POLITIQUE

Ottawa veut accorder le pardon aux gais condamnés pour leur orientation sexuelle

27/02/2016 08:26 EST | Actualisé 27/02/2016 08:26 EST
PC/Michelle Siu

Les homosexuels condamnés pour leur orientation sexuelle avant 1969 pourraient recevoir un pardon d'Ottawa. Le gouvernement fédéral a confirmé samedi avoir l'intention de revoir leur dossier.

D'emblée, Ottawa recommande d'accorder un pardon à titre posthume à Everett Klippert, déclaré délinquant sexuel dangereux durant les années 1960 et détenu de façon préventive. Son cas, porté jusqu'en Cour suprême, avait fait grand bruit à l'époque.

Selon Ottawa, même si la plus haute cour de justice du pays avait finalement rejeté l'affaire en 1967, « l'affaire Everett Klippert a contribué à la décision du gouvernement, un an plus tard, de décriminaliser les actes d'homosexualité entre adultes consentants ».

La réforme du Code criminel avait été menée, à l'époque, par le gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau.

Près de 50 ans plus tard, le gouvernement confirme son intention de revoir non seulement le dossier des homosexuels condamnés pour leur orientation sexuelle, mais également ceux des personnes condamnées pour « grossière indécence » ou « sodomie », écrit l'attachée de presse du bureau du premier ministre, Andrée-Lyne, dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Espoirs en vue

Le président de la Chambre de commerce de la communauté LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres) du Québec, Steve Foster, voit d'un bon oeil l'initiative du gouvernement.

« Quand on passe une vie à se faire traiter de pervers, de pédophile, quand on passe sa vie à être mis au ban, je pense que le minimum qui peut être fait au nom du gouvernement canadien, c'est de présenter des excuses. »

— Steve Foster

Il croit que les militaires et les fonctionnaires congédiés en raison de leur orientation sexuelle méritent également des excuses de la part d'Ottawa.

Membre du réseau « Nous exigeons des excuses », Martine Roy a demandé au gouvernement en mai 2015 de s'excuser aux militaires qui ont subi ce triste sort avant que la loi change en 1992.

Le gouvernement Harper n'avait pas donné suite, mais l'annonce du gouvernement Trudeau lui donne espoir.

« C'est terrible de faire ça. Tu joins l'armée pour aider ton pays, tu travailles très fort puis tu te fais congédier pas parce que tu n'as pas les compétences, pas parce que tu n'as pas bien travaillé : pour ton orientation sexuelle », déplore-t-elle.

En 1983, sa carrière militaire a elle-même pris fin en raison de son orientation sexuelle. Le congédiement a bouleversé sa vie, confie-t-elle.

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