BIEN-ÊTRE

Six personnes avec une déficience intellectuelle en voyage de coopération internationale (VIDÉO/PHOTOS)

02/03/2016 08:28 EST | Actualisé 03/03/2016 12:10 EST

14 jours de plaisir, de rencontres et d’aventures.

14 jours d’inconnu et de petites angoisses.

En février, l’Association de Montréal pour la déficience intellectuelle s’est lancé un pari. Pendant deux semaines, six de leurs membres avec une déficience intellectuelle, chacun jumelé avec un étudiant en éducation spécialisée du cégep du Vieux-Montréal, ont participé à un projet de coopération international à Los Angeles, au Nicaragua.

Au programme: activités culturelles, rencontre avec l’association locale pour la déficience intellectuelle, et surtout, la construction d’une table et d’un banc en matériaux recyclés pour l’école du village.

«Souvent quand on parle de déficience intellectuelle on remet en question les capacités d’adaptation», explique la coordonnatrice du projet, Christine Fortier. Or, même s’ils «étaient dans un pays où l’on parle pas notre langue, avec des gens qu’ils n’avaient jamais rencontrés,» dit-elle, et que la plupart n’avaient jamais voyagé sans leur famille, «ils ont tous réussi.»

Pourtant avant le départ, il y avait des inquiétudes, et ce, malgré les séances de formation offerte par l’organisme Mer et Monde.

Pour commencer, la barrière de la langue. Chaque paire constituée d’un membre de l’AMDI et d’un étudiant logeait dans une famille d’accueil nicaraguayenne, et les quelques mots d’espagnol appris en hâte ne suffisaient pas toujours à la conversation.

«On communiquait avec le jeu, » explique un des participants, Maxime Lemay Boulanger.

«Un autre défi c’était d’accepter la différence culturelle», explique Mme Fortier.

Des habitudes, la nourriture, un niveau de vie parfois à l’opposé du Québec.

«On chialait un peu sur ce qu’on avait pas, tandis qu’eux ont pas grand-chose et ils se contentent de ce qu’ils ont», dit Maxime. « Depuis, je fais attention à moins chialer,» dit-il.

Et puis, il a fallu trouver des solutions aux aléas du voyage. Par exemple, l’étudiante jumelée à Maxime a soudainement dû rentrer au Canada et être remplacée.

«Ça a été un peu dur pour moi, parce que j’étais avec elle tout le temps,» dit-il.

Pour les intervenants, le jumelage «24h sur 24» pouvait parfois être source de fatigue. « En intervention, on est nous-mêmes notre premier outil de travail», explique une des étudiantes, Ariane Hunault-Pérusse. Avec cette expérience, elle dit avoir appris à se faire confiance.

Et surtout, elle ne garde du voyage que des bons souvenirs.

«Des personnes qu’on s’attendait à devoir convaincre de rester voulaient prolonger leur séjour», dit Christine Fortier.

«Je pense que la grande conclusion c’est qu’ils sont capables,» dit-elle. «On a brisé des barrières.»

Six personnes avec une déficience intellectuelle font un voyage humanitaire

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