NOUVELLES

L'eau, un enjeu majeur pour plusieurs villes en 2016

09/01/2016 08:14 EST | Actualisé 09/01/2016 08:14 EST
Radio-Canada

Plusieurs villes du Grand Montréal auront des défis importants à relever, en ce qui concerne l'eau, en 2016. Parmi ces villes, on retrouve plusieurs championnes de la croissance démographique des dernières années.

Un texte de Francis Labbé

Nous avons contacté plusieurs de ces villes « championnes » de la croissance démographique afin de vérifier si l'eau représentait un défi particulier. C'est le cas pour Mirabel, Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Vaudreuil-Dorion et Laval, entre autres.

Le reportage sur le sujet a été présenté à l'émission Le 15-18.

Vaudreuil-Dorion

En ce moment, à Vaudreuil-Dorion, 200 foyers doivent faire bouillir l'eau avant de la consommer. « Ce sont des secteurs où l'on retrouve des puits artésiens qui ont été contaminés par des bactéries », explique Christian Gendron, directeur du service des eaux à la Ville.

Pour le secteur du Domaine-en-Haut, un parc de maisons mobiles, les discussions entre la ville et les résidents sont au neutre. Selon la Ville, les citoyens refusent de payer la taxe supplémentaire de 1 000$ reliée à l'assainissement des eaux, alors que ces derniers estiment qu'il s'agit d'un service que doit fournir la municipalité.

« Nous avons investi 40 millions dans l'usine d'assainissement des eaux, qui avait atteint la fin de sa vie utile », explique Guy Pilon, maire de Vaudreuil-Dorion. « Nous avons investi aussi 30 millions dans l'usine de traitement des eaux usées. »

Depuis 15 ans, la population de cette ville a pratiquement doublé, passant de 18 500 à 36 800. Pour le maire Pilon, le développement actuel et futur de la ville passait par une plus grande capacité de traiter les eaux. « Les nouvelles résidences ne peuvent utiliser l'eau potable pour arroser leur gazon », ajoute le maire.

Mirabel

L'enjeu de l'eau est tout autre à Mirabel, qui ne possède aucune usine de filtration. « Notre secteur nord est desservi par la ville de Saint-Jérôme et le sud, par Sainte-Thérèse et Rosemère », explique le maire Jean Bouchard.

« Nous avons aussi des secteurs desservis par des puits artésiens, notamment dans nos quartiers plus ruraux. Chaque année, nous recherchons des sources d'eau pour renforcer notre réseau. »

« Nous disposons d'ententes à long terme avec les villes voisines pour nos acqueducs, mais lorsque ces ententes arriveront à échéance, nous craignons que ce ne soit plus difficile. Nous voulons devenir autonomes en matière d'eau potable. C'est l'un de nos plus grands enjeux. »

— Jean Bouchard, maire, Mirabel.

Sainte-Marthe-sur-le-Lac

La ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac visait elle aussi l'autonomie en matière d'approvisionnement en eau potable. Elle a donc décidé de se doter de ses propres puits, au lieu de poursuivre l'association avec l'usine de filtration de la ville voisine, Deux-Montagnes.

« Nous devions assumer la moitié des coûts des travaux d'amélioration de l'usine de Deux-Montagnes, mais nous ne pouvions toucher de subvention pour ces travaux, puisqu'ils se trouvaient à l'extérieur de notre municipalité », raconte la mairesse, Sonia Paulus.

« Mais nous avons eu une petite surprise, poursuit la mairesse. Nous nous sommes aperçus que l'eau de nos puits contenait plus de calcaire que prévu. Il y a aussi un peu de manganèse. D'ici le printemps prochain, nous allons nous doter d'un prétraitement pour notre eau. »

La Ville a emprunté 5,5 millions de dollars pour ce prétraitement, mais ce montant pourra être subventionné par le gouvernement du Québec à hauteur de 85%. Sainte-Marthe-sur-le-Lac a connu l'une des plus fortes croissances démographiques des dernières années dans le Grand Montréal. Sa population est passée de plus de 11 000 personnes en 2011, à plus de 15 000 en 2011.

Laval : surverses et questionnements

À Laval, la situation est différente. Ce n'est pas tant l'alimentation en eau potable qui pose problème, que les surverses lors de crues. Ces surverses entraînent l'eau des égouts pluviaux et sanitaires dans les cours d'eau, en raison de l'incapacité du réseau à traiter toute l'eau lors de pluies torrentielles.

« Corriger la situation coûterait au bas mot 400 millions de dollars, explique le maire, Marc Demers. Nous allons investir plusieurs millions au cours des prochaines années pour tenter de limiter les surverses. »

Par ailleurs, Laval a amorcé une vaste étude pour connaître davantage la consommation d'eau sur son territoire. Des compteurs seront installés dans les usines et les commerces, en plus des appareils de mesure déjà installés un peu partout sur le territoire.

Selon nos informations, ces appareils ont permis de découvrir que beaucoup d'eau à Laval est consommée la nuit. Le service de l'environnement de Laval n'a pas encore d'explication à ce phénomène, mais compte bien trouver réponse à ses questions prochainement.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

Au pays, les Canadiens aiment visiter...