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Le Pharmachien: 2015, l'année de la consécration

02/01/2016 06:28 EST | Actualisé 02/01/2016 06:29 EST
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L’anonymat, c’est bel et bien terminé pour Olivier Bernard, alias le Pharmachien. L’homme de 34 ans qui, parallèlement à ses activités dans les médias, exerce toujours la profession de pharmacien, surtout en Estrie et dans les Laurentides, a vu la popularité de son site web humoristiquement coloré et impertinemment sérieux exploser en trois ans.

Tant et si bien que son premier livre , paru à l’automne 2014, a connu un succès fulgurant d’environ 25 000 exemplaires écoulés. Mais notre professionnel au sarrau blanc garde les deux pieds sur terre et ne perd jamais sa «mission» de vue, celle de «simplifier la science et anéantir la pseudoscience» et de «différencier le vrai du n’importe quoi en santé».

«Moi, je me considère zéro comme une vedette, fait valoir Olivier Bernard. Je le dis dans mon livre et sur mon site web : moi, je suis quelqu’un de très introverti, dans la vie, de très solitaire. J’adore donner des conférences, mais j’aime ensuite me retirer et faire mes petites affaires. Je ne trouve pas que je mène une vie de vedette. J’ai de belles occasions de rencontrer les gens et, après, la vie reprend son cours.»

Son accomplissement dans la dernière année : Un deuxième livre (de contenu original) du Pharmachien, Guide de survie pour petits et grands bobos, où on apprend notamment à échapper à «un tyrannosaure intestinal» (la constipation), à survivre à «l’ingestion de déchets nucléaires» (les brûlements d’estomac), à combattre un «androïde cybernétique venu du futur» (les plaies et coupures), à affronter des «hallucinations pseudotoxiques et régurgitantes» (le mal des transports), à composer avec le «syndrome de lycanthropie nocturne» (l’insomnie), à guérir d’une «épidémie rhinovirale apocalyptique» (le rhume), à gérer une «possession cutanée meurtrière» (l’eczéma), et à se contenir lors d’un «lendemain de stase cryogénique» (un lendemain de veille), pour ne nommer que ces chapitres. Bref, un bouquin, suite logique du premier, où Olivier décortique en phrases simples et en images loufoques ces petits maux qui nous empoisonnent l’existence au quotidien et nous donne des trucs pour y remédier, loin des cocktails miracles et des charlataneries.

Il nous a aussi rappelé de son habituel ton sympathique l’importance de la crème solaire, à travers une «controverse» survenue à une période de l’année où l’actualité se fait généralement tranquille. Au printemps, on apprenait qu’il forme un couple avec la jolie auteure India Desjardins.

À propos du Guide de survie pour petits et grands bobos : «J’ai écrit le premier livre en me disant que ça ne marcherait peut-être pas, ou qu’on allait en vendre 2000 et que ça finirait là, dépeint Olivier. Finalement, ç’a vraiment bien fonctionné. Je pensais prendre une pause d’un an, mais il y a eu la possibilité d’en faire un deuxième, et j’avais assez d’idées.»

«Je trouvais que, dans le premier livre, il manquait de sujets larges, vastes. Celui-là est vraiment pratico-pratique. Je trouve qu’il est complémentaire du premier, qui traitait plus des traitements bizarres et ésotériques. Je voulais choisir des sujets universels, mais j’aurais pu parler de plein d’autres choses. Je voulais que ça soit un guide pour que les gens puissent se prendre en main par eux-mêmes, avec des choses qu’ils peuvent faire concrètement, sans nécessairement consulter un médecin, et que ça s’adresse à tous. Les feux sauvages, les moustiques, la diarrhée du voyageur, la constipation, les brûlements d’estomac, le rhume, ça touche tout le monde. Ça peut avoir l’air banal, mais il y a autant de fausses croyances qui circulent sur ces sujets que sur n’importe quoi d’autre. Le but demeure de casser les fausses idées.»

À propos de son public : «La réponse est super bonne. Quand on écrit sur un site web, on n’a pas beaucoup de contacts avec les gens. Dans les Salons du livre, n’importe qui peut venir me voir, des parents avec leurs enfants de huit ans comme des arrières-grands-mamans de 88 ans. C’est surprenant. Moi, ce qui me fait triper dans le métier de pharmacien, c’est le contact avec le monde. Facebook est une façon d’échanger, mais rencontrer les gens face à face, ce n’est pas la même chose.»

À propos de son approche en ce qui a trait à la santé : «Moi, je suis un partisan de la modération. Alimentairement, je suis comme la nouvelle génération de nutritionnistes, qui dit qu’on ne devrait s’empêcher de rien manger. C’est une question d’équilibre ; il s’agit d’être modéré à tous les niveaux et de ne pas se priver. Et je pense que c’est vrai dans plein d’affaires. Il y a un moment pour faire du sport, des moments pour être paresseux, des moments pour être discipliné, des moments pour ne pas l’être. Ce n’est pas tout le monde qui embarque dans les régimes et les habitudes de vie super stricts ou sévères.»

À propos de la Loi 41, qui permet aux pharmaciens de prescrire certains médicaments et de poser un certain nombre d’actes auparavant réservés aux médecins : «Moi, je tripe à mort sur la Loi 41! Quand cette loi était sur le point d’entrer en vigueur, j’avais fait des chroniques dans les médias pour parler des services qui s’en venaient. Finalement, l’application de la loi a été remise, mais cette année, j’ai pu le vivre moi-même, et j’adore ça. Je n’ai jamais eu autant de fun à être pharmacien que depuis que je fais ça! La seule affaire qui est un peu contraignante, c’est le temps qu’on a. Les nouveaux services, c’est de faire des consultations plus poussées, s’asseoir avec les clients et poser un paquet de questions, comme le ferait un médecin. Nous, on est formés pour ça. Maintenant, on peut exploiter une partie de nos compétences qu’on ne pouvait pas utiliser à leur plein potentiel. C’est ainsi que je le vois.»

À propos de la différence entre les autres pharmaciens et lui : «Il n’y en a pas vraiment. La différence, c’est que moi, ma carrière a été différente. Quand je suis sorti de l’université, j’ai fait toutes sortes d’affaires. J’ai travaillé dans un laboratoire de recherche, dans une compagnie en formation continue des médecins, et là, je fais de la vulgarisation dans les médias. La plupart des professionnels de la santé n’ont pas nécessairement abordé tous ces différents aspects de la pratique. En ce sens, peut-être que je me distingue un peu, mais sinon, j’ai de l’admiration pour les autres professionnels, je les trouve extraordinaires. Je regarde les pharmaciens et je suis impressionné. Ils savent tellement d’affaires! Moi, j’ai l’impression que je ne sais rien, à côté d’eux. Mais je pense qu’on a seulement des champs d’intérêt qui sont différents.»

À propos de la possibilité d’avoir un jour sa propre pharmacie : «Jamais, lance spontanément Olivier. Il ne faut jamais dire jamais… mais je n’hésite pas à le dire! Ce n’est pas pour moi. Avoir une pharmacie, c’est d’abord et avant tout une job de gestion, et moi, ce côté ne m’intéresse pas. Gérer du personnel, des commandes, du stock, des problèmes, des choses comme ça, ça ne me plait pas et ne m’attire pas. J’ai énormément de respect pour les propriétaires, ils travaillent tellement fort. Ils sont toujours en train de travailler, en fait! Moi, je ne le ferais pas.»

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