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Un Indien a-t-il été tué par une météorite? Probablement pas!

19/02/2016 03:49 EST | Actualisé 19/02/2016 03:57 EST
PaulFleet via Getty Images
Illustration of a comet flying through space close to the earth

Des médias du monde entier ont rapporté l’histoire : un chauffeur d’autobus est mort en Inde, supposément après qu’une météorite soit tombée sur un campus universitaire. Vraiment ?

Ce dont on est sûr : Un homme est mort des suites d’une explosion

Le samedi 6 février, une mystérieuse explosion a tué un homme de 40 ans et blessé trois personnes sur un campus dans le sud de l’Inde. Des témoins ont entendu un gros boum et vu un objet tomber du ciel. Les vitres d’un bâtiment et de plusieurs véhicules ont éclaté, de même qu’un réservoir d’eau en plastique. On a retrouvé un cratère (environ 1,5 mètre de diamètre) et un fragment de roche bleu-noir (pesant entre 11 et 50 grammes, selon les articles).

Chose certaine, le chauffeur d’autobus décédé samedi n’a pas été frappé directement par une météorite, mais atteint mortellement par les débris de plastique du réservoir d’eau.

Ce qu’on ignore encore : La réelle cause de l’explosion

La police locale a d’abord cru que des explosifs utilisés pour des travaux de construction à proximité étaient à l’origine de l’explosion, mais les chiens-renifleurs et une équipe spécialisée n’ont trouvé aucune trace d’explosifs.

Qui a parlé d’une météorite ?

C’est la première ministre de l’État du Tamil Nadu qui a déclaré dimanche que la mort de l’homme avait été causée par une météorite. C’est l’hypothèse retenue par la police locale. Un scientifique (qui n’est pas nommé dans l’article) de l’Institut national de physique a visité le site et souligné que le fragment pouvait ressembler à une météorite. Il était dans la région pour enquêter sur un événement similaire survenu le 26 janvier. Un objet s’est écrasé dans une rizière, sans faire de victime.

Pourquoi tout le monde s’énerve ?

Les médias indiens, puis de la planète entière, se sont emparés de l’histoire, car si elle était confirmée, il s’agirait du premier décès attesté causé par une météorite. Heureusement, plusieurs médias ont mis des nuances dans leurs titres, car selon plusieurs experts, la thèse de la météorite est improbable.

  • Les pluies de météores sont habituellement prévisibles à l’avance et on observe alors plusieurs étoiles filantes, pas un seul objet qui tombe isolément. L’objet retrouvé — le fragment de roche bleu-noir — pourrait être plutôt un débris de fusée ou de satellite.
  • Selon un responsable de la NASA cité mercredi dans le New York Times, la taille du cratère observé « aurait requis une météorite d’au moins plusieurs kilos ».

L’enquête ses experts indiens se poursuit. Vendredi 12 février, des géologues du Collège National de Trichy ont annoncé que d’autres petits fragments retrouvés sur place et examinés au microscope électronique seraient des météorites de type « chondrite carbonée ». Une autre équipe, de l’Institut indien d’astrophysique à Bangalore, prévoit publier sous peu une analyse chimique de la roche.

Le risque d’être tué par une météorite au cours de notre vie ?

On l’estime à 1 sur 700 000. Ce risque correspond à celui de mourir dans un accident de montagnes russes ou dans l’explosion d’un feu d’artifice. Les décès par chute de météorites sont extrêmement rares. En fait, on n’a pas de preuves solides que quelqu’un ait déjà été tué par un impact de météorite.

Comme le souligne Le Monde : « Aucune mort provoquée par une météorite n’a jusqu’à présent été officiellement recensée. L’équipe du International Comet Quarterly tient une liste, le dernier cas remonte à 1825 et est incertain. Il y a eu des incidents, puisque des milliers de météorites de taille variable s’écrasent sur la planète tous les ans. Mais aucun n’a été fatal pour un être humain. Même lorsqu’une immense boule de feu s’est disloquée au-dessus de la toundra russe, le 15 février 2013, plus de 1 500 personnes, dont 300 enfants, ont été légèrement blessées, mais personne n’en est mort. »

Il faut dire que lorsqu’une météorite s’écrase, elle a plus de chances de tomber dans l’océan ou en région isolée, car les zones densément peuplées ne représentent qu’une toute petite surface de la Terre, souligne l’astrophysicien Simon Goodwin dans The Guardian.

- Raphaëlle Derome

Cette nouvelle est tirée du site de l'Agence Science Presse.

L'intérieur des météorites

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