POLITIQUE

Bombardier estime que le débat politique nuit à ses affaires

26/02/2016 03:51 EST | Actualisé 26/02/2016 03:51 EST
Bloomberg via Getty Images
Attendees exit the new Bombardier Inc. CS100 airplane during an event at the company's facility in Toronto, Ontario, Canada, on Thursday, Sept. 10, 2015. Bombardier Inc. is refocusing the sales campaign for its tardy CSeries jet on established, 'marquee' airlines, a shift away from reliance on lessors and small carriers. Photographer: Kevin Van Paassen/Bloomberg via Getty Images

« C'est important d'avoir une certaine solidarité face, dans le reste du monde, à nos concurrents », affirme le vice-président principal, ressources humaines et affaires publiques, de Bombardier, John Paul McDonald, qui réagit au débat actuel à l'Assemblée nationale sur l'entente entre l'entreprise et le gouvernement du Québec.

En entrevue vendredi, après une rencontre avec le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, M. McDonald a rappelé que Boeing et Airbus, les concurrents de Bombardier dans le marché visé par sa C Series, faisaient tout pour désavantager le constructeur canadien face à ses clients potentiels.

« Quand il y a de la dissension, s'il y a des choses négatives écrites sur Bombardier ou s'il y a des échanges corsés à l'Assemblée nationale, par exemple, nos compétiteurs coupent tout ça et le présente à nos clients prospectifs, a soutenu M. McDonald. Ils disent : "Regardez, Bombardier, ça va mal, ils ne sont pas ici pour longtemps, pourquoi vous voudriez acheter un avion d'eux autres? Ils ne seront plus là!" Alors, ça ne nous aide pas. »

Legault plaide pour une nouvelle négociation

À l'occasion d'une rencontre qui a duré près de deux heures vendredi matin, François Legault a tenté de convaincre le PDG de Bombardier, Alain Bellemare, de renégocier l'entente Québec-Bombardier.

En impromptu de presse à la suite de cette rencontre, Le chef de la CAQ a expliqué qu'il avait réclamé en outre trois garanties de la part de Bombardier :

  • le maintien du siège social de Bombardier au Québec;
  • le maintien d'un plancher d'emplois au Québec, soit les 17 000 qui existent actuellement, dont 2000 rattachés à la C Series;
  • la nécessité de trouver une solution pour les 1800 travailleurs qui ont perdu leur emploi chez Aveos, sous-traitant qui s'occupait de l'entretien des appareils.

En ce qui a trait à Aveos, François Legault dit comprendre « l'importance [pour Bombardier] d'aller chercher une commande de 45 appareils de la C Series chez Air Canada ».

Mais on ne peut pas, en échange, « sacrifier 1800 employés », plaide-t-il.

« Personne n'est naïf », affirme M. Legault, qui croit qu'Air Canada a acheté 45 avions de Bombardier parce que, entre autres raisons, « le gouvernement du Québec, M. Couillard, s'est engagé à laisser tomber la poursuite ». Cette poursuite, rappelons-le, avait été intentée en 2012 par Québec contre Air Canada après la faillite d'Aveos.

Québec avait poursuivi Air Canada en soutenant que le transporteur contrevenait alors à la loi constituante de 1988, qui autorisait sa privatisation, mais qui l'obligeait également à garder des centres d'entretien notamment à Winnipeg et dans la Communauté urbaine de Montréal. Le gouvernement de Philippe Couillard a annoncé qu'il renonçait à cette poursuite le 17 février dernier.

Le premier ministre Couillard a répété qu'un litige devant les tribunaux ne créait pas d'emplois. Aux yeux du premier ministre, il y a lieu d'abandonner la poursuite si le transporteur achète des appareils C Series de Bombardier et met sur pied un centre d'entretien lourd pour ses appareils au Québec.

« La seule façon de conserver les emplois de l'aéronautique à Montréal, de faire croître l'industrie aéronautique à Montréal, c'est de confirmer les commandes pour la Série C », avait soutenu Philippe Couillard.

Bombardier Transport

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