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L'aide humanitaire arrive à Madaya, ville affamée en Syrie

11/01/2016 10:38 EST | Actualisé 11/01/2016 12:01 EST

Des dizaines de camions remplis de nourriture, de médicaments et de couvertures se ont pénétré lundi dans Madaya, la ville syrienne assiégée où la population souffre de famine, a affirmé le Croissant-Rouge syrien.

Cette aide était attendue avec impatience par les 42 000 habitants de cette localité située à 40 km à l'ouest de Damas, qui est encerclée par les forces progouvernementales depuis six mois.

Aide humanitaire à Madaya

Les informations sur une famine dans la ville ont provoqué un tollé international et poussé le régime à autoriser l'accès à Madaya. Médecins sans frontières (MSF) a fait état de 28 personnes mortes de faim depuis le 1er décembre.

L'opération d'aide menée par le Croissant-Rouge syrien et la Croix-Rouge (CICR) concerne aussi deux localités chiites, Foua et Kafraya, qui sont pour leur part encerclées par les rebelles dans la province d'Idleb (nord-ouest).

«Il y a une cinquantaine de camions avec le sigle du Croissant-Rouge syrien qui se dirigent vers Madaya et 21 autres» vers Foua et Kafraya, a indiqué à l'AFP Pawel Krzysiek, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Damas.

Une journaliste de l'AFP a vu les véhicules commencer à se mouvoir dans la matinée après avoir été stationnés au départ de l'autoroute internationale Damas-Beyrouth.

Cette opération a été extrêmement complexe à organiser entre les différents acteurs syriens et internationaux concernés.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU fait parvenir de la nourriture, notamment du lait pour enfants. Le CICR fournit des médicaments en quantité suffisante pour trois mois ainsi que du matériel chirurgical pour soigner les blessés et des couvertures.

Douze enfants tués dans un raid

Ces derniers jours, les réseaux sociaux ont diffusé des photos et vidéos montrant des enfants décharnés à Madaya. Mais les partisans du régime ont nié la gravité de la situation en affirmant qu'il s'agissait de photos truquées.

La ville assiégée est «une prison à ciel ouvert» pour près de la moitié de ses habitants, a affirmé vendredi le directeur des Opérations de MSF, Brice de le Vingne. «Il n'y a aucun moyen d'y entrer ou d'en sortir, juste y mourir».

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), la situation est moins dramatique à Foua et Kafraya qu'à Madaya, car l'aviation du régime a pu y larguer de la nourriture. Le convoi d'aide vers ces deux localités situées à 325 km de Damas doit traverser des territoires tenus par des forces adverses.

La dernière fois que des convois humanitaires ont pu atteindre les villes rebelles de Madaya et de Zabadani ainsi que les localités de Foua et Kafraya remonte au 18 octobre.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit évoquer lundi la situation dans les trois villes à l'occasion de consultations à huis clos à New York, mais aucune décision n'est attendue.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a insisté lundi sur la nécessité que cesse «le calvaire» de ces trois villes. Il y a une «nécessité absolue que la Syrie et la Russie arrêtent leurs opérations militaires contre les populations civiles, et en particulier que cesse le calvaire de Madaya et de toutes les villes syriennes assiégées par le régime», a déclaré M. Fabius.

Après près de cinq ans de guerre, la situation humanitaire est catastrophique en Syrie, où plus de 260 000 personnes ont péri et des millions ont été poussés à la fuite dans le pays ou à l'extérieur.

Au moins 12 écoliers et trois adultes, dont une enseignante, ont été tués lundi dans un raid de l'aviation russe contre une école d'une localité rebelle dans la province septentrionale d'Alep, a affirmé l'OSDH.

«Douze écoliers, leur maitresse et deux autres adultes ont été tués et 20 autres blessés lors d'un raid des avions russes sur Anjara, une localité dans l'ouest de la province d'Alep», selon un niveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Selon l'OSDH, des écoliers et des enseignants figurent parmi les blessés.

Des photos diffusées par un militant sur les réseaux sociaux montrent des petits sacs à dos de couleur couverts de poussière, à côté d'un cahier de calcul et d'un cahier d'anglais ainsi qu'une feuille d'examen de maths éparpillés sur le sol près d'une flaque de sang. Les bancs et tables ont été démolis et le toit de l'école perforé par le projectile.

Selon le militant Mohammad al-Khatib, trois corps sont intacts, mais les autres sont pulvérisés.

La région d'Alep est le théâtre de violents combats entre les forces du régime du président syrien Bachar al-Assad appuyées par l'aviation russe et les rebelles.

Trois autres enfants ont été tués par des roquettes tirées par des rebelles opposés au président Assad sur Achrafiyé, un quartier du nord d'Alep sous contrôle gouvernemental, a indiqué l'agence officielle syrienne Sana.

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