Un marathon de ski pour la Fondation Martin-Matte toujours en essor

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MARTIN MATTE MARATHON DE SKI
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Fondée en 2007, la Fondation Martin-Matte ne cesse de grandir. Depuis huit ans, l’organisme, qui vient en aide aux personnes aux prises avec un traumatisme crânien ou une déficience physique, et à leur famille, a mis sur pied quatre maisons adaptées pour les victimes, à Laval, Sherbrooke, Blainville et Saint-Prosper, en Beauce, et offre moments de répits et loisirs à leurs proches.

Ce samedi 9 janvier, la Fondation Martin-Matte inaugurera une toute nouvelle tradition, celle du marathon de ski Les beaux 4h Saint-Sauveur. En équipe de quatre, les skieurs et planchistes de 12 ans et plus devront cumuler un maximum de descentes, pendant quatre heures, pour amasser des dons. Au départ, pour s’inscrire, il fallait recueillir, au minimum, la somme de 300$.

L’objectif, pour la Fondation Martin-Matte, est de récolter 200 000$. Un encan silencieux, un spectacle de Galaxie, des feux d’artifice et un party pour les plus vieux sont également à l’horaire de la journée. Des DJ assureront l’animation aux pieds des pentes pendant le tournoi. Dieu merci, la neige s’est amenée juste à temps.

Plus de répit

Autre nouveauté, Martin Matte annonçait récemment un partenariat avec la Fondation St-Hubert, qui soutiendra des programmes de répit pour les aidants naturels qui accompagnent au quotidien les traumatisés crâniens. Ces plages de pauses sont dispensées via des regroupements situés dans une dizaine de régions du Québec (Laurentides, Laval, Montréal, Estrie, Mauricie, Montérégie, Capitale-Nationale, Saguenay-Lac-St-Jean et Côte-Nord) et se présentent sous différentes formes : camps de jour pour adolescents, équithérapie (thérapie avec des chevaux), ateliers de cuisine, espace parents-enfants, ateliers de théâtre, gardiennage à domicile, rendez-vous sportifs (vélo, ski de fond, raquette, curling), etc.

Chaque jour, 500 individus bénéficient d’une façon ou d’une autre de ces possibilités de repos, qui peuvent durer un week-end ou une semaine.

Les statistiques affirment qu’au Québec, dix personnes par jour subissent un traumatisme crânien, ce qui porte ce nombre, à la fin de l’année, à 3600 êtres touchés. Ceux-ci ne retrouveront jamais leur autonomie complète. Rappelons que Martin Matte a été sensibilisé à la cause suite à un grave accident de voiture qui a laissé son frère, alors âgé de 17 ans, traumatisé crânien ; pendant plus de 20 ans, le garçon a été à la recherche d’une demeure qui conviendrait aux exigences de son état.

Petit survol des hauts faits de la Fondation Martin-Matte.

- L’argent sur lequel s’appuie la Fondation Martin-Matte pour opérer ses activités provient de diverses sources. «Ça vient de partout, indique Martin Matte. Récemment, on a reçu un don de 10 000$ d’un individu. Cette personne nous a envoyé un chèque et un mot, en disant qu’elle étudie les fondations qui la touchent et que nous étions son coup de cœur. Les entreprises et les institutions financières contribuent. Quand j’ai fait ma tournée, les spectateurs pouvaient mettre de la monnaie dans les boîtes, ce qui a rapporté près de 200 000$. Les frais récurrents sont payés par le réseau de la santé. Si, par exemple, ça coûte 500 000$ par année de faire rouler une maison, pour le gouvernement, ça coûte beaucoup moins cher que d’avoir plusieurs individus dans des institutions.»

- Pour la Fondation, il s’avère essentiel de diversifier les campagnes de financement, afin que le grand public s’y intéresse. «On travaille toujours à trouver des idées pour amasser des sous, détaille Martin Matte. On a fait un tournoi de tennis pendant cinq ans, et ç’a bien été. Mais, avec Les beaux 4h, on sent vraiment qu’il y a un nouveau souffle. La journée où on l’a annoncé, on avait déjà recueilli plus de sous avec cet événement que notre meilleure année au tennis, après cinq ans. Il y a quelque chose, dans le ski, qui est plus familial et accessible. On a aussi un souper-bénéfice à chaque année, pour les gens d’affaires, à 1000$ le billet, qui nous permet, chaque fois, de récolter plus de 300 000$. À un moment donné, il faut quand même limiter nos activités. Parce qu’à côté de ça, moi, je suis humoriste, je travaille à temps plein, j’écris une émission de télé, je la tourne… (rires) On se concentre donc sur deux gros événements, et plusieurs petits, comme les policiers de Laval qui vendent des calendriers, et qui amassent 50 000$ par année.»

- Le choix de l’emplacement des Maisons Martin-Matte s’effectue selon les demandes. «On a un comité de sélection, qui est formé de spécialistes du réseau de la santé, de travailleurs sociaux, d’ergothérapeutes, de ma mère, qui étudient les projets qui correspondent à nos missions et nos besoins. Si les municipalités ont besoin d’un montant d’argent, on finance, et on les aide à concrétiser le projet. On essaie de faire les maisons les plus résidentielles possible, parce que les occupants sont là pour la vie. Évidemment, elles sont adaptées. À Laval, dans la première qu’on a ouverte, il y a une cour, un barbecue, un petit salon. À Blainville, elle est divisée en petits appartements, parce que certains traumatisés crâniens sont plus autonomes que d’autres. À Laval, il y a 11 résidents, à Blainville, 24, à Sherbrooke, une dizaine. À Québec, il y en aura une trentaine. Mais on ne peut pas avoir 200 traumatisés crâniens à la fois, ce serait trop lourd.»

- Martin Matte aimerait un jour être en mesure de déléguer davantage au sein de ce regroupement qui porte son nom, mais il a un peu de mal à lâcher prise. «Je m’impliquerais moins, si je pouvais. Mais, à un moment donné, on est dans un tourbillon, entourés de gens merveilleux qui nous aident généreusement. Au départ, je m’étais dit qu’après cinq ans, j’allais me retirer un peu ; là, ça fait huit ans. J’espère qu’éventuellement, je pourrai lever un peu le pied et que ça roule tout seul.»

- Selon Martin Matte, les Québécois sont de plus en plus conscientisés au problème des traumatismes crâniens. «C’est quand même obscur, un traumatisme crânien, parce qu’il n’y en a pas deux pareils. Ils n’ont pas tous des séquelles similaires, mais au nombre de messages qu’on reçoit sur Facebook, de parents, de familles, qui nous remercient de ce qu’on fait, on voit que c’est nécessaire. Quand il s’agit de l’autisme ou de la paraplégie, il y a un diagnostic clair, mais un traumatisé crânien qui est agressif, incapable de se concentrer, qui n’a pas de mémoire, c’est plus dur à expliquer, même s’il y a dix nouveaux cas par jour, au Québec. Notre mission est donc ultra importante, et je suis fier de le crier haut et fort, pour aider ces gens, qui ne peuvent pas se retrouver à 21 ans, dans des CHSLD, avec des mourants, jusqu’à la fin de leurs jours. Ça n’a aucun sens. Il faut ouvrir des maisons pour ces gens-là, et leur offrir du répit.»

- La majorité des traumatismes crâniens sont dus à des accidents de la route. «Plus de la moitié, précise Martin Matte. Ensuite, il y a les blessures dans les sports et les chutes de toutes sortes. Une personne qui nettoie sa gouttière avec ses sandales, qui glisse et qui tombe en bas, ou un enfant qui se fait frapper par un autobus…»

- Plusieurs artistes se sont investis dans la Fondation Martin-Matte, au fil du temps. «France Beaudoin est une amie de la fondation, elle est toujours là. Et il y en a plein d’autres. Jean-René Dufort était au tennis à chaque année. Marc Messier, Claude Meunier, Pierre Brassard, Patrice Robitaille, Jean-Thomas Jobin. Ça nous donne une grande visibilité, c’est un support important, et je l’apprécie énormément», conclut Martin Matte.

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