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«Préludes» : la douceur hypnotisante des Grands Ballets (ENTREVUE/PHOTOS)

04/03/2016 04:21 EST
John Hall

Avec un hommage à Rachmaninov (La lueur de l’aube) et une réinterprétation des émotions ressenties en visitant le temple Angkor Wat au Cambodge (RE-(II)), les Grands Ballets canadiens de Montréal présentent un programme double où le lyrisme fera la bise aux émotions, pendant que les spectateurs seront hypnotisés par le romantisme et la douceur.

«Préludes» : la douceur hypnotisante des Grands Ballets


Rencontré dans les bureaux de la compagnie qu’il dirige depuis 1999, Grandimir Pankov observe plusieurs similitudes entre le travail du chorégraphe suisse Ken Ossala et celui de l’Américain Shen Wei.

« Dans les deux cas, ce ne sont pas des raconteurs d’histoires au sens propre, avec un personnage connu ou une trame narrative classique. Les deux laissent parler leur imagination et partagent une certaine intensité dans la délicatesse. Toutefois, Ken a une approche plus européenne, slave et émotive, alors que Shen offre un aspect plus asiatique, spirituel et folklorique. »

Présentée à Montréal en première mondiale, La Lueur de l’aube se veut une création d’ombres et de lumières inspirée des émotions que provoque la musique du compositeur et pianiste russe Sergei Rachmaninov. Si on le fie aux extraits présentés aux journalistes en répétitions, l’œuvre de Ken Ossola sublime la musique bien connue du compositeur, réussissant à hypnotiser les yeux et les cœurs.

« Ken possède une force pour interpréter la relation entre les mouvements d’un point de vue romantique, souligne Pankov. Sa chorégraphie se concentre sur des pièces de piano et certains morceaux symphoniques de Rachmaninov, comme le second mouvement de son fameux concerto de piano, qui est un cauchemar pour de nombreux pianistes virtuoses, tant la composition est fantastique. Ce sont des œuvres qui apportent à la fois un grand calme et une sorte d’amplification des émotions. Chaque fois que j’assiste aux répétitions, j’ai l’impression que sa musique a été composée sur mesure pour la chorégraphie. »

Viendra ensuite RE-(II), la composition de mouvements de Shen Wei qui évoque la nature, les sons et les émotions perçus lors de sa visite à Angkor Wat. « RE » comme dans réincarnation, révolution et religion, trois idées fortes qui ont imprégné le créateur.

« La première partie est plus proche de la tradition cambodgienne, avec une musique traditionnelle et des projections en images de sections bien précises du temple, souligne le directeur des Grands Ballets. La deuxième est plus contemporaine, et la troisième est campée dans un champ d’une grande blancheur, où on évoque les corps de statues au ralenti. C’est fascinant à regarder! »

Toujours aussi passionné quand vient le temps de parler de danse, Grandimir Pankov quittera pourtant la direction des Grands Ballets canadiens de Montréal au terme de la saison 2016-2017, dont la programmation sera dévoilée sous peu. Questionné à savoir s’il allait s’offrir une série de spectacles anniversaire, Pankov a préféré nuancer.

« Si j’avais imaginé une telle saison, il aurait fallu présenter jusqu’à 30 pièces durant l’année! Quand est venu le temps de construire la programmation, j’ai voulu montrer ce qui n’avait pas été fait encore et revisiter certaines œuvres qu’on n’a pas vues depuis longtemps, comme lorsqu’on replonge dans la lecture de L’Iliade d’Homère, des années après avoir été obligé de lire le livre à l’école, pour voir si on ressent et si on comprend quelque chose de nouveau. J’ai aussi choisi de présenter trois de mes grands coups de cœur. »

Après 20 ans à travailler comme danseur et 42 à diriger une compagnie, que fera-t-il de la suite de son existence? « Je n’ai aucun plan précis encore. Je me laisse surprendre. J’ai plusieurs rêves en tête, mais c’est très chaotique. Je vais devoir prendre un an ou deux pour faire de l’ordre dans tout cela. Peut-être que je vais être confronté à un vide. Peut-être que je vais devoir m’habituer à un peu de paresse. Mais je dois certainement être plus gentil avec moi-même. »

Préludes sera présenté au Théâtre Maisonneuve de la Place-des-Arts du 10 au 19 mars 2016. Cliquez ici pour plus de détails.

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