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Entrevue d'El Chapo par Sean Penn: rien d'illégal, selon un grand avocat

10/01/2016 12:45 EST | Actualisé 10/01/2016 12:46 EST

La rencontre clandestine de l'acteur américain Sean Penn avec le baron de la drogue "El Chapo", dont l'interview est parue samedi dans le magazine Rolling Stone, ne l'expose pas à des poursuites aux Etats-Unis, selon un avocat expert de la défense des journalistes.

"Le simple fait de parler avec lui ne représente aucun risque pénal selon le droit américain", dit à l'AFP Floyd Abrams, avocat du cabinet Cahill Gordon & Reindel à New York, qui a défendu de nombreux journaux et télévisions américaines, notamment des journalistes à qui les autorités demandaient de révéler leurs sources.

Sean Penn n'aurait pas non plus pu être inquiété s'il avait agi comme citoyen privé, dit-il. "Le fait qu'il ait agi comme journaliste, au mieux, l'aidera à montrer qu'il n'était pas impliqué dans une sorte de conspiration avec lui. Ce n'est pas un crime de parler avec quelqu'un. Si (El Chapo) lui a donné de l'argent ou des conseils pour éviter d'être repéré, c'est un autre problème. Mais le seul fait de le rencontrer, de l'interviewer et d'écrire l'article ne suffit pas à justifier une action pénale".

Selon lui, les autorités américaines auraient à la rigueur pu tenter d'interroger Sean Penn pour qu'il révèle le lieu où se trouvait le narcotrafiquant, mais cette question est devenue obsolète avec la capture de Joaquin "El Chapo" Guzman vendredi.

L'avocat n'a pas souvenir d'une affaire où des journalistes américains aient été poursuivis pour avoir interviewé des personnes recherchées.

La question pourrait toutefois revenir en cas de procès, un jour, aux Etats-Unis. La justice pourrait ordonner à Sean Penn de témoigner.

"Si cela arrive, il pourrait bien y avoir un conflit entre le département de la Justice et Penn", note Floyd Abrams.

En attendant, Sean Penn et l'actrice mexicaine Kate del Castillo, qui servit d'intermédiaire pour arranger la rencontre en octobre dernier dans la jungle mexicaine, intéressent les autorités au Mexique. Deux sources du gouvernement fédéral mexicain ont confié à l'AFP dimanche que les autorités souhaitaient les entendre afin de déterminer d'éventuelles responsabilités.

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