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Agressions sexuelles en Cologne: les suspects pour la plupart d'origine étrangère

11/01/2016 10:25 EST | Actualisé 11/01/2016 10:25 EST

Les autorités allemandes ont annoncé lundi que la quasi-totalité des suspects des violences de la nuit du Nouvel An à Cologne était d'origine étrangère, tout en mettant en garde contre toute stigmatisation alors que des étrangers ont été agressés dans la ville.

Plus de 500 plaintes, dont 40 % pour agressions sexuelles, ont été déposées depuis le 1er janvier. La police a été débordée par les événements qui ont aussi placé la chancelière Angela Merkel et sa politique d'ouverture aux réfugiés dans une position très inconfortable.

«Les personnes qui ont commis ces crimes étaient presque exclusivement d'origine immigrée», a déclaré Ralf Jäger, ministre de l'Intérieur de l'État régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, parlant de «personnes originaires d'Afrique du Nord et du monde arabe».

«En l'état actuel des investigations, il y a aussi parmi les suspects des réfugiés venus chez nous l'année dernière», a-t-il dit, alors que l'Allemagne a enregistré 1,1 million de demandeurs d'asile en 2015.

Il a ajouté que 14 des 19 suspects identifiés à ce jour étaient originaires du Maroc et d'Algérie. Quatre d'entre eux ont été placés en détention provisoire pour les faits du Nouvel An, selon le ministre.

Au total, près d'un millier d'hommes d'origine arabe et d'Afrique du Nord se sont rassemblés la nuit du réveillon du Jour de l'an devant la gare de Cologne, dont «de nombreux réfugiés», a expliqué M. Jäger.

Des heurts y ont éclaté, des agressions notamment sexuelles ont été commises avant que la place ne soit évacuée. Mais la foule a pu s'y rassembler de nouveau et de nouvelles violences ont été perpétrées, selon lui.

Charognards de l'extrême droite

M. Jäger a reconnu dès lors que l'action de la police «avait été inacceptable» et a admis que les autorités n'avaient pas disposé «d'image d'ensemble» des événements avant la matinée du 1er janvier. Le chef de la police de Cologne a été suspendu en conséquence de ses fonctions la semaine dernière.

Le ministre a cependant aussi, lors de la présentation de son rapport lundi devant des élus locaux, mis en garde contre le «danger» de «stigmatiser» les étrangers à la lumière de ces événements.

«C'est ce que font les charognards de l'extrême droite, c'est leur seul argument», a-t-il martelé.

Dimanche soir, six Pakistanais, trois Guinéens, deux Syriens ainsi qu'un homme d'origine africaine dont la nationalité n'a pas été précisée, ont été pris à partie et violentés au cours de quatre agressions distinctes, dans le centre-ville de Cologne.

La presse locale à Cologne parle d'une expédition menée par un groupe de gens cherchant à en découdre avec des étrangers à Cologne après les violences du Nouvel An.

Le rapport de M. Jäger est le premier du genre alors que la police locale de Cologne depuis une semaine s'est distinguée par une communication confuse et très parcimonieuse.

De nombreuses zones d'ombre demeurent: comment les agressions ont-elles pu prendre une telle ampleur sans que la police n'intervienne alors qu'elle était à proximité? Pourquoi a-t-elle attendu plusieurs jours avant d'en révéler l'ampleur? Et les violences étaient-elles planifiées?

Sur ce dernier point, le ministre de la Justice Heiko Maas a déjà tranché. «Quand une telle horde se rassemble pour enfreindre la loi, cela paraît sous une forme ou une autre planifiée», a-t-il dit.

Craintes dans la population

Par ailleurs, lors de la même nuit, Hambourg a également été le théâtre d'actes de violence. Cent-trente-trois plaintes, notamment pour agression sexuelle, sont répertoriées.

Même si rien n'établit à ce jour la culpabilité de réfugiés, les événements de Cologne ont instillé un peu plus le doute dans l'opinion publique sur la capacité du pays à intégrer le million de demandeurs d'asile venus rien que l'an dernier de Syrie, d'Irak, d'Afghanistan ou d'Afrique du Nord.

Quelque 57 % des Allemands redoutent désormais une hausse de la criminalité avec l'arrivée d'autant de migrants, contre 40 % qui ont un avis contraire, selon un sondage de la chaîne RTL.

Dans la soirée de lundi (17 h 30 GMT; 12 h 30 à Montréal), une manifestation contre les réfugiés et contre la chancelière allemande est organisée à Leipzig (est) par la branche locale du mouvement islamophobe PEGIDA, après un rassemblement à Cologne au cours du week-end marqué par des heurts avec la police.

Dans un tel contexte, le slogan volontariste d'Angela Merkel sur les réfugiés - «Nous y arriverons!» - devient de plus en plus inaudible.

La chancelière, qui joue gros à moins de deux ans des prochaines élections législatives, a dû infléchir sa politique d'ouverture au cours du week-end en annonçant une procédure facilitée d'expulsion des demandeurs d'asile enfreignant la loi.

Plusieurs responsables veulent aussi désormais ne plus laisser le choix de la domiciliation aux réfugiés et leur imposer le lieu de résidence afin d'éviter qu'ils se concentrent dans les grandes villes.

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