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Un aventurier montréalais sauvé par la marine américaine au large des Bahamas

08/01/2016 09:28 EST | Actualisé 08/01/2016 09:28 EST

Un aventurier montréalais a été sauvé au large des Bahamas par un navire militaire américain. Son voilier était en train de couler, mais l'équipage américain n'a pas hésité à changer de cap en pleine tempête pour aider le Québécois. Radio-Canada a obtenu les images exclusives du sauvetage.

Un reportage de Bahador Zabihiyan

« La veille de Noël, un homme a lancé un appel de détresse, et donc on va devoir le sauver », explique une membre d'équipage du USNS Pathfinder, en se filmant sur le pont de l'imposant navire de la marine américaine. Le sauvetage se passe au large des Bahamas. Les marins américains l'ont filmé durant une vingtaine de minutes, mais il a duré plusieurs heures.

C'est un aventurier montréalais, Éric Valois, qui a lancé l'appel à l'aide. Ce marin d'expérience, qui offre des voyages en voilier aux touristes, se dirigeait seul vers les Bahamas, mais rien ne se passait comme prévu.

Des pirates haïtiens l'ont d'abord attaqué, au début de son voyage, début décembre.

« Il y a eu trois pirates, qui, en pleine nuit, ont essayé de m'aborder. J'ai tout de suite pris des mesures pour ne pas qu'ils puissent monter à bord. Ça a été plutôt facile : ils n'étaient pas très équipés, ils n'avaient pas d'armes à feu, donc j'ai pu les éviter. » — Éric Valois, navigateur montréalais

Quelques jours plus tard, le mât de son voilier de 14 mètres s'est brisé et a endommagé la coque. « Durant cinq jours, j'ai lutté pour maintenir le bateau à flot manuellement, de façon mécanique aussi, avec des pompes », dit-il.

La fatigue a alors commencé à prendre le dessus. « On n'arrive pas, à une personne seule, à maintenir le niveau d'eau au même niveau sans tomber d'épuisement », dit-il.

Sans voile, avec un trou dans la coque et sans moteur

« J'avais un moteur hors-bord [...] et puis malheureusement, le moteur que j'avais acheté il y a quelques années, il a soudainement décidé de ne plus fonctionner », se souvient-il.

Incapable de maintenir son bateau à flot, M. Valois s'est décidé à lancer des appels de détresse en haute mer après cinq jours à la dérive. « Ce sont les appels radio que j'ai émis à des intervalles réguliers qui ont fait que, éventuellement, un bateau de la marine américaine a reçu le message », raconte-t-il.

Si ce bateau militaire américain ne l'avait pas secouru, Éric Valois aurait abandonné son voilier et pris son canot de sauvetage. « Je crois que mes chances de survie n'étaient pas très bonnes, disons, si j'en étais rendu à abandonner le bateau », précise-t-il.

Le naufrage d'Éric Valois au large des Bahamas

Plusieurs bateaux dans le secteur ont ignoré ses appels à l'aide, même si le droit maritime les oblige à porter assistance aux marins en détresse. Le sauvetage s'est effectué en pleine tempête, avec des vagues de plus de cinq mètres et des vents de 70 km/h. Mais le navire militaire, qui fait 100 mètres de long, est très bien équipé, nous dit la marine américaine.

« Ça a été plutôt facile. Quand je suis arrivé à bord, ils m'ont tous agrippé. Ils semblaient plus contents que moi de m'avoir sauvé! » — Éric Valois, navigateur montréalais

Une fois à bord, l'ambiance a été cordiale. Les marins ont même fêté Noël, le 24 décembre. Le capitaine s'est déguisé en père Noël et a offert des cadeaux aux personnes à bord. M. Valois a reçu le chandail officiel du USND Pathfinder.

Repos

Après sept ans et demi sous les tropiques, M. Valois est de retour à Montréal pour se reposer. Il a pu sauver quelques effets personnels, mais son bateau a coulé. « C'était mon gagne-pain, c'était ma maison, c'était tout, alors j'ai tout perdu [...], mais je me compte chanceux d'être en vie », dit le voyageur montréalais.

Mais M. Valois ne compte pas laisser de côté sa vie d'aventurier.

« On est ici qu'une fois sur la Terre et je compte bien en profiter. J'ai une liste de choses à faire avant de mourir », avoue-t-il.

Éric Valois, qui a tour à tour été traducteur, employé dans une compagnie de cosmétiques, pilote d'avion et navigateur, compte se reposer à Montréal pour le moment. Il n'avait pas mis les pieds dans la métropole depuis sept ans.

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