POLITIQUE

Investissements au Québec: «Il ne faut pas être misérabilistes», dit Philippe Couillard

29/01/2016 05:45 EST | Actualisé 29/01/2016 05:45 EST
KENZO TRIBOUILLARD via Getty Images
Quebec Prime minister Philippe Couillard gives a press conference following his meeting with French Prime Minister at the Hotel Matignon in Paris, on March 6, 2015. AFP PHOTO KENZO TRIBOUILLARD (Photo credit should read KENZO TRIBOUILLARD/AFP/Getty Images)

QUÉBEC _ Il faut se garder d'afficher une attitude "misérabiliste" en matière économique, car les choses vont bien au Québec malgré un contexte difficile, selon le premier ministre Philippe Couillard.

Quoi qu'on dise, le niveau d'investissement au Québec demeure intéressant, a-t-il ajouté lors d'une mêlée de presse, vendredi, en marge d'une activité de financement du Carnaval de Québec où il était l'un des orateurs invités.

"On veut plus d'investissements, mais il ne faut pas commencer à être misérabilistes. On a quand même un niveau d'investissement intéressant, dans un contexte économique difficile", a-t-il fait remarquer, pour secouer l'optimisme des troupes.

"L'investissement existe. Je reviens de Davos (au Forum économique mondial) avec près d'un demi-milliard $ d'investissements. Les gens veulent venir investir au Québec", selon lui.

Il semble quand même qu'il faille nourrir des attentes modestes du côté des PME québécoises. Selon un sondage de la Banque de développement du Canada (BDC) effectué auprès de 4000 dirigeants de PME à travers le pays et rendu public cette semaine, on apprenait que les dirigeants de PME québécoises ne prévoyaient pas investir davantage en 2016 qu'en 2015. Ils identifiaient leur manque de confiance dans l'économie et le manque d'aide gouvernementale pour justifier leur prudence.

Au total, ils comptent investir 12 milliards $ en 2016, soit l'équivalent de 2015.

L'économie est en train de se transformer "excessivement" rapidement et le Québec ne doit pas rester les bras croisés, mais au contraire initier le changement, a dit le premier ministre au lendemain d'un remaniement de son cabinet.

"On ne pourra pas juste rester assis sur le bord de l'autoroute et regarder les véhicules passer. Il faut qu'on soit nous-mêmes dans le changement, dans l'innovation, dans la décarbonisation, dans le numérique. On a tout ce qu'il faut au Québec pour prendre ce virage-là et c'est ce qu'on va faire", a-t-il indiqué, alors qu'il était invité à préciser les changements à venir pour stimuler la croissance économique, à la suite du remaniement de son cabinet la veille.

L'innovation à la suédoise semble être un modèle à suivre. Le premier ministre s'est dit impressionné par l'orateur qui le suivait sur scène, le président d'IKEA Canada, Stefan Sj?strand, venu raconter la recette du succès de son entreprise.

"On n'a pas besoin de faire Silicon Valley pour innover. On est capable de penser à des problèmes simples que vivent les gens et apporter des solutions simples", a dit M. Couillard.

Malgré une croissance économique plus faible que prévu au Québec et un taux de chômage qui demeure élevé, à près de 8 pour cent, il a dit maintenir l'objectif de son gouvernement de créer 250 000 emplois avant la fin du présent mandat, en 2018.

Cet objectif "est encore tout à fait possible mathématiquement", selon lui.

Dans un autre ordre d'idées, M. Couillard a réagi aux propos du premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, qui s'offusquait de voir des voix s'élever contre le projet Énergie Est de TransCanada visant à construire un oléoduc qui traverserait le Québec, alors que cette province reçoit des milliards $ par année en péréquation, notamment grâce au pétrole de l'Ouest.

"C'est pas parce que tout le monde ailleurs a dit non que nous on est obligés de dire oui. On a notre indépendance de décision", a dit M. Couillard, en ajoutant qu'il n'était pas question d'accepter de tracer un lien "entre le fait de recevoir de la péréquation et une quelconque obligation d'accepter ce projet-là".

Par ailleurs, M. Couillard a fermé la porte à l'idée de remettre en question l'existence des cégeps. Le nouveau ministre de l'Éducation, Pierre Moreau, avait évoqué l'idée de faire un débat sur l'avenir des cégeps, au moment où il était candidat au leadership du Parti libéral du Québec, en 2013.

"Les cégeps vont demeurer, a assuré le premier ministre. On va les soutenir dans toute leur mission, notamment celle de la formation professionnelle, également les autres missions, notamment leur présence en régions comme acteurs socio-économiques majeurs."

En parlant du ministre Moreau, il a ajouté: "Pierre est tout à fait d'accord avec ça".

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Le Conseil des ministres de Philippe Couillard