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Ce réfugié syrien s'est fabriqué un véhicule avec des débris

22/02/2016 03:06 EST | Actualisé 22/02/2016 03:43 EST

Muhamad Harb est incapable de marcher, mais il peut maintenant se déplacer librement à travers le plus grand camp de réfugiés de la Jordanie.

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Harb, un réfugié syrien qui vit présentement au camp Zaatari en Jordanie, a trouvé une façon de fabriquer une chaise roulante avec des rebuts.

Le père de sept enfants âgé de 44 ans a une maladie génétique qui l’empêche de marcher. Deux de ses enfants ont un handicap similaire. Lorsque la guerre a éclaté à Deraa, une ville dans le Sud-ouest syrien, Harb a fui avec sa famille en Jordanie.

Le camp de Zaatari

Des millions forcé d’abandonner leurs domiciles à cause du conflit syrien, 80 000 ont fini dans le camp de réfugiés de Zaatari, situé sur un lot de trois milles carré dans le désert jordanien. Il y a 635 000 réfugiés en Jordanie, pesant lourdement sur la santé, l’éducation et les emplois. Le roi Abdallah de Jordanie a dit que l’afflux de réfugiés a mené le pays à un « point d’ébullition ».

Harb se rappelle des premières manifestations contre le président syrien Bachar Assad. « Comme la plupart des gens de Daraa, j’ai participé à des manifestations pacifiques réclamant le renversement d’un régime qui a répondu en nous fusillant et en bombardant nos quartiers », a-t-il dit.

En se fiant maintenant à ses connaissances apprises à l’école, Harb s’est bricolé une chaise roulante de fortune. Fonctionnant comme une auto, ça lui permet de se déplacer facilement à travers le camp, de transporter du matériel essentiel à la famille et d’emmener ses enfants à l’école.

Il a dit au Huff Post Arabie que le matériel utilisé pour construire son véhicule était littéralement de la « scrap ». Harb a obtenu beaucoup d’aide des occupants du camp. « Mes amis n’ont pas hésité à m’aider à compléter mon véhicule. Ils m’ont toujours invité à le compléter », raconte-t-il.

In Zaatari, le plus vaste camp de réfugiés en Jordanie, les réfugiés démontrent souvent un désir d’être créatifs; ils ont fabriqué leurs propres meubles et décoré leurs caravanes.

Considérant que les dons de nourriture reçus n’étaient pas suffisants pour sa famille, Hars a décidé de trouver une source de revenus. Il a commencé à travailler comme revendeur au marché du camp ZaatAri et a finalement réussi à y ouvrir un petit stand.

Il dit qu’il a eu beaucoup de support de son fils aîné. « Mon fils a été présent à toutes les étapes. Sans lui, je n’aurais jamais réussi à partir ma propre affaire.»

Son nouveau travail lui a permis de rencontrer des gens dans le camp et d’avoir de riches conversations – souvent sur l’art et le théâtre.

Trouver des personnes partageant les mêmes idées que lui l’a poussé à se remémorer l’époque où il travaillait dans un théâtre, en Syrie.

« Je ne suis pas nouveau dans le monde de l'art et le théâtre. Ma passion pour le domaine a commencé quand j’étais à l'école. J'étais membre d’une troupe de théâtre pour personnes handicapées. J’ai produit beaucoup de travail à l'époque », dit-il.

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Dans une tentative d’instaurer l’art à Zaatari, Harb a écrit et produit une pièce intitulée « Against All Odds » (contre toute attente). Elle a été présentée à Zaatari avant d’être jouée dans la capitale jordanienne, à Amman.

Un groupe de 25 personnes, incluant certains handicapés, ont produit et performé Against All Odds. « Ce n’est pas tous les membres de la communauté qui sont intéressés par le jeu et le théâtre. Il y en a qui sont plus intéressés par la musique. D’autres excellent en poésie et en écriture.»

« La diversité artistique du groupe nous a permis de présenter plus de spectacles et de participer à différents événements culturels à l’intérieur et à l’extérieur du camp», ajoute-t-il.

zaatari refugee camp

Cet article initialement publié sur le Huffington Post Arabi a été traduit de l’arabe.

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