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David Cameron face à son premier obstacle de taille: Boris Johnson, maire de Londres

21/02/2016 03:57 EST | Actualisé 21/02/2016 03:57 EST

Le Premier ministre David Cameron a surmonté les premiers obstacles de la course pour maintenir le Royaume-Uni dans l'UE, décrochant un accord à Bruxelles et resserrant les rangs de son gouvernement, mais se retrouve à présent face à celui posé par le populaire maire de Londres.

Le charismatique Boris Johnson a annoncé dimanche qu'il ferait campagne pour un Brexit (British exit ou sortie de l'UE), compliquant ainsi la tâche de M. Cameron sur son long chemin vers un référendum le 23 juin qui décidera de l'appartenance du pays à l'UE.

"Politiquement, (David Cameron) a donné le meilleur dont il soit capable avec les pays membres de l'UE", dit à l'AFP John Springford, chercheur au think tank européen CER.

Le Premier ministre conservateur a obtenu vendredi de ses pairs européens une série de réformes renforçant le statut à part de la Grande-Bretagne dans l'UE.

De retour à Londres samedi pour vendre son accord à ses ministres, M. Cameron a reçu un soutien de poids, celui de Theresa May, sa ministre de l'Intérieur, eurosceptique notoire, qui s'est rangée dans le camp du Oui au maintien dans l'UE.

- Le premier coup dur -

Mauvaise surprise en revanche: son ami personnel, le ministre de la Justice Michael Gove, l'a lâché. Cinq autres ministres sur 22 et une secrétaire d'Etat se sont rangés dans le camp du Brexit.

Mais somme toute, les poids lourds du gouvernement ont mis un mouchoir sur leur euroscepticisme, comme le ministre des Affaires étrangères Philip Hammond ou de la Défense Michael Fallon.

Le premier coup dur est venu du bouillonnant maire de Londres, qui ambitionne de succéder à David Cameron. Sa popularité va donner du lustre à la campagne pro-Brexit, animée jusqu'ici par des responsables politiques plutôt marginalisés comme Nigel Farage, chef du parti anti-immigrés Ukip, ou George Galloway, ex député pro-palestinien.

Son entrée en campagne pour un Brexit va compliquer la tâche de M. Cameron, estiment les analystes.

Quant à l'accord négocié à Bruxelles, il a été accueilli avec scepticisme ou sans enthousiasme, mais peu importe car il va jouer un rôle mineur dans la campagne du référendum, s'accordent à dire les experts.

"La renégociation n'a pas abouti à grand chose, et l'accord ne va pas contribuer à convaincre qui que ce soit", estime John Springford. "Il ne changera pas les positions de ceux qui sont pour ou contre le maintien dans l'UE. Et les indécis se décideront sur de grandes questions comme l'économie et la sécurité", ajoute-t-il.

- éviter un Brexit hasardeux -

"Je doute que qui que ce soit vote sur cette base", renchérit Anand Menon, professeur de politique européenne au King's College de Londres. "Le 23 juin, personne ne parlera plus des détails de l'accord". Selon lui, il a surtout servi à M. Cameron "à convaincre un nombre significatif de ses députés de rester loyaux".

Le leader conservateur, qui veut à tout prix éviter de passer à la postérité comme le chef de gouvernement ayant plongé le pays dans un Brexit hasardeux, a aussi le soutien des milieux d'affaires de la City, et, ironie de la situation, du parti d'opposition travailliste.

Son leader Jeremy Corbyn, tout en raillant l'accord décroché par M. Cameron ("du pur spectacle") s'est engagé à faire campagne pour le Oui.

Pour l'hebdomadaire The Economist, l'Europe intéresse dans le fond peu les électeurs et le scrutin se jouera essentiellement autour de "la personnalité et les capacités de M. Cameron (...) Si le vote semble tendre vers le Oui, c'est parce qu'il reste relativement apprécié et respecté", estime le journal, en insistant sur le terme "relativement".

John Springford voit lui encore deux écueils possibles pour M. Cameron, outre Boris Johnson: "une nouvelle crise dans l'Union européenne", soit sous la forme d'une nouvelle vague de réfugiés arrivant au printemps, soit une nouvelle tension sur l'euro avec le paiement attendu d'une tranche de la dette grecque début juin.

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