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Gangs de rue dans Saint-Michel: «D'autres jeunes vont tomber»

05/01/2016 11:20 EST | Actualisé 05/01/2016 11:20 EST
Diverse Images via Getty Images
A youth brandishing a knife in the street, UK 2007

« Ce qui nous fait mal, c'est qu'on sent qu'il y a encore des jeunes qui vont tomber », dit Harry Delva, médiateur urbain à l'organisme Tandem, dans Saint-Michel. Après une certaine accalmie des conflits entre les gangs de rue des rouges et des bleus ces dernières années, on observe un regain de violence dans ce quartier. Juste avant Noël, deux jeunes sont morts et quatre autres ont été victimes de tentatives de meurtre.

Un texte de Marie-Ève Maheu

Harry Delva travaille depuis 25 ans dans le quartier, où sont ancrés les gangs des bleus. Il a vu certains jeunes mourir, d'autres être emprisonnés, mais il en a aussi aidé plusieurs à s'en sortir.

M. Delva constate qu'une nouvelle génération est en train de s'imposer et que ces jeunes sont encore plus violents, selon lui, que leurs prédécesseurs. « Ces jeunes ont eu un exemple, et maintenant, ils veulent montrer qu'ils peuvent mieux faire les choses, qu'ils peuvent être plus violents, plus entreprenants », dit M. Delva.

« Ils me disent : "Écoute Harry, on est en guerre." Ils sont en guerre parce qu'ils veulent prendre le contrôle, qu'ils veulent être, comme ils disent, "les boss"! »

— Harry Delva, médiateur urbain

L'arrestation en novembre de têtes dirigeantes du crime organisé a, selon certains, entraîné un « rebrassage de cartes » tant au sommet qu'au bas de l'échelle, d'où cette vague de violence.

Pour Harry Delva, le problème est aussi que les ressources se font de plus en plus rares pour faire de la prévention chez les jeunes. Il est le seul médiateur urbain dans le quartier depuis quelques mois. D'autres vont venir l'appuyer cette année, mais il ne sait pas pour combien de temps.

L'âge de jouer avec des couteaux

Harry Delva connaissait une des victimes des affrontements de décembre. La plupart d'entre elles étaient dans le début de la vingtaine.

Le médiateur urbain côtoie surtout les membres des gangs de rue lorsqu'ils sont un peu plus jeunes, « lorsqu'ils jouent avec des couteaux » et pas encore avec des fusils. Dès l'âge de 15 ans et même avant, ils défendent leur territoire contre les gangs adverses des rouges des quartiers voisins pour le principe.

C'est dans la vingtaine, raconte-t-il, que l'aspect financier entre en ligne de compte, avec la vente de drogue et la prostitution.

Les intervenants du quartier tentent de distraire ces jeunes, de leur offrir des activités, comme des matchs de soccer, pour les détourner du milieu criminel.

Cependant, Harry Delva sait qu'il ne pourra pas tous les sauver. « Certains d'entre eux ont tout cet entourage et ils aiment ce qu'ils font. Ce sont des guerriers et ils veulent mourir au combat. Alors, on va en perdre encore quelques-uns », dit-il.

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