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L'Iran arraisonne deux navires américains (VIDÉO)

12/01/2016 07:19 EST | Actualisé 12/01/2016 10:55 EST

L'Iran a appréhendé mardi deux navires militaires américains et leurs dix marins dans ses eaux territoriales et les Etats-Unis s'efforçaient de les récupérer, un incident entre deux pays en plein rapprochement 35 ans après la rupture de leurs relations diplomatiques.

Cet incident dans les eaux très stratégiques du Golfe est survenu juste avant le solennel et ultime discours sur l'état de l'Union devant le Congrès, où le président Barack Obama devait décliner mardi soir ses priorités en matière de politiques intérieure et étrangère, pour sa dernière année à la Maison Blanche.

"Plus tôt dans la journée, nous avons perdu le contact avec deux petits navires militaires qui naviguaient entre le Koweït et Bahreïn", a annoncé à l'AFP un responsable de l'administration américaine.

Quelques heures plus tard, en pleine nuit en Iran, les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime islamique, ont confirmé la saisie de "deux bateaux de guerre américains" avec "dix marins armés" à bord, accusés d'avoir "pénétré dans les eaux territoriales iraniennes", dans le Golfe. Selon cette source officielle iranienne, cela s'est produit mardi à 13H00 GMT, près de l'île Farsi", où l'équipage a été emmené.

"Les passagers américains, neuf hommes et une femme (...) sont en bonne santé", ont assuré les Gardiens de la révolution.

Dès que l'incident a été rendu public en début de soirée aux Etats-Unis, Washington s'est abstenu de jeter de l'huile sur le feu, affirmant que ses marins allaient bien et qu'ils pourraient très vite repartir.

"Nous avons été en contact avec les Iraniens (qui) nous ont assuré qu'ils étaient en sécurité et qu'ils pourront poursuivre leur voyage rapidement", a affirmé sur CNN la directrice de la communication de la Maison Blanche, Jennifer Psaki.

"Nous prenons évidemment très au sérieux une situation comme celle-là et c'est pour cela que nous avons agi très vite", a assuré la responsable américaine. Elle a tenu à préciser que M. Obama n'avait pas prévu de modifier son discours sur l'état de l'Union pour mentionner ce qui s'était passé.

Kerry téléphone à Zarif

Signe toutefois de l'importance de l'incident, le secrétaire d'Etat John Kerry a eu au téléphone son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, a confié à l'AFP un diplomate du département d'Etat, sans rien révéler de la teneur de leur conversation.

L'Iran et les Etats-Unis sont en principe toujours adversaires depuis la rupture de leurs relations diplomatiques en avril 1980 dans la foulée de la Révolution islamique, mais les deux ministres des Affaires étrangères sont en contacts réguliers depuis l'automne 2013 à la faveur des négociations sur le dossier nucléaire iranien.

Ces dernières ont abouti à un accord historique scellé à Vienne le 14 juillet dernier entre les grandes puissances et l'Iran qui vise à garantir que la République islamique chiite ne se dote pas de la bombe atomique, en échange d'une levée progressive et contrôlée des sanctions internationales.

L'accord, qui doit d'ailleurs être mis en oeuvre dans les prochains jours, a mis en rage les alliés traditionnels de l'Amérique, l'Arabie saoudite et Israël notamment, qui y voient l'amorce d'une réconciliation Washington-Téhéran.

Même si l'administration Obama se défend de tout projet de rétablissement des relations diplomatiques avec la bête noire iranienne, elle cherche à ramener un certain "équilibre" au Moyen-Orient, dans l'espoir de régler les guerres de la région et d'abord celle qui ravage la Syrie, analysent des experts.

Les Etats-Unis sont très présents militairement dans la région, leur Ve Flotte siégeant notamment à Bahreïn.

Mais aucune explication n'a été donnée par le Pentagone sur les raisons pour lesquelles les navires se trouvaient dans les eaux territoriales iraniennes. "Nous ne savons pas ce qui s'est passé", a admis un responsable, évoquant un possible "incident mécanique".

Mais "rien n'indique", à ce stade, qu'il s'agisse d'un acte hostile de la part de Téhéran, a assuré un autre cadre de l'administration américaine.

Juste avant le discours sur l'état de l'Union, le dernier du président Obama, son opposition républicaine a tiré à boulets rouges: l'un des candidats à la présidentielle 2016, le sénateur Marco Rubio, a jugé que "l'Iran testait les limites de la détermination de cette administration".

Il a promis que s'il était élu en novembre, il "abrogerait l'accord nucléaire que Barack Obama a signé avec l'Iran".

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