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Barack Obama souligne «l'urgence» d'agir sur les armes à feu (VIDÉO)

05/01/2016 12:42 EST | Actualisé 06/01/2016 01:57 EST

Le président américain Barack Obama, par moment en larmes, a souligné mardi la nécessité de «ressentir l'urgence» d'agir sur la question du contrôle des armes à feu aux États-Unis, où les fusillades sont devenues quotidiennes.

«Nous devons ressentir l'urgence absolue maintenant, car les gens meurent. Et les excuses constantes pour l'inaction ne marchent plus. Ne suffisent plus», a martelé le président Obama en citant Martin Luther King, lors d'un discours prononcé à la Maison-Blanche.

Évoquant les enfants abattus par un déséquilibré à l'école de Sandy Hook en décembre 2012, le président n'a pu retenir ses larmes. «Chaque fois que je pense à ces enfants, ça me met en colère», a lancé M. Obama.

Le président américain, qui a annoncé lors de cette conférence une série de mesures visant à réformer le contrôle des armes, a également estimé que le lobby des armes ne peut pas prendre l'Amérique «en otage».

«Nous n'avons pas à accepter ça», a-t-il ajouté, en estimant que le Congrès, à majorité républicaine et qui s'oppose fermement à toute modification de la législation en la matière, est lui tenu par ce lobby.

L'initiative du président, à la portée pourtant limitée, suscite en Amérique une véritable tempête politique.

Assurant avoir le droit et l'écrasante majorité de la population de son côté, M. Obama a décidé de court-circuiter le Congrès en déclinant des décrets pour changer la donne sur cette question qu'il place au coeur de son dernier mandat.

Les grandes dates du débat sur les armes aux USA

Les principales mesures annoncées par Obama

  • Resserrer les critères d'obtention d'un permis de ventes d'armes afin d'y inclure aussi ceux qui vendent des fusils en ligne. En clair, quiconque vendra des armes en ligne devra au préalable obtenir un permis des autorités, et ce, même s'il ne vend ou revend au total qu'une seule arme. Une personne vendant des armes sans permis, même en ligne, risquera une peine de 5 ans de prison et une amende de 250 000.
  • Améliorer la vérification des antécédents criminels des acheteurs de fusils. L'an dernier, le Système national de vérification rapide des antécédents (NCIS), qui dépend du FBI, a reçu 22,2 millions de demandes de vérifications, soit plus de 60 000 par jour. Or, la loi américaine accorde trois jours seulement aux autorités fédérales pour statuer sur une vente d'armes. Si une demande n'est pas traitée dans ce délai, le vendeur peut procéder à la transaction même si la vérification n'a pas été complétée. Le président Obama a demandé au FBI d'engager 230 examinateurs supplémentaires afin d'augmenter les effectifs du NCIS de 50 % et aussi de permettre des vérifications 24 heures sur 24, sept jours par semaine.
  • Exiger une vérification des antécédents criminels pour les personnes achetant des fusils parmi les «plus dangereux», comme des armes automatiques, par le biais de trusts, de sociétés ou d'organisations locales. De 2000 à 2014, le nombre de demandes d'achats de ce type d'armes via ces sociétés, et non directement par des individus, a bondi de 900 à 90 000, soutient le président américain. Or, les personnes achetant ces armes par l'intermédiaire de ses sociétés échappaient jusqu'à présent aux vérifications des antécédents.
  • Le président Obama propose un «nouveau dialogue» avec les États du pays pour s'assurer que les autorités locales transmettent à la base de données nationale leurs informations criminelles sur des personnes présentant des troubles mentaux diagnostiqués ou reconnues coupables de violences familiales.
  • L'administration Obama demande aux procureurs généraux de se concentrer sur les cas les plus critiques comme les trafiquants d'armes. À ce titre, le prochain budget américain va prévoir l'embauche de 200 agents et enquêteurs supplémentaires au Bureau des armes à feu, des explosifs, de l'alcool et du tabac (ATF) afin de renforcer l'application des lois en vigueur sur le contrôle des armes à feu, a déjà annoncé M. Obama.
  • Rendre obligatoire la communication des vols d'armes à feu par les vendeurs. Les lois actuelles encadrant la responsabilité de transmettre ces informations demeurent «ambiguës», juge le président américain. L'ATF a ainsi «clarifié» cette semaine cette règle en rendant les vendeurs responsables de transmettre ces informations dès qu'ils découvrent le vol ou la perte d'une arme à feu.
  • Augmenter de 500 millions de dollars l'aide aux personnes souffrant de troubles mentaux graves.
  • Soutenir le développement de technologies pour accroître la sécurité des armes à feu. Une arme à feu intelligente - ou «smart gun» - peut par exemple s'activer uniquement lorsque manipulée par l'usager autorisé, ce qui empêche un enfant de tirer avec l'arme de ses parents.

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