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5 questions pour comprendre la chute du dollar canadien

14/01/2016 07:40 EST | Actualisé 14/01/2016 07:40 EST

Le dollar canadien s'est échangé cette semaine à moins de 70 ¢US, une première fois en près de 13 ans. Quelles seront les conséquences de cette baisse sur l'économie du pays?

1. À quel point cette baisse est-elle historique?

Au cours des trois dernières années, le huard a perdu 30 ¢ par rapport au billet vert. Il s'agit de l'une des baisses les plus importantes de la devise canadienne, mais pas la plus importante.

La plus faible valeur du dollar canadien a été enregistrée en janvier 2002, à 61,79 ¢US. Son sommet a été atteint en novembre 2007, à 110,3 ¢US.

2. La faute au pétrole?

Depuis l'été 2014, le huard a perdu de sa valeur essentiellement en raison de la baisse du prix du pétrole, explique Hendrix Vachon, économiste pour Desjardins. La vigueur de l'économie américaine, qui a entraîné deux hausses du taux directeur de la Réserve fédérale américaine (Fed), ainsi que la sous-performance de l'économie canadienne en 2015 ont aussi contribué à la baisse du dollar canadien, ajoute-t-il.

3. Quels risques pour le consommateur?

Panier d'épicerie

 Photo :  Radio-Canada

Un dollar canadien faible augmente la facture des importations. À terme, pour les consommateurs, le prix de certains produits importés, comme les fruits et légumes, les vêtements et les appareils électroniques, pourrait augmenter.

L'inflation risque donc d'être un peu plus forte, explique Hendrix Vachon.

D'autres dépenses pourraient coûter plus cher, notamment les voyages aux États-Unis.

4. Une bonne ou une mauvaise nouvelle pour l'économie canadienne?

La baisse du dollar est positive pour les industries exportatrices, qui sont ainsi plus compétitives sur la scène internationale. Si ces entreprises vont bien, elles pourront contribuer à la création d'emplois. C'est le cas notamment pour l'industrie de l'automobile en Ontario. L'effet est d'autant plus important lorsque l'économie américaine, principal marché d'exportation de produits canadiens, se porte bien.

Quant à la baisse des prix du pétrole, elle frappe de plein fouet les provinces dont les revenus sont fortement liés aux redevances sur les matières premières, comme l'Alberta et Terre-Neuve-et-Labrador­.

Dans un contexte où les prix du pétrole sont faibles et où l'industrie pétrolière est en difficulté, l'économie canadienne a besoin d'une hausse des exportations. En ce sens, la faiblesse du dollar est positive, explique Hendrix Vachon.

« À court terme, on voit plus les effets négatifs, mais graduellement, les effets positifs vont prendre le dessus. »

— Hendrix Vachon

5. À quoi peut-on s'attendre pour la suite?

La baisse rapide du dollar fait craindre un creux qui pourrait ressembler à celui de 2002, lorsque le dollar s'est échangé à 61,79 ¢US. Mais pour que ce scénario se concrétise, il faudrait que les trois conditions suivantes soient réunies, selon Hendrix Vachon :

  • que le prix du pétrole continue de baisser autour de 20 à 25 $ le baril;
  • que l'économie canadienne se détériore;
  • que les taux d'intérêt continuent de monter aux États-Unis.

« Ce n'est pas le scénario le plus probable à l'heure actuelle », dit l'économiste.

Les faibles prix du pétrole devraient stimuler la consommation et faire fondre les surplus, et la dynamique de l'offre et de la demande devrait alors faire augmenter les prix, ajoute-t-il. À terme, la valeur du dollar canadien pourrait donc augmenter.

Il s'agit du scénario prévu par la Banque Nationale, qui s'attend à ce que dollar canadien augmente jusqu'à 76 ¢US d'ici la fin de l'année. « Le principal risque pour cette prévision, en dehors des prix du pétrole, est la politique de la Banque du Canada qui pourrait être encore assouplie, particulièrement si les prévisions pour l'emploi se dégradent », explique l'institution dans son rapport sur les devises publié en janvier 2016.

Quant à l'incidence des politiques du gouvernement Trudeau, M. Vachon estime qu'un plan important de dépenses pourrait stimuler un peu le dollar, mais qu'il s'agirait d'un effet marginal par rapport au pétrole.

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