POLITIQUE

5 choses à surveiller dans le budget du Québec

17/03/2016 06:45 EDT | Actualisé 17/03/2016 06:46 EDT
PC

Le ministre des Finances du Québec Carlos Leitao devrait mettre la pédale douce sur la rigueur dans son budget qui sera déposé en fin d'après-midi à l'Assemblée nationale. Après deux ans de compressions douloureuses, à qui profitera l'adoucissement de l'austérité? Au système d'éducation? À la fonction publique? Aux contribuables? En cette journée de budget à Québec, voici cinq choses à surveiller.

Un texte de Gaétan Pouliot

1. DÉFICIT ZÉRO AVANT TOUT

Le ministre Carlos Leitao équilibrera, encore cette année, les comptes du Québec avec son troisième budget. Mais pas de surplus à l'horizon. Et les cordons du trésor public resteront serrés, malgré deux années d'importantes compressions budgétaires imposées à l'appareil de l'État.

Si jamais des surplus apparaissaient dans la colonne des revenus, ils serviraient à rembourser la dette, a indiqué le ministre des Finances. Certains ministères pourraient cependant souffler un peu en voyant leur budget croître légèrement.

Dans le contexte économique actuel, maintenir le cap sur l'équilibre des finances publiques exclut d'emblée des réinvestissements massifs.

2. UNE PRIORITÉ NOMMÉE ÉDUCATION

Même si le budget devait être austère, le gouvernement pourrait donner un répit au système d'éducation. « Nous nous sommes donné la marge de manœuvre nécessaire pour réinvestir dans les secteurs qui nous tiennent à cœur : l'éducation, la santé et la réduction du fardeau fiscal des entreprises et des particuliers », a dit le premier ministre Philippe Couillard devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, ajoutant vouloir faire de l'éducation une « priorité nationale ».

«Grâce à notre marge de manoeuvre retrouvée, l'éducation sera en tête de liste de nos priorités.»

Philippe Couillard

Selon le quotidien La Presse, le gouvernement haussera le budget du ministère de l'Éducation de 3 % en 2016-2017, soit une bonification de 500 millions de dollars. Ce réinvestissement permettra surtout de couvrir l'accroissement naturel des dépenses de ce ministère.

Ces nouveaux fonds seront bienvenus pour un réseau mis à l'épreuve depuis le retour au pouvoir du Parti libéral. La croissance des dépenses a été limitée à 1,6 % en 2014-2015 et à un famélique 0,2 % en 2015-2016.

La vétusté des certaines écoles montréalaises a d'ailleurs fait grand bruit dans les médias au cours des derniers mois, symbolisant le désinvestissement de l'État en éducation. Des milliers de parents, enfants et enseignants ont aussi fait des chaînes humaines devant les écoles pour dénoncer les compressions en éducation.

3. NOUVELLES RESSOURCES EN SANTÉ?

Comme l'éducation, le coup de frein donné à la croissance des dépenses du réseau de la santé a été vécu difficilement au cours de la dernière année.

Est-ce que les hôpitaux, CLSC et autres offres de soins pourront profiter d'un rétablissement des budgets afin de maintenir les services? Nous aurons la réponse cet après-midi. À en croire le discours du premier ministre Couillard devant la Chambre de commerce il y a quelques semaines, c'est une possibilité.

4. LE TANGO DE LA TAXE SANTÉ

Le gouvernement de Philippe Couillard pourrait annoncer qu'il revient à son plan initial d'abolir la taxe santé d'ici 2018, ont rapporté des médias cette semaine. Cette promesse électorale avait été repoussée d'une année dans le dernier budget. Lors de la campagne électorale, le Parti libéral promettait d'éliminer cette contribution avant le scrutin de 2018.

La taxe santé représente des revenus de plus de 750 millions de dollars pour le gouvernement. Prélevée directement sur le salaire des Québécois (de 0 à 1000 $ selon le revenu), elle sert à financer le système de santé.

Y aura-t-il d'autres baisses de taxes ou d'impôts? Cela serait étonnant.

5. LE RAPPORT GODBOUT TABLETTÉ?

L'ambitieuse réforme fiscale proposée par Luc Godbout sera-t-elle mise en application avec le budget? Rien n'est plus incertain.

La Commission d'examen sur la fiscalité québécoise, pilotée par M. Godbout, proposait en mars dernier une baisse de 4,4 milliards de dollars de l'impôt sur le revenu des particuliers en contrepartie d'une hausse des tarifs et des taxes. En bref, il s'agit d'un important changement de culture vers un régime fiscal qui miserait sur l'utilisateur-payeur.

L'an dernier, le ministre Leitao avait salué le travail « colossal » de la commission et se disait ouvert à une réforme en profondeur de la fiscalité québécoise. Aujourd'hui, le rapport Godbout n'est plus sur les lèvres du ministre des Finances ni du premier ministre Couillard. Cette réforme sera-t-elle tablettée, reportée ou incluse en partie dans le budget?

Les travaux de la commission ont coûté quelque 2,5 millions de dollars.

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