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Le président français a décoré de la légion d'honneur le prince héritier d'Arabie saoudite

06/03/2016 08:45 EST | Actualisé 06/03/2016 08:45 EST
Chesnot via Getty Images
PARIS, FRANCE - MARCH 04: French President Francois Hollande (R) accompanies Saudi Crown Prince Mohammed bin Nayef after their meeting at the Elysee palace on March 04, 2016 in Paris. Official French sources described the visit as 'very important' due to the French-Saudi excellent political, economic and cultural relations. (Photo by Chesnot/Getty Images)

Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Nayef a été décoré de la légion d'honneur vendredi par le président François Hollande, qui l'a reçu à l'Elysée, a indiqué la présidence de la République, interrogée dimanche par l'AFP.

Cette visite, inscrite à l'agenda présidentiel, n'avait fait l'objet d'aucune communication de l'Elysée vendredi. 

L'Agence de presse saoudienne SPA avait pour sa part rendu compte de cette visite, signalant qu'elle avait été l'occasion de cette décoration, la plus haut distinction française.

Le prince héritier, par ailleurs ministre saoudien de l'Intérieur, a reçu cette décoration "au titre de personnalité étrangère, une pratique protocolaire courante", a souligné l'entourage de François Hollande. Le président de la République avait lui-même été "décoré de l'ordre suprême du Royaume" lors d'une de ses visites en Arabie saoudite, a-t-on rappelé de même source.

La France entretient des relations très suivies avec l'Arabie saoudite, allié important en Syrie dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) et avec lequel la France a conclu d'importants contrats d'armement.

Cette décoration a suscité de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, alors que depuis le début de l'année, le régime saoudien a procédé à 70 exécutions, la dernière ayant eu lieu ce dimanche avec la décapitation d'un Saoudien condamné à mort pour meurtre.

Le 2 janvier, 47 personnes avaient été mises à mort en une seule journée pour "terrorisme" dans le royaume, notamment le dignitaire et opposant chiite saoudien Nimr al-Nimr, dont l'exécution a provoqué une crise diplomatique entre Ryad et Téhéran.

En 2015, 153 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, un niveau inégalé depuis 20 ans dans ce royaume ultra-conservateur régi par une interprétation rigoriste de la loi islamique.

Les autorités invoquent la dissuasion pour justifier la peine de mort dans des affaires de terrorisme, de meurtre, viol, vol à main armée et trafic de drogue.

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