POLITIQUE

Aide à mourir : « prématuré » d'imposer une ligne de parti, dit le gouvernement Trudeau (VIDÉOS)

19/02/2016 05:59 EST | Actualisé 19/02/2016 06:03 EST

OTTAWA – Les libéraux semblent reculer à propos de l’imposition de la ligne de parti sur le projet de loi entourant l’aide médicale à mourir.

Après avoir laissé entendre que tous ses députés devaient voter en faveur de l’aide médicale à mourir, le gouvernement Trudeau affirme qu’il est trop tôt pour prendre une décision finale avant la fin des consultations.

dominic leblanc

Dominic Leblanc avait dit la semaine dernière que tous les députés devaient voter en faveur du futur projet de loi. (Photo : La Presse Canadienne)

« Il est prématuré de prendre une position maintenant parce que le rapport du comité n’est pas sorti et on n’a pas de projet de loi », a indiqué le bureau du premier ministre.

En entrevue avec le Globe and Mail, le leader du gouvernement, Dominic Leblanc, a expliqué qu’il y aurait une discussion au sein du caucus après la dépôt du rapport du comité sur l’aide médicale à mourir et l’élaboration du projet de loi.

Il n’exclut pas totalement d’imposer la ligne de parti, puisque la décision finale sera reportée à ce moment-là.

Pendant la campagne électorale, Justin Trudeau a promis que ses députés pourraient voter librement sur toutes les questions sauf sur tout ce qui touche « nos valeurs communes et les protections garanties par la Charte des droits et libertés ».

L’avortement, par exemple, était une condition sine qua non pour les nouveaux candidats libéraux pendant la dernière élection fédérale.

Or, l’aide médicale à mourir entre aussi dans la catégorie des droits fondamentaux dictés par la Charte des droits et libertés, a déclaré le gouvernement Trudeau. Une décision qui n’a pas fait le bonheur de ses députés.

Le député libéral John McKay a déjà exprimé des réserves quant à l’aide médicale à mourir. Ses collègues Wayne Easter et Larry Bagnell ont dit qu’ils voulaient voir le projet de loi avant de faire leur choix.

Tous les partis d’opposition laisseront leurs députés voter selon leur conscience. Le chef du NPD vanté le modèle québécois dans ce dossier.

« Je crois qu’une des choses qui a fonctionné au Québec, c’est qu’on a voté le vote libre. Dans l’ensemble, ça représentait un consensus québécois en faveur de la loi qui est maintenant en vigueur au Québec », a-t-il dit plus tôt cette semaine.

Le député conservateur Gérard Deltell est revenu à la charge lors de la période de questions, vendredi, pour questionner le gouvernement Trudeau à propos de la ligne de parti imposée sur la « délicate question de l’aide médicale à mourir ».

« M. le Président, j’en appelle au gros bon sens et au respect de la parole donnée par les membres du Parti libéral. Est-ce qu’ils vont permettre, oui ou non, aux députés de voter selon leur conscience? » a-t-il demandé.

Le gouvernement Trudeau a jusqu’au 6 juin pour légiférer pour l’aide médicale à mourir. En attendant, la Loi concernant les soins de fin de vie est en vigueur au Québec.

- Avec les informations d'Althia Raj

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Fin de vie: ce qu'autorisent les pays européens