POLITIQUE

Le quotidien «Le Devoir» a un nouveau directeur, le journaliste et professeur Brian Myles

18/01/2016 01:34 EST | Actualisé 19/01/2016 05:25 EST
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Après plusieurs mois de suspense, le quotidien Le Devoir a finalement annoncé lundi après-midi l'embauche du nouveau directeur: Brian Myles, ex-reporter du journal et professeur à l'UQAM.

Brian Myles remplace ainsi Bernard Descôteaux, qui a occupé le poste de directeur du Devoir pendant presque deux décennies. Le 12 août dernier, il avait annoncé son départ prochain à la retraite. « Au cours de ces 17 années à la tête du Devoir, j’ai tenté avec mes collègues de la direction de porter plus loin cette entreprise tout en préservant sa spécificité de journal indépendant qui se consacre à une information de qualité», avait-il déclaré à ce moment.

En terrain connu

Brian Myles, qui lui succède, a travaillé plus de 20 ans au quotidien d'information et avant de quitter l'été dernier pour devenir professeur titulaire à l'École des médias de l'Université du Québec à Montréal. «L'École des médias m'offre la chance de former la relève, et de poursuivre une carrière de journaliste pigiste. Le meilleur des deux mondes», avait-il déclaré sur son compte Twitter.

«Il n’est pas exagéré de dire que le directeur du Devoir accompagne, historiquement, les Québécois dans leur émancipation politique, sociale, économique, culturelle et linguistique. C’est un immense honneur d’avoir été choisi comme le nouveau gardien de cette tradition d’excellence qui se perpétue depuis maintenant 106 ans », a confié Brian Myles au moment de l’annonce de sa nomination.

Le journaliste né à Trois-Rivières s'intéressait aux affaires policières, municipales et judiciaires. Il a d'ailleurs participé à la couverture de la commission Gomery et la commission Charbonneau. Celui qui a été président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec de 2009 à 2013 entrera en poste le 8 février prochain.



Surprise positive et recrutement opaque

Les employés du Devoir ont accueilli très positivement l'annonce, a confirmé le président du syndicat, Guillaume Bourgault-Côté. En plus d'être un journaliste «rigoureux et crédible», Brian Myles est selon l'équipe du quotidien une personne ayant une «profonde connaissance des médias», un atout indispensable pour aider le Devoir à conserver sa place dans un monde médiatique en profond changement.

«Brian a livré un discours très touchant, qui transmettait son amour du journal et son désir de faire perdurer la puissance de cette institution», a raconté M. Bourgault-Côté, en entrevue avec le Huffington Post Québec. Malgré toutes ses qualités, Brian Myles ne détient pas beaucoup d'expérience en gestion, a toutefois souligné le porte-parole syndical, disant avoir hâte d'en savoir plus sur le plan précis du nouveau directeur.

Le recrutement du nouveau directeur a été long et opaque, déplore le syndicat du Devoir. Le processus date de 1928, a expliqué Guillaume Bourgault-Côté, et il consiste à déléguer à déléguer à huit personnes la responsabilité de recruter (certains individus font partie du conseil d'administration, d'autres de fiducies liées au quotidien). «Ça se passe en vase clos [...] à mon avis ce processus doit être revu afin qu'il implique des membres de la salle de rédaction et du public aussi», a-t-il fait valoir.

Une chute brutale des revenus

Fondé en 1910 par Henri Bourassa, Le Devoir vit en ce moment une crise financière liée à la chute brutale des revenus publicitaires. Il s'agit du seul quotidien indépendant au Québec. Le tirage du journal est de 26 000 la semaine et de 50 000 le samedi.

Le Devoir mène en ce moment une offensive marketing afin de susciter les dons du public et de divers groupes.

«Si aujourd’hui il lui faut s’adapter à un environnement économique et technologique en mutation, Le Devoir demeure un outil d’information et un lieu de débats plus essentiel que jamais» -Bernard Descôteaux, ex-directeur du journal le Devoir


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