POLITIQUE

Un député du NPD pense que l'argent peut aider à nommer plus de femmes en politique

01/03/2016 01:46 EST | Actualisé 01/03/2016 01:54 EST

OTTAWA – Un député néo-démocrate espère favoriser une meilleure représentation des femmes en politique grâce à des incitatifs financiers.

« Tu n’as pas besoin d’être une femme pour être féministe, et je suis féministe », a dit Kennedy Stewart au Huffington Post Canada. « Je peux déclencher un seul vote à la Chambre des communes et c’est celui-ci que je veux déclencher. »

kennedy stewart

Jeudi, le député de Burnaby-Sud en Colombie-Britannique a déposé un projet de loi qui promet plus d’argent pour une meilleure représentation féminine.

"Tu n’as pas besoin d’être une femme pour être féministe, et je suis féministe."

Alors que de plus en plus de femmes veulent se tourner vers la politique, l’ancien professeur associé de la Simon Fraser University’s School of Public Policy croit que le réel problème réside au sein des partis qui ne s’assurent pas d’avoir l’équité dès l’investiture des candidats.

Malgré un nombre record de 88 femmes élues en octobre 2015, les femmes n’occupent que 26% des sièges à la Chambre des communes. Le Canada occupe le 53e rang mondial en termes d’égalité des sexes au fédéral.

« Sans de nouvelles mesures, il est peu probable que le Canada atteigne la parité avant 2075 », explique Kennedy Stewart.

La Loi sur l’équité hommes-femmes chez les candidats amenderait la Loi électorale du Canada afin de réduire le montant d’argent reçu par chaque parti pour des dépenses électorales après une élection fédérale si moins de 45% de ses candidats sont des femmes.

Si 25% des candidats d’un parti sont des femmes et 75% sont des hommes, dit-il, les remboursements seraient réduits de 10%.

Selon la loi actuelle, les partis politiques reçoivent des paiements pour la moitié de leurs dépenses électorales sans avoir à montrer des reçus.

Si le projet de loi de Stewart avait été adopté à temps pour l’élection de 2011, le remboursement pour le Parti conservateur du Canada – qui avait 22% de candidates – aurait été retranché de plus de 976 000$, a calculé le HuffPost.

Le NPD en aurait bénéficié

Le projet de loi de Kennedy Stewart aurait largement favorisé le NPD lors de la dernière élection, puisque le parti avait présenté plus de candidates.

En comparaison, les libéraux n’ont pas choisi leurs candidates femmes, sous prétexte que le parti tenait des investitures ouvertes. En contrepartie, le premier ministre Justin Trudeau a tenu sa promesse de nommer un cabinet paritaire.

Mark Holland, secrétaire parlementaire de la ministre des Institutions démocratiques, espère que la parité du cabinet va encourager plus de femmes à se présenter, sachant qu’elles auront plus de chances de devenir ministres.

mark holland

Mais il a aussi suggéré que le gouvernement se pencherait sur la proposition de Kennedy Stewart.

« C’est quelque chose que nous allons examiner », a dit Mark Holland au HuffPost.

Selon le groupe À voix égales, pendant les élections de 2015, le NPD a présenté 43% de candidates femmes, suivi par les Verts avec 39%, les libéraux avec 31%, le Bloc québécois avec 28% et les conservateurs ont présenté 20% de femmes.

« Personne n’était parfait la dernière fois, tout le monde doit faire mieux. C’est ce que j’espère – que nous nous améliorions en vue de la prochaine élection », a commenté Kennedy Stewart.

"Les trucs positifs n’ont pas fonctionné, alors je ne vois pas pourquoi les trucs négatifs fonctionneraient."
— Jean-Pierre Kingsley

En 1992, la Commission Lortie a recommandé que les remboursements électoraux soient bonifiés à concurrence de 150% - dépendamment de la quantité de candidates femmes. Cette mesure cesserait lorsque le nombre total de députées atteindrait 40% et serait réévaluée après trois élections.

Les députés qui ont étudié les recommandations de la commission ont rejeté la suggestion. « Les trucs positifs n’ont pas fonctionné, alors je ne vois pas pourquoi les trucs négatifs fonctionneraient », a dit Jean-Pierre Kingsley, ancien Directeur des élections, au HuffPost.

« Les temps ont changé. Peut-être que les gens voudront y jeter un coup d’œil, mais les incitatifs négatifs sont mal vus dans la politique canadienne, a-t-il ajouté. Ce serait peut-être mieux s’il y avait un incitatif positif – augmenter le remboursement au lieu de le réduire. »

Stewart a dit qu’il ne pouvait pas demander à ce que le gouvernement dépense plus d’argent dans un projet de loi privé. Il espère que sa loi se rendra au moins en comité, où des députés pourront l’étudier et recommander un incitatif positif s’ils le désirent.

La Loi sur l’équité hommes-femmes chez les candidats fera l’objet d’un débat à la fin avril ou en mai, puis un vote positif l’enverrait à un comité pour de plus amples études en juin ou septembre.

Cet article initialement publié sur le Huffington Post Canada a été traduit de l’anglais par Catherine Lévesque.

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