personnes abandonnent leurs valises et fuient en hurlant ou en pleurant. D'autres se jettent à terre ou se cachent, craignant de nouvelles déflagrations.

"Tout le monde fuyait, tout le monde trouvait un moyen pour se planquer, c'était la débandade", raconte Michel Mpoy, 65 ans.

Mais pendant que certains s'échappent d'autres, voyageurs ou employés, prêtent la main aux secouristes pour aider les victimes.

Arrivé une poignée de minutes après l'attaque, le maire de Zaventem, Francis Vermeiren, décrit une "situation de guerre", "atroce à voir" mais observe une "combativité, une solidarité".

Autour de l'aéroport, les routes sont fermées, les transports bloqués. De toutes parts, retentissent les sirènes des véhicules de secours. Tandis qu'à l'intérieur sont soignés les blessés, les voyageurs sont évacués.

Certains patientent dans leur avion, qui s'apprêtait à décoller et restera finalement à terre. Ils découvrent sur leurs portables ce qui vient de se passer.

Des milliers d'autres, hagards, sont massés sur des parkings ou sur le tarmac pendant que les policiers fouillent les lieux à la recherche d'armes et de suspects.

Ils trouvent des explosifs, que les démineurs font exploser à la mi-journée, provoquant des nuages de fumée grise. Un troisième suspect reste lui "introuvable".

L'aéroport, véritable ruche, où travaillent 20.000 personnes, est désormais totalement vide, à l'exception des enquêteurs. Près de 600 vols ont été annulés et des dizaines de milliers de personnes évacuées.

Au fil de la journée, des centaines de personnes grimpent dans des bus spécialement affrétés. Souvent sans leurs valises, restées dans la soute de l'avion ou au comptoir d'enregistrement, ils n'ont que leurs vêtements sur le dos, parfois des couvertures qui leur sont offertes. On les emmène dans un gymnase de Zaventem, interdit d'accès aux médias.

Encore sous le choc, ils s'y reposent, mangent un morceau, se confient à des psychologues. Des compagnies aériennes viennent régulièrement chercher leurs passagers pour les emmener dans des hôtels réservés à la dernière minute.

Des dizaines d'autres dormiront sur place. A quelques centaines de mètres, l'aéroport est lui fermé. Il devrait encore le rester mercredi.

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