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L'exécution de Nimr Baqer al-Nimr sème l'indignation dans le monde chiite

02/01/2016 09:17 EST | Actualisé 02/01/2016 09:18 EST

L'exécution par l'Arabie saoudite du chef religieux chiite Nimr Baqer al-Nimr a suscité samedi l'indignation dans le monde chiite, notamment en Irak, les puissances sunnites soutenant pour leur part les mesures de Ryad.

Le cheikh Nimr al-Nimr, 56 ans, virulent critique de la dynastie sunnite des Al-Saoud, a été exécuté samedi en Arabie saoudite avec 46 autres personnes condamnées pour "terrorisme".

En Irak, Khalaf Abdelsamad, chef du bloc parlementaire du parti chiite Dawa - le parti du Premier ministre Haider al-Abadi - a exhorté le gouvernement à "fermer l'ambassade saoudienne en Irak, expulser l'ambassadeur et exécuter tous les terroristes saoudiens emprisonnés en Irak", en rétorsion, selon un communiqué de son cabinet.

L'ambassade saoudienne à Bagdad a rouvert le 15 décembre dernier, 25 ans après la suspension des relations entre les deux pays à la suite de l'invasion du Koweït.

Quelque 61 ressortissants saoudiens étaient détenus dans les prisons irakiennes il y a six mois, a indiqué un porte-parole du ministère de la Justice sans fournir de chiffres plus récents.

"L'exécution du cheikh Nimr Baqer al-Nimr aura de graves conséquences et mènera à la fin du règne de la dynastie des Al-Saoud", a prévenu le bureau de M. Abdelsamad.

"Les dirigeants saoudiens soutiennent le terrorisme dans le monde entier en envoyant des takfiris (extrémistes), des armes et des voitures piégées dans les pays musulmans. Ils ont exécuté aujourd'hui le plus honnête homme d'Arabie Saoudite", a déclaré Abou Mahdi al-Mohandis, un dirigeant de la coalition paramilitaire chiite Hached al-Chaabi dans un communiqué.

Les adeptes du "takfir", idéologie adoptée par Al-Qaïda, le groupe Etat islamique et d'autres organisations extrémistes sunnites, qualifient d'infidèles les musulmans qui ne partagent pas leurs croyances.

Mohandis entretient des liens étroits avec Téhéran, qui a averti l'Arabie Saoudite qu'elle paierait un "prix fort" pour cette exécution.

Le Hezbollah chiite libanais a pour sa part condamné "un crime haineux (perpétré) sur la base de fausses allégations, de lois corrompues et d'une logique pervertie qui n'a rien à voir avec la justice", selon un communiqué du mouvement. 

Le groupe, fidèle allié de Téhéran, a également accusé les Etats-Unis de porter "une responsabilité directe et morale dans ce crime (...) en assurant la protection du régime saoudien et en couvrant ses principaux crimes contre son peuple et les peuples de la région".

De leur côté, les puissances sunnites, dont plusieurs monarchies du Golfe, ont fait part de leur soutien à Ryad. 

Le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Cheikh Abdullah ben Zayed al-Nahyane, a exprimé le "soutien total" de son pays aux mesures de l'Arabie saoudite "pour faire face au terrorisme et à l'extrémisme".

Bahreïn, qui subit lui-même une rébellion de la majorité chiite de sa population, a quant à lui affirmé soutenir l'Arabie saoudite sur "toutes les mesures nécessaires pour lutter contre la violence et l'extrémisme". 

Quelques dizaines de jeunes chiites bahreinis ont toutefois protesté contre l'exécution du chef religieux saoudien chiite dans des rassemblements sporadiques dans la banlieue de Manama. 

L'Arabie saoudite a exécuté plus de 150 personnes en 2015.

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