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Santé mentale des enfants : tout le monde a un rôle à jouer, selon Sophie Grégoire (ENTREVUE)

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Mère de trois jeunes enfants, Sophie Grégoire sait à quel point la santé mentale est un élément crucial de leur développement. C’est pourquoi elle s’assure de maintenir le dialogue à ce sujet, de concert avec le premier ministre du Canada.

Xavier, Ella-Grace et Hadrien Trudeau sont sous les feux des projecteurs depuis l’assermentation de leur père, le 4 novembre dernier. Le cap des 100 premiers jours franchi, Sophie Grégoire se dit rassurée de voir à quel point ses enfants composent bien avec la frénésie des médias.

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La famille Trudeau marche vers Rideau Hall pour l'assermentation (Photo: La Presse Canadienne)

« Oui, c’est sûr que j’essaie de les protéger au maximum. Mais en même temps, je ne veux pas être trop mère poule, puis trop les encadrer. J’essaie de trouver un équilibre dans tout ça », a-t-elle dit dans une entrevue avec le Huffington Post Québec.

L’épouse du premier ministre ne s’en cache pas : elle a souffert de boulimie dans les années 90. Elle a raconté, lors d’un entretien avec Mitsou, avoir souffert de solitude au point où elle se faisait vomir dans les toilettes au cégep.

Justin Trudeau, lui, parle ouvertement de la dépression bipolaire de sa mère Margaret. Mais il était difficile de trouver les mots justes pour en parler dans les années 70, a-t-il confié pendant une émission spéciale pour la Journée Bell Cause pour la cause.

Ce n’est que lorsqu’il était dans la vingtaine que l’actuel premier ministre a fait le lien entre la maladie mentale de sa mère et ses difficultés familiales à l’époque. Margaret Trudeau a publiquement levé le voile sur sa bipolarité il y a quelques années et s’est faite la porte-parole de la maladie depuis.

"Je pense qu’on envoie tous à notre manière un message par rapport à l’image qu’on a de nous-mêmes"


Parce qu’on est en 2016, c’est sans tabous que le couple Grégoire-Trudeau parle de santé mentale avec ses enfants. Malgré un train de vie occupé, ils tentent toujours de trouver le temps d’avoir des « conversations qui peuvent parfois rendre un peu mal à l’aise ».

Tout le monde a un rôle à jouer dans l’estime de soi des enfants, poursuit Sophie Grégoire, en entrevue. Les actions et les paroles de l’entourage peuvent influencer même les tout-petits.

« Je pense que les actions posées par les gens qui entourent ces enfants-là – que ce soit des professeurs, des mentors, un oncle, une tante, des amis proches, des parents, les frères, les sœurs – je pense qu’on envoie tous à notre manière un message par rapport à l’image qu’on a de nous-mêmes. »

Elle donne l’exemple de sa fille Ella-Grace qui feuilletait un beau jour un magazine de mode avec ses amies. Les pointant du doigt, elle qualifiait les mannequins de jolies – ou pas.

Sophie Grégoire dit avoir tout de suite réagi. « Ella-Grace est tellement remplie d’empathie et de compassion. Elle ne juge pas beaucoup, alors quand elle a sorti ça, j’ai fait : "Oh OK". On en a tout de suite parlé. »

En tant que maman bien occupée, elle ne peut pas tout contrôler ce qui se dit à la maison ou à l’école. Mais elle a fait comprendre à sa fille que ses paroles auraient pu être blessantes pour d’autres personnes.

« Ce sont des conversations qu’on a régulièrement avec nos enfants, indique-t-elle. Il faut s’ouvrir à l’autre pour voir où sont ses peines, où sont ses faiblesses. Je pense qu’ils le vivent un petit peu à travers l’aventure dont ils font partie, bien malgré eux. »

« Ce que j’essaie le plus de faire avec mes enfants, c’est inculquer une notion de respect envers soi-même. Ils sont jeunes, mais ils développent déjà la notion que s’ils travaillent assez fort, s’ils sont courageux, s’ils prennent soin d’eux-mêmes, s’ils connaissent leurs limites, ils sont capables d’accomplir ce qu’ils veulent. »

Celle qui a été porte-parole pour l’organisation Anorexie et boulimie Québec croit qu’il devrait y avoir plus d’initiatives afin de prévenir et d’éduquer la population dès un jeune âge pour mettre fin à la stigmatisation des maladies mentales en général.

Elle déplore aussi les problèmes « structurels » auxquels font face les centres de traitement pour les troubles alimentaires, précisant que le système de santé relève de la compétence provinciale.

« Au niveau des lits pour les anorexiques dans les hôpitaux, au niveau des jeunes filles qui doivent être en thérapie… il manque de places, il manque de lits », s’indigne Sophie Grégoire.

"Nos enfants sont évidemment nos trésors. On prend soin de leur corps, on prend soin de leur sommeil, on prend soin de leur nutrition et on est responsables de la santé de leur cerveau aussi!"


Si la première dame canadienne a fait des troubles alimentaires son cheval de bataille, son homologue américaine, Michelle Obama, s’affaire plutôt à faire la promotion d’une saine alimentation et de la santé physique.

« Je vois un rôle extrêmement étroit [entre mes causes] et la discussion que Mme Obama essaie d’avoir avec les Américains. Ça m’inspire énormément et j’ai bien hâte de la rencontrer! » a confié l’épouse de Justin Trudeau.

Le couple Grégoire-Trudeau aura droit à une visite officielle et un dîner d’État organisé à la Maison-Blanche, le 10 mars.

Bien qu’elle soit mariée au premier ministre, Sophie Grégoire précise qu’elle n’est pas politicienne. Elle a toutefois l’intention d’utiliser sa visibilité pour rejoindre le plus de gens possible et continuer à marteler son message d’acceptation de soi sur toutes les tribunes dans les quatre prochaines années.

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Justin Trudeau, Sophie Grégoire et leur fils Hadrien pendant la campagne électorale. (Photo La Presse Canadienne)

« Nos enfants sont évidemment nos trésors. On prend soin de leur corps, on prend soin de leur sommeil, on prend soin de leur nutrition et on est responsables de la santé de leur cerveau aussi! » fait-elle valoir.

« Comme maman ou comme femme, juste de penser qu’un enfant souffre, je ne suis pas capable. Si je pouvais, je les sauverais tous! »

La série sur la Santé mentale des enfants (Young Minds Matter) est une nouvelle initiative du Huffington Post destinée à ouvrir un débat sur la santé mentale et émotionnelle des enfants, de sorte que les plus jeunes se sentent aimés, appréciés et compris.

À cette occasion, son Altesse Royale la duchesse de Cambridge est rédactrice en chef invitée. Nous allons discuter des problèmes, des causes et surtout des solutions face à la stigmatisation entourant la santé mentale chez les enfants.

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