POLITIQUE

Le frère de Trudeau à la défense d'un membre présumé d'Al-Qaïda

02/03/2016 12:32 EST
ASSOCIATED PRESS
Canadian Prime Minister Justin Trudeau listens to a question from the floor during a press conference at the close of the Asia-Pacific Economic Cooperation (APEC) summit in Manila, Philippines, Thursday, Nov. 19, 2015. Asia-Pacific leaders called Thursday for increased international cooperation in the fight against terrorism as they held annual talks overshadowed by the Paris attacks. (AP Photo/Aaron Favila)

Le frère du premier ministre canadien Justin Trudeau a exhorté mercredi dans une lettre ouverte le ministre fédéral de la Sécurité publique à surseoir à l'expulsion d'un Algérien soupçonné d'être un agent dormant d'Al-Qaïda, ce que ce dernier dément.

Documentariste engagé, de deux ans plus jeune que le chef du gouvernement canadien, Alexandre Trudeau appelle Ottawa à suspendre le renvoi vers l'Algérie de Mohamed Harkat, ancien livreur de pizza de 47 ans.

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Alexandre Trudeau

Soupçonné d'allégeance à la nébuleuse islamiste, il avait été emprisonné de 2002 à 2006 en vertu d'une procédure canadienne antiterroriste d'exception, introduite dans la foulée du 11-Septembre, permettant aux autorités d'emprisonner indéfiniment sans accusation formelle des étrangers, ainsi que de les juger à huis clos.

Appelée "certificat de sécurité", cette mesure avait été édulcorée en 2007, car jugée excessive. Sa version amendée, toujours décriée par les défenseurs des libertés civiles, a été jugée constitutionnelle par la Cour suprême en 2014.

Alexandre Trudeau est engagé au côté de M. Harkat depuis plus d'une décennie: dès 2005 il lui avait proposé de se porter caution pour sa remise en liberté conditionnelle, tout en combattant la loi controversée permettant sa détention.

Dans sa lettre publiée dans le journal Ottawa Citizen et adressée à Ralph Goodale, ministre fédéral de la Sécurité publique, Alexandre Trudeau écrit que les "certificats de sécurité" sont "fondamentalement injustes".

"Je suis totalement convaincu qu'actuellement (Mohamed Harkat) ne représente aucun danger pour la population ou la sécurité publique du Canada", souligne Alexandre Trudeau.

Un porte-parole du ministre Goodale a confirmé à l'AFP la réception de la missive, tout en refusant d'élaborer davantage.

M. Harkat a toujours nié tout lien avec des organisations extrémistes et affirmé avoir quitté l'Algérie à cause des persécutions frappant son parti politique, le Front islamique du salut (FIS), dissout en 1992. Il est arrivé au Canada comme réfugié en 1995 après avoir vécu pendant cinq ans au Pakistan.

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